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Centre de santé de Sainte-Brigitte-de-Laval : rencontre avec Véronique Loubier

– Derrière chaque réussite entrepreneuriale se trouve de la créativité, des prises de décision, de l’audace. En économie sociale, il se trouve également un besoin d’agir collectivement. Par une série de portraits, le PôleCN vous présente des histoires d’entreprises d’économie sociale (EÉS) en mettant en lumière les parcours des entrepreneur·e·s qui les nourrissent par leurs expériences et leur vision de l’idée d’entreprendre ensemble.

Le Centre de santé de Sainte-Brigitte-de-Laval a fait couler beaucoup d’encre au cours des derniers mois ! Lancement d’un service novateur de télémédecine puis du projet de revue « Le bonheur est simple », la coopérative de solidarité ne cesse de se réinventer, au gré des besoins exprimés par sa communauté d’appartenance. Le PôleCN a eu la chance de rencontrer la directrice générale de l’organisation, Véronique Loubier, dans les installations du centre de santé collectif. Portrait d’une gestionnaire « de terrain » résolument dédiée à la mission de son organisation.

D’organisatrice communautaire à gestionnaire : un bagage et des expertises qui se complémentent

Issue d’une famille élargie nombreuse et impliquée dès son tout jeune âge dans divers projets, Véronique Loubier est nourrie par ces expériences collectives : « Ça m’allumait ! Je suis une fille qui a besoin de cette énergie issue de la collectivité, cette idée de travail d’équipe, de créer ensemble. C’est donc du plus longtemps que je me souvienne que ça fait partie de moi, de ma personnalité. Ça s’est développé avec les expériences de vie et professionnelles encore plus, mais il y avait quand même cette fibre-là, de se dire ça n’a pas d’allure cette situation, ça n’existe pas, bien faisons-le ! »

Véronique fait carrière en intervention sociale, puis en développement, et s’établit, en 2009, à Sainte-Brigitte-de-Laval avec sa famille. « En tant que jeune maman, j’ai moi-même vécu les conséquences du manque de services de santé sur le territoire, tout comme les gens qui m’entourent. » C’est également par son travail dans la région qu’elle constate des lacunes importantes en santé et services sociaux pour sa propre municipalité : « dès mon arrivée, je me disais qu’un jour, j’allais faire quelque chose pour Sainte-Brigitte. C’était clair, net et précis. »

Se doter de services en santé là où il n’y en a pas

Comme toute entreprise d’économie sociale, le Centre de santé de Sainte-Brigitte-de-Laval est né d’un besoin ressenti et identifié par la communauté, soit d’un manque en matière de soins et de promotion de la santé à proximité. La municipalité de Sainte-Brigitte-de-Laval a vu sa population doubler en moins d’une décennie, elle représente aujourd’hui la deuxième plus jeune ville du Québec.

Dès les premières consultations publiques concernant le projet de centre de santé, Véronique reconnaît cet esprit d’entraide et cette mobilisation citoyenne qui la fait autant vibrer. « C’est important quand on veut s’impliquer d’aller voir et d’oser ! On doit sentir que le noyau avec lequel on travaille peut aller loin. Je regardais le projet et je me suis dit : oui, ce sont des gens avec lesquels je me vois évoluer. Je pense qu’on a ce qu’il faut pour mener à terme cette grande aventure. » Véronique s’implique donc dès la création d’un comité officiel provisoire. Moins de deux ans après la première rencontre citoyenne, le Centre de santé de Sainte-Brigitte-de-Laval, constituée en coopérative de solidarité, ouvre ses portes en janvier 2017 avec Véronique à sa direction.

Centre de santé Sainte-Brigitte-de-Laval

La nouvelle gestionnaire avait tout de même complété un baccalauréat et un certificat en gestion des organismes de la santé, avant de se lancer dans ce grand défi qu’est la direction générale d’une coopérative de santé en émergence. Par contre, elle ne croit pas que ce sont ces notions académiques qui ont façonné le type de gestionnaire qu’elle est devenue : « c’est une question de personnalité, d’instinct et d’approche, bien plus que tous les outils du monde que tu peux utiliser. La gestion, c’est écouter, déléguer, analyser, agir et interagir de manière constructive et bienveillante. C’est aussi simple que ça ! Ça ne demande pas un million de connaissances, mais beaucoup de persévérance. Ça demande d’être capable d’analyser rapidement, de voir ou de devancer les problèmes avant qu’ils arrivent et de mobiliser ton monde pour faire sortir le meilleur de chaque personne. C’est très collé sur le travail social ou sur l’organisation communautaire quand tu regardes ça ! »

Je pense qu’un directeur qui a fait du terrain ou qui fait du terrain est un meilleur directeur. C’est quand on oublie et qu’on s’éloigne de la base qu’on prend des mauvaises décisions.

En mode collectif : force résiliente et créatrice

Gestion du stress et confiance durant les périodes sombres, un-e gestionnaire d’entreprise doit faire preuve de résilience pour affronter les différentes situations qui se présenteront à lui ou à elle. Si personne n’est à l’abri de l’épuisement ou du découragement, le partage des risques au sein d’un groupe peut faire la différence. Pour Véronique, ce passage de flambeau est possible avec son équipe et son conseil d’administration : « Chez nous, on a un c.a. très impliqué, étant à nos premières années de vie. Je ne pourrais pas faire mon travail sans eux, ce sont des éléments très importants. Chacun donne son maximum. Quand un est fatigué, tout le monde prend le relais. Dans le fond, c’est une énergie qui circule. On prend les coups durs et les bons coups ensemble. »

Si la gouvernance démocratique et collective est un élément distinctif des entreprises d’économie sociale, Véronique voit aussi en cette forme d’entrepreneuriat un caractère innovant et créatif : « On a les mêmes défis que les entreprises privées. On veut tous être rentables comme entreprise. Par contre, les coopératives et les OBNL sont vraiment un terreau fertile pour faire les choses différemment. On innove davantage et on prend plus de risques parce qu’il est partagé collectivement. On peut aller plus près des besoins lorsqu’on est en économie sociale. On a les outils, une structure flexible et la base assez solide pour le faire. »

Des soins humains, plein de sens

Ce caractère novateur prend tout son sens pour le Centre de santé qui évolue dans un secteur d’activité longtemps occupé uniquement par des institutions publiques et privées. La coopérative comble des besoins non répondus par les autres parts : « c’est ça la beauté, on a une plus grande marge de manœuvre action-réaction. On est collé sur la base, sur notre communauté. Je dis aux gens de ne pas hésiter à nous demander quoi que ce soit. On fait le tour de la question et si on trouve que c’est une bonne idée on va l’essayer c’est sûr. »

Pour Véronique Loubier, le Centre de santé Sainte-Brigitte-de-Laval permet de se reconnecter avec le véritable sens des soins de santé : une approche de proximité mettant le patient au cœur des actions. Avec les nombreux projets et défis qui attendent le centre, elle espère que perdurera l’énergie positive qui circule entre les membres de son équipe, le conseil d’administration et la clientèle. Tous nos vœux de prospérité au Centre de santé, à sa gestionnaire et à la population qu’il dessert !

