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Les entreprises économie sociale à l’heure du numérique

Mélanie Normand, directrice de projet au CEFRIO

Mélanie Normand, CEFRIO

On le sait, le numérique est un véritable levier de croissance pour les entreprises. D’innombrables études ont déjà démontré son impact significatif sur la productivité, le développement et l’attraction des entreprises. La capacité numérique d’une entreprise joue favorablement sur l’innovation, sa compétitivité et sa prospérité.

Au Québec, les citoyens ont généralement réalisé la transformation numérique dans leur espace personnel. Or, ce n’est pas encore le cas pour de nombreuses entreprises, qui hésitent à effectuer ce virage de façon intensive.

Une opportunité à saisir 

Les entreprises de l’économie sociale évoluent dans un contexte où le rythme des changements s’accélère. Les défis sont majeurs et se multiplient : l’arrivée de compétiteurs privés, des attentes grandissantes des membres et de la clientèle quant à la qualité de services, un recrutement et une rétention des ressources humaines de plus en plus difficiles, une croissance qui exige la révision des processus internes ou des façons de faire pour assurer leur gouvernance démocratique, ou encore, des marges de profits qui s’amenuisent. Des défis qui, pour être relevés, exigent souvent une transformation organisationnelle à laquelle le numérique peut contribuer.

Les avantages du passage au numérique sont nombreux et variables selon les contextes, mais comprennent notamment :

  • amélioration de la productivité et de la compétitivité;
  • attraction et rétention de la main-d’œuvre;
  • capacité d’innovation accrue;
  • développement de nouveaux marchés;
  • pérennité;
  • et incidemment, réinvestissement dans sa mission sociale.

Le succès de la mise en œuvre d’un projet numérique doit s’appuyer sur des conditions gagnantes et sur l’application des meilleures pratiques d’affaires. Les entreprises de l’économie sociale qui ont amorcé leur virage numérique en témoignent, elles ne reviendraient pas en arrière et elles apprécient les bénéfices que l’usage du numérique leur procure, mais elles ont parfois passé par des chemins cahoteux. Pour faciliter la transition, le programme PME 2.0* offre de belles opportunités tout au long de l’année 2017.

Appel à projets pour entreprises de l’économie sociale : accompagnement à la mise en œuvre d’un projet numérique

Une vingtaine d’entreprises de l’économie sociale seront sélectionnées pour bénéficier d’un accompagnement dans les premières étapes de la mise en œuvre d’un projet numérique. La démarche proposera un parcours d’accompagnement de 3 à 5 jours, selon les types de projets retenus et les besoins de l’entreprise. Elle se réalisera à travers une série d’activités individuelles et collectives (interentreprises).

Processus de mise en candidature | Pour se porter candidates, les entreprises admissibles doivent consulter le guide de mise en candidature pour prendre connaissance des critères d’admissibilité, du processus de sélection et des types de projets numériques admissibles. Le guide et le formulaire d’inscription sont disponibles en ligne : 

http://www.pmenumerique.ca/economie-sociale.

Les candidatures seront acceptées jusqu’au 20 janvier 2017.

 Ateliers de familiarisation 

Fort des leçons tirées de PME 2.0, une programmation d’ateliers de sensibilisation et de familiarisation au potentiel du numérique est offerte aux entreprises de l’économie sociale. Les ateliers proposent une formule interactive qui permet aux participants d’échanger avec d’autres entreprises sur le numérique et de réfléchir à leur propre transformation.

À Québec, le prochain atelier s’intitule « Réussir sa transition vers le commerce en ligne » et se tiendra le 2 mars 2017. Cet atelier permettra aux gestionnaires d’en apprendre davantage :

  1. Sur le potentiel du eCom et du numérique pour les entreprises de l’économie sociale;
  2. Les attentes des clients à l’ère du numérique;
  3. Les meilleures pratiques à adopter et les étapes à franchir pour réussir sa propre boutique en ligne.

Pour plus d’informations et pour vous inscrire

 À propos du programme PME 2.0

PME 2.0 est un programme mis sur pied par le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et réalisé par le CEFRIO, qui a pour mandat d’accompagner les PME québécoises dans leur passage au numérique. Son objectif est de faciliter et d’accélérer l’intégration des technologies numériques dans les entreprises des secteurs du commerce de détail, du manufacturier et de l’économie sociale. Visitez PMEnumerique.ca pour en savoir plus.