 

 

*Crédit pour la photo de Véronique Loubier: Manon Dumas

Mythes et réalités à l’égard des entreprises d’économie sociale

À lire et à partager!

L’agence de courtage en économie sociale a officiellement été lancée le 3 décembre dernier. Le projet de commercialisation des entreprises d’économie sociale (EÉS) auprès des grands acheteurs institutionnels et des entreprises arrive juste à point, dans un contexte où les organisations (tout comme les individus) cherchent à faire des choix de consommation responsables et durables.

Si certains ne savent pas du tout ce que sont les EÉS (pour eux, on recommande de regarder cela et de lire ceci), d’autres ont parfois quelques idées préconçues à leur égard qui sont à défaire. On fait le point ici.

Mythe: « Les entreprises d’économie sociale sont des organisations de petite taille. Elles ne pourraient pas suffire à ma demande en approvisionnement. »

Voilà une perception fausse!

  • L’entreprise d’économie sociale n’est pas, par définition, petite! Après tout, Desjardins, la TOHU et Mountain Equipment Coop sont des entreprises d’économie sociale!
  • Ce qui définit une entreprise d’économie sociale, c’est principalement sa forme de propriété collective (OBNL, coopérative ou mutuelle), ou encore la redistribution de ses profits dans sa mission sociale.
  • Les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches comptent des entreprises d’économie sociale (EÉS) de toutes tailles (d’un à plusieurs milliers d’employés) oeuvrant dans tous les secteurs d’activité. On y chiffre 1200 EÉS offrant 18 000 emplois et ayant au total 3,3 milliards de dollars en chiffre d’affaires.
Ce sont des entreprises d’économie sociale, le saviez-vous?!
La microbrasserie les Grands Bois : en plus de vendre de savoureuses bières, la microbrasserie est une coopérative de travailleurs, apportant ainsi du travail à plusieurs résidents de St-Casimir dans la région de Portneuf.
Le Monastère des Augustines: havre patrimonial de culture et de bien-être, l’organisme à but non lucratif regroupe un service de restauration, d’hôtellerie, de location de salles, en plus d’une riche programmation d’activité.
Nettoie-prêt: la coopérative oeuvrant dans le domaine de l’entretien ménager et de l’hygiène en milieu de travail a favorisé l’intégration de nombreux immigrants de la région de Québec.
Cire-Constance : l’entreprise d’insertion est reconnue comme le plus important fabricant de bougies au Québec. En plus de cette offre aux grandes entreprises, l’organisation a développé des services d’ébénisterie et de buanderie commerciale.
Acheter économie sociale, c’est encourager des entreprises qui font de leurs actions et de leur profit des outils de développement de nos collectivités! <3

Mythe: « Les entreprises d’économie sociale répondent à des besoins sociaux, mais ne sont pas concurrentielles »

Au contraire!

  • Bien lire ici -> une entreprise d’économie sociale, c’est une entreprise. Elle vend des biens ou des services et vise la rentabilité économique. Le profit généré par ses activités sert à réaliser sa mission sociale, le coeur de son existence.
  • Il ne s’agit pas de faire acte de philanthropie que de faire affaire avec les EÉS. Celles-ci fournissent des biens et services à qualité égale ou supérieure aux entreprises privées, mais avec une plus-value sociale. C’est un peu comme avoir le beurre et l’argent du beurre!
  • Empreintes d’humanité, elles sont également sensibles aux besoins de leur clientèle. Leurs services peuvent possiblement mieux s’adapter à vos contraintes et demandes.
  • L’entreprise d’économie sociale est née d’un besoin exprimé par sa communauté d’appartenance. Comme elle est constituée et supportée par un groupe de personnes, sa durée d’existence est d’ordre général plus longue qu’une entreprise privée. Ainsi, faire affaire avec une entreprise d’économie sociale, c’est une relation sur le long terme! Qui dit mieux?!

Réalité: « Les entreprises d’économie sociale : une réponse à la pénurie de main-d’oeuvre »

Ah oui?!

  • Dans le contexte actuel où les ressources humaines sont limitées, toutes les entreprises doivent user de créativité et d’adaptation pour parvenir à remplir leurs mandats.
  • Parmi les entreprises d’économie sociale, on compte les entreprises d’insertion et les entreprises adaptées.

« Les entreprises d’insertion permettent à des personnes d’acquérir une expérience de travail tout en recevant un encadrement soutenu et une formation adaptée pendant une période d’environ six mois. À la suite de cette expérience, elles sont préparées à occuper un autre emploi ou à retourner aux études. […] Pour leur part, les entreprises adaptées ajustent leurs équipements et leurs méthodes de travail de façon à pouvoir embaucher des personnes ayant une limitation physique, intellectuelle ou en santé mentale. » (Source: Guide de référence sur l’économie sociale, Chantier de l’économie sociale)

  • De nombreuses entreprises privées font affaire avec les entreprises d’insertion et les entreprises adaptées pour de la sous-traitance ou plus largement pour remplir des mandats qu’ils n’ont plus, ainsi, à assumer à l’interne.
  • Et si cette éventualité de relation d’affaires pouvait s’élargir à l’ensemble de l’offre de biens et services des entreprises d’économie sociale? Une alternative à envisager en situation de rareté de main-d’oeuvre!
Entreprises d’insertion dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches:
Atelier Cire-Constance 
Pignon bleu
Le Piolet
Recyclage Vanier
Travail Jeunesse
Vélo vert
Entreprises adaptées dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches:
ARTB
Atelier du Martin-Pêcheur
Atelier Signes d’Espoir
BFCO
Cétal
Formaca
Groupe AFFI logistique
Groupe Aptas
Groupe TAQ
Hichaud
Horisol 
Récupération Frontenac
Société Via

Vous en savez plus sur les entreprises d’économie sociale suite à la lecture de cet article? Pourquoi ne pas le partager dans vos réseaux?!

Pour plus d’information sur l’agence de courtage en économie sociale

Une deuxième cohorte du parcours “Transition écologique” débutera en février 2019!