À propos du CEFRIO

Organisme de recherche et d’innovation, le CEFRIO accompagne les entreprises et les organisations dans la transformation de leurs processus et pratiques d’affaires par l’appropriation du numérique. Il recherche, expérimente, enquête et fait connaître les usages des technologies de l’information et des communications dans tous les volets de la société. Le principal partenaire financier du CEFRIO est le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation. Visitez www.cefrio.qc.ca pour en savoir plus.

Quelques faits saillants en matière d’utilisation d’Internet et du numérique au Québec

  • L’accès Internet à domicile atteint de nouveaux sommets en 2016, alors que la presque totalité des foyers, soit 90 %, sont désormais branchés.
  • 51 % des Québécois sont dotés d’une tablette numérique et près de 58 % disposent d’un téléphone intelligent.
  • Les achats en ligne totaux des Québécois en 2015 sont évalués à 8 milliards de dollars, en croissance de 22 % par rapport à 2014.
  • Les Québécois sont de plus en plus nombreux à consulter le Web avant de faire un achat en ligne ou hors ligne : 74 % d’entre eux s’informent sur Internet avant de réaliser un achat. Ils s’intéressent notamment aux opinions partagées par d’autres internautes.
  • La consultation des réseaux sociaux pour s’informer avant achat est également plus répandue : 17 % en 2014 comparativement à 30 % en 2015.
  • Actuellement, près d’un Québécois sur deux (45 %) considère avoir un niveau de compétences numériques élevé.

Source : NETendances 2016

Hors des sentiers battus

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Linda Maziade, blogueuse

Il faut quand même le souligner, le remarquer et s’en réjouir : en cet automne 2016, nous assisterons à la 8édition des Semaines de l’économie sociale dans notre région de la Capitale-Nationale. Pas que ça fait 8 ans que l’économie sociale existe ! Mais 8 ans qu’à chaque automne, le mouvement régional de l’économie sociale, mobilisé autour du Pôle des entreprises d’économie sociale, met en évidence les initiatives et les entreprises de l’économie sociale chez nous.

Ce n’est pas rien. Ce n’est pas rien parce que, d’année en année, on constate l’affirmation de l’entrepreneuriat collectif – coopératives, associations et mutuelles, qui se déploie dans à peu près tous les secteurs d’activité.

La preuve de cela ? Nous voilà en 2016 partenaires du développement municipal !

Au début, en 2009, nous organisions les semaines de l’ÉS pour sensibiliser, expliquer, présenter l’économie sociale, ses idéaux, ses entreprises et ses projets : se connaître, se faire connaître, se reconnaître à travers une multitude d’activités sur tout le territoire. D’année en année, nous avons parlé entre autres de la relève, des opportunités de carrière en économie sociale, de développement durable, de marketing, etc. On a souligné les retombées et les bons coups des entreprises collectives, on a aussi honoré des travailleuses et des travailleurs de cette économie de proximité dans nos villes et nos villages.

Remarquez qu’il y a encore tout cela dans l’édition 2016, c’est certain ! Mais aujourd’hui, y’a une différence qu’il faut noter : on sent et on voit la maturité des personnes, des projets et des entreprises de l’économie sociale, la confiance en elles et en leur développement. Comme un moteur qui ronronne, qui fait lentement mais sûrement son chemin hors des sentiers battus, sur des voies souvent inexplorées, balisées par la rigueur et le bien commun. Malgré l’austérité (oups, excusez le mot que l’on ne saurait prononcer !).

Comme un moteur qui ronronne, qui fait lentement mais sûrement son chemin hors des sentiers battus, sur des voies souvent inexplorées, balisées par la rigueur et le bien commun.