Plus que jamais, les entreprises sont appelées à réviser leurs politiques et actions afin qu’elles soient plus responsables. Les entreprises d’économie sociale (EÉS) ont généralement une longueur d’avance sur les entreprises privées en ce qui a trait à la mise en application des principes du développement durable. Néanmoins, des efforts supplémentaires sont parfois requis pour structurer, améliorer, ou mettre en lumière ce qu’ils font déjà.

Transition écologique est un parcours de formation permettant aux EÉS de revoir leurs pratiques en matière de développement durable à l’aide de visites d’entreprises, d’ateliers de groupe et d’un accompagnement personnalisé.

Le PôleCN est heureux de s’associer à Québec’ERE et à la Coopérative funéraire des Deux Rives pour lancer la 2e cohorte du parcours Transition écologique à l’hiver 2019!

Entre février et juin 2019, le parcours comprendra :

  • 2 heures d’accompagnement individuel avec Québec’ERE
  • 3 visites guidées d’entreprises ayant réalisé une planification environnementale exemplaire
  • 3 ateliers de groupe portant sur les sujets suivants :
    • le développement durable, la politique et le plan d’action;
    • la gestion des matières résiduelles et l’organisation d’événements écoresponsables;
    • les communications internes et externes.

Coût du parcours :

Membre régulier du PôleCN : 150 $
Non-membre régulier du PôleCN : 200 $

Première rencontre de la cohorte:

Date : 11 février 2019
Heure : 13 h 30 à 16 h 30
Lieu de la visite et de l’atelier : Coopérative funéraire des Deux Rives (1420 Boulevard Wilfrid-Hamel, Québec, G1N 3Y6)
Thème de l’atelier : le développement durable, la politique et le plan d’action

 

Inscription par courriel
Faites vite, les places sont limitées!

 

De septembre 2017 à février 2018, une première cohorte de 9 entreprises a suivi le parcours. Apprenez-en plus sur Transition écologique en lisant ces trois billets de blogue :

Une première cohorte d’entreprises en formation
Les rencontres de la cohorte : des lieux inspirants et des discussions porteuses
Le témoignage de deux entreprises participantes

 

Le PôleCN tient à remercier la Coopérative funéraire des Deux Rives, ambassadrice de la 2e cohorte du parcours Transition écologique.

Communiqué de presse – L’agence de courtage en économie sociale: une opportunité d’affaires partagée!

Québec, le 3 décembre 2018 – Un nouveau projet de commercialisation a été lancé ce 3 décembre pour les entreprises d’économie sociale (EÉS) des régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches. L’agence de courtage en économie sociale vise à faire le lien entre l’offre en biens et services des EÉS et les besoins des grands acheteurs institutionnels et des entreprises. Cette phase 1 de l’agence de courtage en économie sociale est possible grâce au soutien financier du Mouvement Desjardins, par le biais du Fonds de 100 M$, un fonds visant à soutenir les projets socio-économiques ayant des retombées durables pour les communautés.

Alors que la responsabilité sociale des entreprises prend de plus en plus d’importance dans les processus de prise de décision des organisations, l’achat auprès de fournisseurs issus de l’économie sociale est une option avantageuse et stratégique que l’agence de courtage permettra de mettre en lumière.

Qu’est-ce que l’économie sociale?
L’économie sociale comprend toutes les activités économiques menées par des organismes à but non lucratif, des coopératives et des mutuelles en conformité avec certains principes. Les EÉS vendent ou échangent des biens et services tout en contribuant à l’amélioration du bien-être de ses membres ou de la collectivité et à la création d’emplois durables et de qualité. Elles sont présentes dans tous les secteurs d’activité.

L’approvisionnement responsable: concrétiser ses valeurs en matière de développement durable
Ainsi, acheter auprès d’une EÉS, c’est soutenir un modèle économique démocratique qui priorise la réponse aux besoins de la collectivité plutôt que l’accumulation de profit. C’est de faire de son approvisionnement un outil de développement durable. Qui plus est, l’offre de services des EÉS n’a rien à envier aux entreprises privées. Elles sont par contre souvent méconnues d’une part importante du marché des grands acheteurs institutionnels et des entreprises, faute de représentants commerciaux ou d’expertise en vente au sein de leurs équipes. L’agence de courtage permettra de mutualiser une ressource professionnelle en vente représentant les EÉS auprès de nouveaux marchés.

L’agence de courtage est en marche, grâce au soutien financier du Mouvement Desjardins
La première phase du projet d’agence de courtage a pour but de chiffrer le potentiel du marché des acheteurs institutionnels et des entreprises pour les EÉS et de rencontrer celles-ci afin de connaître en détail leur offre de service, valider leur intérêt et leur capacité à développer ce marché. Au cours de cette première étape de l’agence, des acheteurs potentiels seront également rencontrés pour leur offrir un service d’analyse de leurs achats et l’opportunité de signer une déclaration d’engagement. Un accompagnement leur sera proposé pour adapter leur politique d’achat en ajoutant des clauses concernant les EÉS.

Les grands acheteurs institutionnels et les entreprises intéressés à en savoir plus sur l’agence de courtage en économie sociale sont invités à visiter la page Web de l’agence, à contacter le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale ou la Table régionale d’économie sociale Chaudière-Appalaches.

Il est également possible de visionner la conférence de presse de lancement de l’agence de courtage en économie sociale en visitant la page Facebook du PôleCN.

À propos du Fonds de 100 M$ du Mouvement Desjardins
Le Mouvement Desjardins, plus grand groupe coopératif financier au Canada, a annoncé en novembre 2016 la création d’un Fonds de 100 M$, étalé sur trois ans, pour l’ensemble du Québec et l’Ontario. Son objectif est de soutenir et de faire rayonner, entre autres, des initiatives et des projets en lien avec la mission socioéconomique du Mouvement Desjardins, soit l’entrepreneuriat, l’éducation, la responsabilité sociale, le développement durable et la prise en charge des milieux par les personnes.

À propos du Mouvement Desjardins
Le Mouvement Desjardins est le premier groupe financier coopératif au Canada et le cinquième au monde, avec un actif de 295,3 milliards de dollars. Pour répondre aux besoins diversifiés de ses membres et de ses clients, particuliers comme entreprises, sa gamme complète de produits et de services est offerte par son vaste réseau de points de service, ses plateformes virtuelles et ses filiales présentes à l’échelle canadienne. Figurant parmi les institutions bancaires les plus solides au monde selon le magazine The Banker, Desjardins affiche des ratios de capital et des cotes de crédit parmi les meilleurs de l’industrie.

À propos du PôleCN et de la TRÉSCA
Présents sur tout le territoire québécois, les pôles régionaux d’économie sociale sont des regroupements d’entreprises et d’acteurs de soutien voués à maximiser la contribution de l’économie sociale au développement des territoires. Ils assurent la réalisation d’actions de soutien au développement entrepreneurial à partir des besoins des entreprises et selon les mandats respectifs de leurs partenaires. Pour plus d’information : polecn.org et tresca.ca

 

Sur la photo, de gauche à droite:

  • M. Félix Bussières, directeur général du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale ;
  • M. Marc Villeneuve, vice-président Services membres et clients pour la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches – Desjardins ;
  • Mme Noémie Gravel-Denis, conseillère principale à la commercialisation pour l’agence de courtage en économie sociale ;
  • Mme Céline Bernier, directrice générale de la Table régionale d’économie sociale Chaudière-Appalaches ;
  • M. Mario Forgues, directeur corporatif approvisionnements & partenariats externes chez Teknion ;
  • M. Garry Lavoie de la Coopérative funéraire des Deux Rives.

 

 

Notre politique en matière de parité et de diversité : le pourquoi et le comment

Pour être en cohérence avec ses valeurs et réaliser ses objectifs, il faut bien souvent se donner les outils pour y parvenir. Le Pôle des entreprises d’économie sociale de la Capitale-Nationale (PôleCN) est fier de présenter sa politique en matière de parité et de diversité, le fruit d’un travail de réflexion et d’analyse mené par les membres du conseil d’administration et son équipe permanente. Il est maintenant venu le temps de partager cette expérience aux entreprises d’économie sociale désireuse de se pourvoir d’un tel outil.

Les membres du PôleCN à l’origine du projet
« Pour une question de représentativité, les membres du PôleCN ont demandé en assemblée générale annuelle qu’une coprésidence soit élue plutôt qu’une présidence et qu’elle soit composée des deux principales formes juridiques d’entreprises d’économie sociale (EÉS), la coopérative et l’organisme à but non lucratif. Dans un deuxième temps, la question de la parité a été abordée et débattue en assemblée. Suite à ces échanges avec les membres, le conseil d’administration s’est engagé à développer une politique en matière de parité et de diversité », affirme Félix Bussières, directeur général du PôleCN.

En effet, si la parité et la diversité organisationnelle étaient dorénavant établies dans la nomination des deux coprésidences, la volonté était d’étendre cette considération à l’ensemble de sa gouvernance.

De nombreuses organisations ont déjà emboîté le pas ou souhaitent le faire pour tendre vers des instances paritaires. L’originalité de la politique du PôleCN se trouve dans sa définition du concept de diversité. « Bien que généralement, la définition du terme repose sur les caractéristiques individuelles des personnes, nous avons eu une volonté claire de notre conseil d’administration d’étendre la diversité au niveau de leurs compétences professionnelles et des EÉS qu’elles représentent. »

L’élaboration de la politique
Pour entamer et mener à terme ce projet, le PôleCN s’est entouré de la YWCA (avec son programme sur les organisations paritaires) et d’un comité sur la parité et la diversité composé de deux membres du conseil d’administration et de la direction générale. « La première étape a été de faire un bilan de la composition actuelle du conseil d’administration : caractéristiques personnelles des individus, caractéristiques des EÉS qu’ils représentent et compilation de leurs compétences. » Le travail s’est fait à partir d’une grille d’analyse nommée matrice de compétences, où chaque membre du conseil d’administration a rempli sa section.

« À partir de là, on peut sortir des statistiques, identifier ce sur quoi il faut vraiment bouger. Le comité a pu se donner des cibles à atteindre sur les différents aspects », explique Félix Bussières. La matrice des compétences et l’identification de cibles diffèrent d’une entreprise à l’autre. « Pour nous, l’aspect territorial est très important. On veut aussi aller chercher des compétences spécifiques dans certains domaines. Tout cela est variable. »

Certes, cette grille est évolutive et appelée à être revue lors de tout changement dans la composition du conseil d’administration. L’objectif est de s’améliorer et de procéder par étape, car toutes les cibles ne peuvent être atteintes à court terme. La politique permet d’engager l’organisation dans ce processus, de se donner les moyens et les stratégies afin d’atteindre ces cibles.

Partager l’expérience aux EÉS de la région
Pour Aina Rakotoarinivo, directeur général du Fonds d’emprunt de Québec et coprésident du PôleCN, l’organisation se devait d’être un modèle pour les autres étant donné son rôle de regroupement. « Maintenant l’idée c’est d’en parler autour de nous. Les membres doivent d’abord connaître l’existence de cette politique. Ils doivent voir aussi que c’est faisable et que ce n’est pas si compliqué que ça. »

« On veut mettre notre expérience à profit et fournir nos outils », ajoute Félix Bussières. « La politique est disponible. Si les EÉS communiquent avec nous, on peut leur montrer un exemple de matrice de compétences et leur expliquer comment la réaliser. C’est par là qu’il faut commencer. »

Et pourquoi les EÉS devraient-elles se doter d’une telle politique?
« Cela amène une certaine représentativité des idées », affirme Aina Rakotoarinivo. « Plus il y a une diversité d’idées, plus on peut aller loin ou aller dans des directions qu’on n’aurait jamais pensé auparavant. Une autre dynamique s’installe dans les discussions et cela enrichit non seulement le conseil d’administration, mais aussi les décisions qui y sont prises. »

La réponse de Félix Bussières à cette question est également pleine de conviction : « On veut diversifier nos réseaux et nos connaissances, confronter nos idées. Il y a des stratégies qui existent pour recruter des administrateurs·trices à l’extérieur de nos réseaux habituels. En ayant différentes perspectives autour de la table, on arrive à trouver des solutions innovantes à nos questionnements. »

Doter notre organisation d’une intelligence collective. Voilà le résultat qui est visé par l’élaboration d’une politique en matière de parité et de diversité. En économie sociale, nul besoin de dire qu’on aime bien ça!

Contactez-nous pour plus d’information

Notre politique de développement durable : le pourquoi et le comment

Le PôleCN a présenté sa politique de développement durable (DD) lors de sa dernière assemblée générale annuelle tenue le 5 juin dernier. Au-delà d’être une affirmation claire de son engagement à améliorer ses pratiques environnementales, économiques et sociales, l’organisation veut faire rayonner ses actions auprès de ses membres pour qu’ils emboîtent le pas.