Pourtant, nous avons tous été témoins, au fil de ces années (et parfois encore maintenant ?) de la position de certains détracteurs : celles et ceux, au regard et au verbe assurés, à la bourse non déliée, fins connaisseurs des théories économiques néolibérales et grands défendeurs du libre marché, qui y ont vu une économie de pauvres ou une pauvre économie sans colonne vertébrale, vouée à la petitesse et surtout sans ambition. Bizarre… puisque l’économie sociale cumule au Québec 7000 entreprises, 150 000 emplois et 10 % du produit intérieur brut, soit 35 milliards $… Vraiment bizarre…

Oui, ils nous ont fait réfléchir sur nos croyances et nos valeurs et nous avons affirmé encore davantage nos croyances et nos valeurs. Par les forces tectoniques de l’économie du libre marché, nous avons mieux défini notre image, nous avons affiné notre expertise en exerçant notre rigueur et notre professionnalisme. En fait, au fil de la dernière décennie (ou presque), nous avons confirmé nos choix et amélioré nos pratiques afin de créer une communauté d’affaires diversifiée, différente, compétente et complémentaire, cela par un entrepreneuriat collectif qui sort des cadres connus. On appelle ça l’innovation.

Hommage aux présidentes et présidents d’honneur qui depuis 2009 ont conduit les semaines de l’économie sociale : les Garry Lavoie, Serge Kirouac, Sandra Turgeon, André Poitras, Carole Verreault et Yves Neveu sont de précurseurs et des bâtisseurs de l’économie sociale et solidaire. On les en remercie sincèrement.

Cette année, signe des temps, la présidence d’honneur est reprise par le maire de Québec, Monsieur Régis Labeaume. La ville de Québec s’inscrit elle aussi dans la mouvance du Forum mondial de l’économie sociale qui s’est tenu à Montréal en septembre dernier, sous le thème Gouvernements locaux et acteurs de l’économie sociale – Alliés du développement intelligent des villes.

On le constate partout dans le monde maintenant : l’économie sociale répond à des défis pour imaginer et réaliser des villes et des communautés responsables et durables, de concert avec les administrations municipales et avec les secteurs publics et privés.

L’économie sociale et les entreprises collectives proposent et offrent des solutions à la mesure des communautés locales. Elle ouvre des portes, elle suscite des débats, elle place la démocratie au cœur de son fonctionnement, elle résout des problèmes. Elle évolue, par les gens qui la portent. Elle a parcouru bien des chemins, bien des routes non pavées, elle avance et rencontre aussi ses propres défis. Alors ce n’est pas fini !! Loin de là, nous avons un avenir à construire ensemble, avec tant de gens de tant d’horizons.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Comment voyez-vous ce que nous avons vécu depuis 10 ans et les défis qui nous animent ? Écrivez-le !

Faire durer le développement durable

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Linda Maziade, blogueuse

Au sein des entreprises d’économie sociale, la pertinence des pratiques de développement durable (DD), et la responsabilité sociale des entreprises (RSE) qui les motivent, est un fait quasi évident. On n’y revient plus, point à la ligne. On conviendra tout de même qu’il est à la fois simple et compliqué d’introduire de telles pratiques en entreprises collectives. Est-ce dû à une mauvaise compréhension du concept, trop souvent limité à l’aspect environnemental ? Aux moyens limités des plus petites entreprises ? Cela semble importer moins que la décision ferme qui sera prise par les dirigeants et dirigeantes et à laquelle adhèreront l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise.

On sait bien que la RSE incluant, on le comprendra, le développement durable, n’appartient pas à l’économie sociale; tant mieux si les entreprises privées s’en inspirent et si le secteur public y adhère notamment par des politiques d’achat responsable. Alors on peut se demander comment, de nos jours où les entreprises privées développent ce même discours ou un discours très similaire, les bonnes pratiques en DD peuvent-elles constituer un avantage concurrentiel pour l’entreprise collective ? La notion de « durée » peut sans doute intervenir favorablement, une perspective que les entreprises d’économie sociale peuvent offrir assurément.

De plus en plus, la compétition entre les entreprises se joue sur le plan des valeurs, et non plus uniquement dans le rapport qualité/prix. Les consommateurs, individus et corporations, ont des exigences éthiques et font leur choix de consommation en conséquence ; les acheteurs institutionnels se préoccupent de plus en plus de politiques d’achat qui prennent en compte des critères liés au DD. L’économie sociale a une plus value à mettre en marché : la responsabilité sociale et les valeurs du DD sont le fait d’une volonté collective traduite en décision collective, ce qui contribue fortement à la crédibilité et à la pérennité de ses bonnes pratiques.

Bien sûr, on se saurait parler de « garantie », l’entreprise d’économie sociale n’est pas sans tiraillements et peut bien défaillir par moment. Les quelques contradictions de l’économie sociale ne devraient certes pas nous faire rougir… On constate aisément que la grande entreprise privée et ses actionnaires ne sont vraiment pas à l’abri de dérives impactant très négativement son environnement au sens large du terme. Pour un exemple parmi d’autres, voir le documentaire Or sale, enquête sur un scandale mondial.

Se comparer, c’est se consoler dit-on…

Le développement durable dépasse quand même largement l’aspect environnemental, en ce qu’il constitue la jonction de l’économique, du social et de l’environnemental. Une manière intégrée de voir le monde, la cohérence entre mission, vision, opérations.

On aura compris du panel organisé par le Pôle le 8 juin dernier que se tourner vers le développement durable est une question de volonté plutôt que de capacités : on adapte les moyens aux capacités organisationnelles. Vrai. Chaque pas sur la voie du développement durable est un pas important, si petit soit-il. Le choix organisationnel et collectif du développement durable impose un virage qui aura un impact sur l’ensemble des fonctions de l’entreprise : de la gestion des ressources humaines et des conditions de travail à la gestion financière, de la gouvernance à l’empreinte environnementale de nos activités, des communications avec la clientèle aux relations avec nos fournisseurs et avec nos membres, etc.

Bref, par un effort d’enracinement de la volonté collective, on introduit ces pratiques dans un cadre formel, qui nomme la vision et définit les objectifs à la mesure de l’organisation et dans la fenêtre du temps.

Pour les entreprises d’économie sociale, c’est décider collectivement et adopter une vision, pour ensuite intégrer et faire durer. Par-delà les mots, des gestes seront posés sur l’ensemble des opérations de l’entreprise.

Peut-on penser que l’un des enjeux de l’exercice de la responsabilité sociale et du développement durable en économie sociale, c’est de trouver les moyens qui feront que les processus mis en place auront un réel impact dans toutes les fonctions de l’entreprise ? Que ces processus puissent durer dans le temps en demeurant assez souples pour s’adapter à l’évolution de l’entreprise et aux réalités changeantes ? Y arriver, ce sera se distinguer. C’est une affaire d’organisation plus que de personnes : quitter le « je » et mettre de l’avant le « nous ».

Enfin, pour s’aider dans cette réflexion plus que stratégique, le Pôle des entreprises d’économie sociale a eu la bonne idée de créer la Table de développement durable, ouverte à ses membres. Quoi de mieux pour partager nos préoccupations et nos idées!

Dualité et réciprocité de l’économie et du social 

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Linda Maziade, blogueuse

Bien agréable et bien pertinente activité que celle organisée par le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale, le 6 mai, à Saint-Casimir. Petit bonheur que de se retrouver par un matin ensoleillé à la microbrasserie Les Grands Bois qui accueillait près de 20 entreprises d’économie sociale de la région.

Sébastien Perrault, DG du Parc naturel régional de Portneuf (une entreprise associative), et Catherine Benoît, DG de Spira (une coopérative), ont lancé la discussion sur le défi que représente l’équilibre entre les dimensions économique et social pour les gestionnaires d’entreprises collectives.

Voilà qui est un défi, bien certainement. Cependant n’est-ce pas justement par cette dualité économie et social que les entreprises se démarquent ? Cela devient même un avantage dont elles peuvent profiter, qui les renforcit et les distingue de manière très positive, surtout en cette ère de « l’entrepreneuriat responsable ». La dualité ou la mixité de l’économie et du social en fait des entreprises génétiquement créatrices de sens et de valeurs.

Par essence, la quête de cet équilibre s’impose en entrepreneuriat collectif, peu importe le secteur d’activité et le statut juridique, comme en témoignaient les gestionnaires d’entreprises qui assistaient à ce déjeuner d’affaires. Il me semble que la manière de la prendre en compte a beaucoup évolué dans la dernière décennie. La pensée des entrepreneurs collectifs, des gestionnaires et des conseils d’administration s’est précisée. Il n’y a plus, ou enfin beaucoup moins, de tiraillement entre économie et social. Moins de confrontation, plus de cohésion.