Pourquoi?
« Cette préoccupation pour le DD des entreprises d’économie sociale (EÉS) vient de nos projets sur la commercialisation et le développement des affaires », affirme Félix Bussières, directeur général du PôleCN. « En approchant les acheteurs institutionnels pour qu’ils fassent affaire avec les EÉS, on s’est rendu compte que les politiques d’achat responsable représentaient les voies qui leur permettraient d’entrer comme fournisseurs. Dans ces politiques, l’accent est beaucoup mis sur l’environnement, l’une des trois dimensions du DD. Pour bien se positionner auprès des grands acheteurs, il faut que les EÉS arrivent à démontrer leur savoir-faire au niveau des trois dimensions du DD. Il faut aussi être en mesure de le communiquer. »

Pour le PôleCN lui-même, l’idée de se doter d’une politique DD est venue par le biais de son projet Transition écologique, un programme de formation et d’accompagnement en DD destinée aux EÉS. À la fois organisateur et participant de la première cohorte, le PôleCN s’est mis en action pour structurer ses pratiques durables, notamment au niveau de l’organisation d’événement.

Comment?
Comme toutes les autres entreprises ayant fait partie du programme Transition écologique, le PôleCN a été accompagné par Québec’ERE pour l’élaboration de sa politique DD. Un tel accompagnement par un organisme spécialisé permet de poser un regard neuf sur ses pratiques actuelles et sur celles vers lesquelles tendre. L’exercice est simplifié et d’autant plus enrichissant.

C’est justement par un relevé des actions durables qui sont déjà réalisées par le PôleCN que le travail a débuté. Puis, en établissant ses engagements organisationnels, la politique DD se concrétise plus simplement qu’on ne pourrait le penser. On en vient vite à constater toute l’importance du plan d’action, actualisé sur une base régulière, dans lequel seront identifiées les pratiques de l’organisation à améliorer. Le tout se dresse en cohérence avec les engagements et dans un rythme adaptée à la réalité de l’organisation.

Ainsi, la politique devient la base sur laquelle reposent toutes les actions mises en place par l’entreprise. Garry Lavoie, vice-président du PôleCN, a participé à l’élaboration et au déploiement de la politique DD de son organisation, la Coopérative funéraire des Deux Rives : « très souvent, les gens commencent à l’envers, en faisant des petits gestes ici et là. Il faut s’organiser et avoir une cohérence dans ce qu’on fait. À partir du moment où il y a une politique, il est davantage possible de mobiliser les gens, car ils savent où on s’en va. »

Prendre part à la transition écologique
Alors que le PôleCN entame sa première année avec sa politique et son plan d’action en DD, un de ses principaux engagements est de faire connaître la démarche et sa simplicité. En offrant aux EÉS de s’inspirer de sa propre politique et de se référer à eux pour avoir plus d’information, le PôleCN espère créer un mouvement parmi ses membres.

« On fait l’hypothèse que les EÉS ont une sensibilité par rapport à l’environnement et qu’elles prendront part au mouvement d’abord pour la cause, alors que des entreprises privées pourraient le faire uniquement s’ils y voient un avantage économique», admet Félix Bussières. Cet avantage économique est néanmoins bien réel et se manifeste généralement par une réduction des coûts ou par un positionnement avantageux au niveau marketing. Deux entreprises participantes de la première cohorte du programme Transition écologique ont rapidement reconnu ces avantages. (Pour en savoir plus, lire cet article.)

Selon Garry Lavoie : « La principale réticence que les entreprises ont, c’est la charge de travail supplémentaire. Le défi est de démystifier et de démontrer tous les avantages. Ensuite, dans la stratégie du tout début, au moment d’établir les plans, il faut qu’ils soient petits. Que 2-3 petits objectifs à atteindre pour implanter la culture de l’entreprise durant la première année. »

Le PôleCN se met en marche. Soyez à l’affût : nous vous tiendrons au courant de nos premiers petits pas et nous espérons également être témoins des vôtres!

Vous êtes une entreprise d’économie sociale et vous êtes intéressées à améliorer vos pratiques durables? Une deuxième cohorte du programme de formation Transition écologique sera lancée en 2018-19. Contactez-nous pour plus d’information!

Sur la photo, au début de cet article
Le 5 juin dernier, Barbara Genest, directrice générale de Québec’ERE, a remis une attestation au PôleCN pour son engagement en développement durable. Et ce n’est qu’un début. 🙂

Portrait d’entreprise et d’entrepreneur·e·s en économie sociale

Nettoieprêt: rencontre avec Julian Quintero, Jaime Alejandro Vargas et Maricela Vargas

– Derrière chaque réussite entrepreneuriale se trouve de la créativité, des prises de décision, de l’audace. En économie sociale, il se trouve également un besoin d’agir collectivement. Par une série d’articles, le PôleCN vous présentera des histoires d’entreprises d’économie sociale (EÉS) en mettant en lumière les parcours des entrepreneur·e·s qui les nourrissent par leurs expériences et leur vision de l’idée d’entreprendre ensemble.

Ce premier article de la série présente la coopérative de travailleur·e·s Nettoieprêt, dont le bureau est situé dans le quartier Maizerets à Québec. Lorsqu’économie sociale rime avec intégration.

Sur la photo, de gauche à droite: Jaime Alejandro Vargas, Maricela Vargas et Julian Quintero, trois des cinq membres fondateurs de Nettoieprêt.

Entreprendre par nécessité

L’histoire de l’entreprise Nettoieprêt est étroitement liée au parcours d’immigration de ses 5 membres fondateurs. S’installant au Québec en 2010 à titre de travailleurs qualifiés, cinq colombiens vivent des difficultés à percer le marché du travail et se réunissent pour trouver une solution. Trois parmi eux se sont connus en Colombie durant les cours de français préparatoires à leur arrivée ici. Julian Quintero est ingénieur civil, Maricela Vargas est psychologue et Jaime Alejandro Vargas, son époux, est ingénieur informatique. Suite à leur processus de francisation, lors de leurs premières tentatives d’entrer dans le marché de l’emploi, on leur demande des expériences de travail au Québec, d’être membre dans leur ordre professionnel, ou même de reprendre les cours. Étudier et faire reconnaitre ses qualifications, travailler en même temps pour subvenir à ses besoins tout en s’intégrant à sa communauté d’accueil constitue tout un mandat.

Julian, Jaime Alejandro et Pedro Ramirez, un autre des membres fondateurs de la coopérative, se trouvent un emploi dans une entreprise d’entretien ménager. Apprenant les rudiments de ce métier, leur équipe acquiert une notoriété quant à la qualité de leur travail. Riches de cette expérience, les néo-Québécois en viennent à l’idée de créer leur propre entreprise d’entretien ménager.