La dualité ou la mixité de l’économie et du social en fait des entreprises génétiquement créatrices de sens et de valeurs.

Le mouvement de l’économie sociale et les entreprises collectives qui le construisent ont atteint une certaine maturité. Plutôt qu’opposer l’économie et le social, on assiste de plus en plus à un arrimage en reconnaissant la nécessité des deux, en constatant que l’un appuie l’autre dans une dynamique de réciprocité. L’économie, par sa dimension entrepreneuriale, ne s’excuse plus d’exister, elle affirme sa réalité et ses impératifs aux côtés du « social », qui constitue l’ancrage, la raison d’être. L’une et l’autre se nourrissent mutuellement, cohabitent et, ensemble, assurent le développement et le futur de l’entreprise collective qui répond à des besoins, qui évoluent eux aussi, dans une communauté.

Parce que les mots sont l’un des meilleurs indicateurs de l’évolution de notre pensée, on peut croire qu’un changement significatif s’est produit dans les dernières années : le vocabulaire de l’économie sociale s’est élargi pour inclure les mots profit, rentabilité, vente, lucratif, produits, services, opportunités d’affaires, modèles d’affaires, etc., des mots qui sont maintenant utilisés sans offense à la mission sociale. Encore plus, j’entends des gens dire que c’est par la mission sociale que s’est bâtie la mission économique de l’entreprise. Dans d’autres cas, ce fut l’inverse. Mais le résultat, comme la finalité, reste le même : l’économie sert le social.

En conséquence, on a compris au fil des années que pour appuyer et pérenniser la mission sociale des entreprises d’économie sociale, pas le choix de développer « l’entreprise » et les revenus autonomes, pas le choix de fixer le juste prix aux produits et services rendus et vendus, pas le choix d’innover, pas de place pour la gêne, pas de place pour les complexes et le manque de confiance en soi et en son produit ou service. Bref, on se reconnaît comme des entrepreneurs collectifs, porteurs des intérêts d’une collectivité, du bien commun.

On conviendra que l’économie sociale a fait du chemin.

Bien sûr il y a le risque de dérive. Dérive de mission. Dérive des valeurs.

C’est là que la saine gouvernance et les bonnes pratiques entrent en jeu pour devenir en quelque sorte des pare-feu visant à contrer les détournements de sens et de pratiques. Pas simple la gouvernance, il faut s’en occuper, la nourrir sans cesse, la renouveler, la surveiller; mais combien utile et nécessaire pour sauvegarder le sens et la pertinence des entreprises collectives.

La mise en réseau, la formation, le mentorat sont parmi les facteurs d’atténuation des risques, comme la communication à l’interne et à l’externe. C’est maintenant un devoir que d’apprendre à communiquer pour mobiliser, rassembler et recruter les instances, les membres, les équipes de travail, les fournisseurs, les clients, les partenaires et j’en passe ! pour expliquer, consulter et positionner l’entreprise dans son environnement.

Pas simple la gouvernance, il faut s’en occuper, la nourrir sans cesse, la renouveler, la surveiller; mais combien utile et nécessaire pour sauvegarder le sens et la pertinence des entreprises collectives.

Équilibrer l’économie et le social, ça implique la capacité de créer le levier financier, de créer la richesse qui agira comme assurance de la mission sociale. Se donner les moyens d’assurer la pérennité. La pensée entrepreneuriale partagée, qui se déploie dans l’activité entrepreneuriale collective, s’avère là très utile.

Ceci dit, j’avoue être parfois étonnée par certaines contradictions de notre discours en affirmant par exemple que « l’on recherche des gens d’affaires pour siéger à nos conseils d’administration », comme si l’entreprise d’économie sociale n’était pas déjà en affaires… ou encore que « les efforts doivent être mis pour mesurer l’impact social des entreprises » alors que l’impact économique est tout autant important, particulièrement au regard de ceux qui nous gouvernent présentement au Québec. Nos mots révèlent toujours notre perspective des choses. Mais pas grave, on avance en économie sociale et c’est bien ce qui compte.