Pendant un an, les 5 immigrant·e·s (les 4 précédemment nommés ainsi que Fabio Chito) se rencontrent pour rêver à leur projet d’entreprise. Un an sans rémunération, à se questionner et à créer ensemble. Parmi les questions qu’ils se posent, celle de connaitre ce qu’ils recherchent réellement dans la création de l’entreprise, soit les objectifs individuels poursuivis, fournit l’éclairage dont ils ont besoin pour déterminer la forme juridique qu’elle prendra. Des organismes les soutiennent dans leur projet, des formations en entrepreneuriat les outillent pour la suite : la coopérative de travailleurs en entretien ménager Nettoieprêt est créée en 2012.

Le choix de l’économie sociale

«L’idée de créer une coopérative n’est pas venue d’une seule personne, c’est une vision commune», affirme Julian. Aux dires des deux autres, c’est tout de même lui qui a convaincu le groupe d’aller vers cette formule d’entreprise. Maricela précise : « Julian avait vraiment l’idée de s’engager en économie sociale, parce qu’il voyait la place qu’avait le modèle au Québec, combien c’était très bien vu et à quel point c’était une façon de pouvoir intégrer d’autres personnes. Amener non seulement un travail, mais créer une équipe où chaque personne se sent propriétaire.»

Parce que oui, au-delà de fournir un travail bien rémunéré à ses membres, la coopérative Nettoieprêt leur donne un réseau, une voie d’intégration. Jaime Alejandro explique : ««On a créé une porte, une opportunité qu’on n’a pas trouvé de notre côté. C’est une des missions dès le départ : offrir aux gens qui arrivent à Québec et qui n’ont pas d’opportunité de travail d’en avoir un, légalement et bien payé, qu’ils se sentent en sécurité et qu’en plus, ils trouvent un réseau autour du travail pour les aider, que ce soit au niveau de la famille, de trouver des logements ou autres.»

Bien que l’entreprise soit ouverte à tous lorsqu’elle est en recherche de nouveaux employé·e·s, il va de soi qu’elle s’est construite une réputation d’accueil auprès des immigrant·e·s. Les conditions de travail (surtout à temps partiel, de soir et de fin de semaine) conviennent peut-être mieux aux immigrant·e·s en voie d’intégration avec des cours ou d’autres engagements de jour.

Entreprendre ensemble pour s’intégrer: le cas de trois des membres fondateurs

Julian

Julian provient d’une famille reconnue comme de grands entrepreneurs en Colombie : « Chez nous, l’entrepreneuriat est toujours la conversation à la table. On ne parle pas des nouvelles, des téléromans. Dès qu’on est petit, c’est normal chez moi d’avoir des projets à démarrer, autant en affaires que socialement.» S’installant au Québec, Julian savait qu’il allait entreprendre ici aussi, puisque c’est dans sa nature. Il y a par contre découvert l’économie sociale et fait le choix d’opter pour cette formule avec ses acolytes. «Dans l’économie sociale, si on a des défauts, les autres ont nos compléments. Le mélange de plusieurs fait la réussite.» Julian travaille aujourd’hui à temps plein chez Nettoieprêt comme directeur général et responsable des projets et ventes.

Maricela

Avec des parents qui ont gagné leur vie en tant que commerçants, l’entrepreneuriat a toujours fait partie des intérêts et des valeurs de Maricela. Au moment de faire ses études et de choisir sa carrière, elle s’est plutôt intéressée à la psychologie. Au Québec, la création de la coopérative a permis à Maricela d’avoir un travail durant son retour aux études et d’acquérir des compétences nécessaires à sa profession. «Lorsque j’ai commencé à la coop au niveau des ressources humaines et à être mise en contact avec d’autres entreprises, juste le fait de me présenter dans une salle avec plein de personnes m’a amené tout un défi. Juste de parler et de me sentir en confiance, ça m’a tellement aidé. Dans ma profession, la communication est très importante. J’avais peur de parler parce que j’avais l’impression que les gens ne me comprenaient pas. » Pratiquant de nouveau en psychologie depuis peu de temps, elle maintient son membership dans la coopérative, comblant ainsi son désir d’entreprendre. «Les gens me demandent quand est-ce que je fais tout ça? Je pourrais me dire que j’ai déjà fait ma part, mais pour moi, Nettoieprêt, c’est tellement important. On aime beaucoup la coop. On connaît les gens, on veut réussir ensemble.»

Jaime Alejandro

Jaime Alejandro, également fondateur de la coopérative, n’est plus membre, mais continue de s’y impliquer bénévolement à titre de conseiller. Une façon pour lui de poursuivre la mission de l’entreprise, celle qui lui a permis de faire son chemin professionnel individuel. « Au départ, en tant qu’immigrant, j’avais des connaissances que je ne pouvais pas montrer ici parce que ce n’était pas ma langue, parce que c’était pas mon pays et parce que je ne connaissais pas de ressources. Mais je pouvais tout donner à mon entreprise. Après ça, mon entreprise m’a donné de la force, la reconnaissance, une possibilité de percer dans le marché, d’avoir de l’expérience et de savoir comment ça fonctionne à Québec. »

L’entreprise d’économie sociale, une voie d’intégration

Pour ces nouveaux arrivants, l’entrepreneuriat a donc été la voie d’accès au marché du travail québécois. Qui plus est, l’économie sociale a facilité leur intégration à leur communauté d’accueil. Julian affirme : « Je trouve que c’est une excellente formule pour réussir un projet d’intégration. Pendant un projet d’immigration viennent des étapes où on est plus isolé dans son coin. Le fait d’avoir une coop te pousse à aller vers les gens. Nos membres peuvent appeler ici pour demander des conseils, chose qu’ils ne feraient pas dans une entreprise privée. » Jaime Alejandro renchérit : « Il faut voir le côté humain. Lorsqu’on arrive en tant qu’immigrant, on a des compétences, dans notre cas des études et des années d’expériences professionnelles. Mais lorsqu’on arrive, on se sent un peu démuni. Lorsqu’on parle d’économie sociale, de coopérative, on parle aussi de ressources. On parle des gens, d’un groupe de personnes. Lorsqu’on arrive dans un milieu en économie sociale, on va se retrouver en famille. »

Encore aujourd’hui, la mission de la coopérative de travail est vivement portée par ses membres qui se montrent solidaires entre eux et lors de l’intégration des nouveaux. Tel que l’affirme Julian : « On a plein d’idées et de projets dont on n’a pas encore eu le temps et le budget. C’est ça l’avenir, développer ces projets en cohérence avec la formule coopérative.»

Chapeau bien bas aux fondateurs et aux membres de Nettoieprêt!

Le programme Fournisseurs officiels du PôleCN

En tant que regroupement d’affaires des entreprises d’économie sociale de la Capitale-Nationale, le PôleCN vise constamment à parfaire son offre de services à ses membres. C’est dans cette optique qu’il a créé en 2016 un programme de rabais marchands pour ses membres réguliers, soient les entreprises d’économie sociale (EÉS) de la région. Visibilité pour les fournisseurs officiels, rabais marchands pour les membres réguliers, source de revenu pour le PôleCN; dès sa conception, le programme se veut gagnant pour toutes les parties prenantes.

« Le programme est né d’un besoin des gens avec qui on travaillait », explique Félix Bussières, directeur général du PôleCN. « À cette époque, c’était déjà dans les objectifs du Pôle de créer plus de liens d’affaires entre nos entreprises.»

Le recrutement de fournisseurs a été la pierre angulaire du projet. Félix Bussières raconte : « La réponse a été étonnamment très bonne dès le début. Il y a même des entreprises qui nous ont appelés pour faire partie des fournisseurs officiels. Dans la première année on avait déjà une douzaine de fournisseurs officiels. À ce jour, nous en avons 15. »

Si la plupart des fournisseurs sont eux-mêmes des EÉS, des entreprises privées ont également adhéré au programme. C’est le cas de Conjoncture Affaires publiques, une entreprise de services-conseils en communication. Luc Samama raconte : « mon entreprise travaille essentiellement avec des organismes à but non lucratif et des EÉS, alors quand la proposition m’a été faite, c’était tout naturel, car c’était ma clientèle cible. Comme fournisseur officiel, j’offre un rabais de 10% aux membres du PôleCN à l’égard d’un premier mandat. »

Pour l’EÉS GIT Services-conseils en emploi, les raisons d’adhérer au programme étaient similaires. Leurs services en employabilité sont d’ailleurs fort à propos pour les EÉS de la région. Propos de Karine Roussy, directrice générale: « on trouvait le projet intéressant, d’abord oui pour se faire connaitre, mais surtout pour soutenir les EÉS dans notre créneau. On sait que les EÉS vivent des difficultés au niveau du recrutement de personnel. Il était intéressant de leur démontrer notre appui par le biais du programme de fournisseurs du Pôle en leur offrant un rabais supplémentaire pour les services. »

Les deux années passées depuis la création du programme de Fournisseurs officiels démontrent sa pérennité. Les deux fournisseurs officiels rencontrés le confirment : les membres réguliers du PôleCN utilisent les rabais marchands et des liens d’affaires sont créés. Karine Roussy raconte : «Nous offrons un rabais à l’égard d’un premier mandat. Plusieurs entreprises nous ont ainsi connus et ont continué de faire affaires avec nous par la suite. » À l’inverse, certaines EÉS sont devenues membres du PôleCN pour bénéficier d’un rabais marchand. Il est vrai que le coût d’adhésion à titre de membre du PôleCN peut rapidement être rentabilisé en profitant de quelques offres des fournisseurs officiels.

Pour Félix Bussières, si le programme est là pour rester, il n’est pas souhaité de le faire croître à outrance : « on veut qu’il y ait quand même une exclusivité offerte aux fournisseurs officiels. Ces entreprises deviennent en quelque sorte les ressources du milieu qu’on connait bien, qu’on met de l’avant et qu’on recommande à nos membres. »

GIT Services-conseils en emploi est à la fois Fournisseur officiel et membre régulier du PôleCN. Sa directrice générale, Karine Roussy: « On se permet de dire aux EÉS qu’on connait leur réalité, leur contexte qu’on est sur la même longueur d’onde. C’est aussi beaucoup les valeurs et la philosophie qui sont similaires. Donc au niveau du lien d’affaires, on se rejoint beaucoup.» Démonstration faite : tout le monde trouve son compte avec le programme des Fournisseurs officiels du PôleCN.

Découvrez nos fournisseurs et leur rabais marchands.

Transition écologique (partie 3 de 3) – les témoignages de deux entreprises participantes

Le projet Transition écologique est un parcours de formation en développement durable offert aux entreprises d’économie sociale (EÉS) qui jumelle des visites et formations de groupe à un accompagnement personnalisé, le tout animé par Barbara Genest, directrice générale de Québec’ERE.

Appuyé par Magnitude 10, le programme a été complété par une première cohorte d’entreprises en février dernier. Chaque entreprise participante, avec sa propre réalité et ses contraintes, a déterminé quel objectif elle se donnait dans le cadre de la formation professionnalisante. Cet article présente l’expérience, mais surtout, le résultat de la formation chez deux d’entre elles.

Cet article fait suite aux textes :
Transition écologique (partie 1 de 3) – une première cohorte d’entreprises en formation
Transition écologique (partie 2 de 3) – les rencontres de la cohorte : des lieux inspirants et des discussions porteuses

Corsaire
Pour de nombreuses entreprises d’économie sociale (EÉS), les principes du développement durable (DD) ne sont pas bien éloignés de leur origine ou de leur mission. C’est le cas chez Corsaire, une EÉS spécialisée en communication graphique. Mélina Patry, directrice de création et designer graphique, nous explique ce qui a incité l’entreprise à prendre part au projet de formation : «Corsaire a été mis sur pied par des organismes en environnement pour leurs besoins graphiques. On a encore aujourd’hui cette fibre-là et on voulait le promouvoir. Cela nous distingue, en plus d’être une EÉS en graphisme, ce qui est peu commun. On voulait donc s’assoir et réfléchir à tout ça. »

Dans le cadre du projet Transition écologique, Corsaire s’est doté d’une politique de développement durable et d’un plan d’action annuel : « c’est une belle alternative, ça montre nos actions, nos petites actions au quotidien. On ne va pas changer le monde, mais à notre échelle c’est quand même intéressant! » Pour Mélina Patry, que l’équipe soit rassemblée autour du projet de transition écologique est un facteur important : « L’enjeu est peut-être là : que les employés aillent tous dans le même sens et veulent changer les choses. Nous, ça a été assez facile: on est une petite équipe et on embrasse tous la cause. »

Pour Corsaire, se doter d’une telle politique de DD représentait également un atout non-négligeable dans leur développement d’affaires. « Quand on fait des appels d’offres ou la promotion de notre entreprise, c’est une plus-value d’avoir ces documents-là. Ça fait plus sérieux : on sait où on s’en va, on a des buts, un objectif clair, un plan d’action. On essaie de le mettre de l’avant comme on peut. »

Le Vélo Vert
Le Vélo Vert est une EÉS vouée à l’intégration en emploi. Luis Villamizar, directeur général, nous raconte les raisons de sa participation au projet Transition écologique : « on trouvait ça important de ne pas avoir seulement des activités économiques dans le domaine du recyclage de vélo, mais de faire aussi des gestes à l’interne, de mieux gérer nos matières résiduelles. Quand j’ai vu l’offre de formation, j’ai trouvé que c’était une belle occasion pour justement s’améliorer à ce niveau-là. La formation a été super intéressante. On a appris des choses qu’on ne savait même pas au niveau du recyclage, qu’est-ce qui se faisait avec les matières récupérées par exemple. Il y a beaucoup de matières qui pouvaient se récupérer, mais qu’on ne le savait pas. »

Pour le Vélo Vert, la formation a permis la production d’un plan de gestion des matières résiduelles. Déjà à court terme, les résultats ne sont pas seulement environnementaux, tel qu’expliqué par le directeur général : « En plus de mieux gérer nos matières résiduelles, on économise! On s’est rendu compte qu’on payait beaucoup pour ramasser les déchets, alors qu’il y a beaucoup de matières qui allaient au recyclage. Donc on s’est inscrit dans le programme de collecte de récupération gratuite. » L’effet de la formation a même dépassé les actions en milieu de travail : « les gens se sont sensibilisés au recyclage, à mieux gérer leurs matières et pas seulement au travail, mais aussi à la maison et dans leur entourage », affirme-t-il.

Pour les deux dirigeants rencontrés, l’accompagnement personnalisé de Québec’ERE a été un gage de réussite dans la réalisation de leur projet de transition écologique. « C’est très facile, ils ont des idées et peuvent nous conseiller. Quand on met ça en liste, on voit que ce n’est pas si gros que ça! Les gens voient peut-être ça très gros quand ils pensent à se faire une politique de DD, mais parfois, c’est juste un petit pas à faire », affirme Mélina Patry de Corsaire.

En complément, les formations et visites de groupe prévus dans le projet ont été sources d’inspiration et de bonnes idées. « Ça permet de voir ce qui se fait ailleurs. On peut apporter les idées, les appliquer ou les adapter en fonction de nos réalités et nos moyens. C’est très formateur, ça permet d’élargir nos horizons », affirme Luis Villamizar de Vélo Vert.

Le parcours de formation Transition écologique vous intéresse? Le PôleCN est en période de recrutement pour le lancement d’une 2e cohorte d’entreprises d’économie sociale. Durant un an, assistez à trois visites d’entreprise et formations de groupe, en plus de profiter d’un tarif préférentiel sur un accompagnement personnalisé par Québec’ERE. Contactez-nous pour de plus amples informations : Félix Bussières, 418-440-5019, felix.bussieres@polecn.org.

 


Transition écologique (partie 2 de 3) – les rencontres de la cohorte : des lieux inspirants et des discussions porteuses

Cet article fait suite au texte Transition écologique (partie 1 de 3) – une première cohorte d’entreprises en formation

De septembre 2017 à février 2018, une cohorte d’une dizaine d’entreprises d’économie sociale s’est donnée rendez-vous à trois reprises pour discuter de développement durable et de l’application de ses principes dans leurs activités. Appuyé par Magnitude 10, le projet Transition écologique a proposé un parcours de formation alliant les avantages des rencontres de groupe à ceux de séances de travail personnalisées pour chaque entreprise. Le tout animé par Barbara Genest, directrice générale de Québec’ERE.

La visite de différents lieux par la cohorte est un des éléments importants d’un tel parcours de formation selon Barbara Genest : « les lieux pouvaient témoigner de ce que l’application de principes de développement durable pouvait être. » « J’ai été capable d’avoir des images, de référencer mes exemples aux participants. »

Pour la première rencontre, la cohorte d’entreprises s’est donnée rendez-vous chez l’une d’entre elles : Recyclage Vanier. Barbara Genest raconte : « on a pu voir comment la destruction des documents confidentiels s’effectue et tous les processus mis en place. On a pu voir aussi comment ça se passe avec l’équipe, parce qu’ils font de l’intégration à l’emploi. C’était plaisant parce que Recyclage Vanier est participant de la cohorte, donc ça donnait une plus-value. » « On a pu parler de leur plan de gestion de matière résiduelle dans leurs bureaux. »

Cette première rencontre de groupe était également l’occasion d’expliquer les grandes lignes de ce qu’est le développement durable. « Chaque participant n’avait pas le même niveau de connaissance ou de formation », affirme-t-elle.

Entre la première et la seconde rencontre de la cohorte, de nombreuses entreprises ont entamé leur démarche personnalisée avec Quebec’ERE afin d’implanter une politique ou des pratiques durables chez eux. Durant le projet Transition écologique, chaque entreprise choisit la direction qu’elle veut prendre pour améliorer ses pratiques. Si cette mise en place se fait facilement et rapidement pour certaines d’entre elles, d’autres peuvent faire face à plus de défis, mais l’accompagnement personnalisé permet à chacune d’avancer à son rythme et d’atteindre ses objectifs.

La deuxième formation de groupe a eu lieu au Monastère des Augustines, une entreprise d’économie sociale reconnue pour sa politique et ses actions en développement durable instaurées dès son démarrage. « On avait l’employée dédiée au développement durable qui nous a fait visiter. Ça permettait de faire des liens entre les achats faits au Monastère et les entreprises participantes », mentionne Barbara Genest.

Suite à la visite, cette dernière a animé une séance de travail de groupe : « j’ai pris chaque organisation pour dire où elle en était ou ce vers quoi elle s‘enlignait, j’ai fait ressortir le défaut ou la qualité pour chacun. Les gens étaient contents. C’était rendu très très concret, à l’opposé des concepts de développement durable. Il n’aurait pas fallu que ce soit ça tout le long! Il faut que ce soit appliqué. » Cet échange de groupe sur l’état d’avancement de chacun a été inspirant et riche en apprentissages pour plusieurs: « Les entreprises ont pu constater la rapidité d’exécution que peuvent avoir les projets, qu’il ne faut pas voir cela comme des montagnes. »

Finalement, après avoir visité une entreprise qui œuvre en circuit fermé, puis un établissement touristique accueillant de nombreux visiteurs et événements, le troisième lieu visité par la cohorte ce 28 février a été le Centre Culture et Environnement Frédéric Back, un bâtiment regroupant plus d’une trentaine d’organisations aux missions culturelles ou environnementales. La visite de l’édifice a eu tout pour inspirer les participants de la cohorte avec les différentes améliorations éco-énergétiques et architecturales mises en place lors de sa restauration. Barbara Genest y a proposé ensuite une formation sur les événements écoresponsables, une façon bien concrète pour les entreprises d’agir et d’améliorer rapidement leurs façons de faire.

Article suivant : Transition écologique (partie 3 de 3) – les témoignages de deux entreprises participantes