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Nos entreprises, un acteur politique ?

Voici le texte de l’allocution de Luc k. Audebrand, prononcée lors de l’assemblée générale annuelle du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale le 11 juin 2019 à la Coopérative funéraire des Deux Rives (Centre funéraire St-Charles).

 

Distingué·e·s membres du PôleCN, distingué·e·s invité·e·s à cette assemblée générale annuelle, je vous remercie de votre présence ici, car vous avez posé, en vous déplaçant dans ce magnifique bâtiment, un geste éminemment politique. Il s’agit d’un geste important, presque aussi important qu’aller déposer son bulletin de vote dans l’urne les jours d’élection. Mais ça, vous le savez déjà…

Dans la foulée de la récente publication du premier portrait statistique sur l’économie sociale, j’ai vu apparaître le #çafaitchangement. Il est indéniable que l’économie sociale est un vecteur de changement, et j’irais plus loin en disant qu’il s’agit d’un puissant vecteur de transformation sociale. J’irais encore un peu plus loin en affirmant qu’en 2019, l’économie sociale est le principal vecteur de transformation sociale dont nous disposons, nous, citoyen·ne·s. Parce que l’économie sociale nous appartient.

La transformation sociale propulsée par l’économie sociale prend au moins quatre formes.

Tout d’abord, l’économie sociale impulse une transformation économique : elle crée des emplois, elle en sécurise d’autres. Elle n’a pas peur d’investir tous les secteurs d’activités, car aucun n’est à son épreuve. Je pense notamment à Eva, qui répond à Uber dans le secteur du taxi. J’ai en tête FairBnB, qui rétorque à AirBnB dans l’industrie touristique. Comment ne pas parler de Stocksy, qui fait un pied de nez à iStock dans le secteur de la photographie. Il y aussi CoopCycle, qui fait pédaler Deliveroo dans le secteur de la livraison à vélo. L’économie sociale crée et redistribue de la richesse, de la vraie richesse !

Deuxièmement, l’économie sociale stimule une transformation technique. Par cela, je veux dire qu’elle permet à des gens normaux, provenant de tous les horizons, de développer du savoir, du savoir-faire et du savoir-être. Cela permet de briser les barrières élitistes qui séparent l’amateur de l’expert. Je pense à La Patente et à son RepairCafé. J’ai en tête l’Accorderie et son échange de services. Je félicite La Baratte qui fête ses 20 ans cette année. Évidemment, comment ne pas nommer Recyclage Vanier, le Groupe TAQ et plusieurs autres entreprises qui favorisent l’insertion socioprofessionnelle qui permet de donner un sens à la vie de tant de personnes.

Troisièmement, l’économie sociale propulse une transformation territoriale. Pour nous, le territoire n’est pas une abstraction, ce n’est pas une donnée négligeable. Pour nous, le territoire est un lieu vivant, rempli de souvenirs et de promesses. L’économie sociale transforme le milieu rural. Je pense à la coopérative Vallée Bras-du-Nord qui existe depuis 2002 et qui est une source d’inspiration à travers le monde. Il faut souligner l’effervescence autour de la microbrasserie des Grands Bois à St-Casimir. Le village est à la veille de devenir plus mythique que St-Élie-de-Caxton et Fred Pellerin est pas mal jaloux ! L’économie sociale transforme aussi le milieu urbain, avec comme exemple la Coopérative du Quartier Petit-Champlain qui a été fondé en 1985 et qui permet à ce quartier d’être considéré, année après année, comme le plus beau quartier au pays. Il y aussi la Méduse, dont la présence est essentielle dans le paysage de la côte d’Abraham. Il faut noter la présence du bouillonnant Espace d’initiatives dans Limoilou, qui nous prépare une école d’automne sur l’innovation sociale.

Quatrièmement, l’économie sociale encourage une transformation politique. Et ici, on touche au cœur de mon intervention devant vous ce matin. L’économie sociale permet de mettre un pouvoir politique réel et concret entre les mains des citoyens et des citoyennes, en favorisant leur participation aux décisions qui les concernent. Cela va beaucoup plus loin que notre pouvoir comme consommateur ou consommatrice. Cela va au-delà du slogan « acheter, c’est voter ».

On le sait bien, le taux de participation aux élections dégringole d’élection en élection. Ce qui augmente, c’est le désintérêt des individus à l’égard de la sphère politique. Cela va de pair avec une perte de confiance répandue dans plusieurs communautés, qui estiment souvent que leur influence sur les rouages politiques demeure trop restreinte, et qui subissent les difficultés d’appréhension des outils politiques à leur disposition. Les espaces véritablement démocratiques sont actuellement rares, et les citoyens n’ont parfois pas le sentiment de compétence ni l’intérêt d’y participer, que ce soit dans l’espace public ou dans les entreprises.

L’économie sociale permet de connecter directement les individus au pouvoir politique. Aux États-Unis, j’ai entendu un expert dire que l’économie sociale est la « Gateway Drug to Democracy ». En s’impliquant en économie sociale, on prend goût à participer au pouvoir et on en veut plus. Je me trompe peut-être, mais j’ai la ferme impression que les gens qui sont en économie sociale votent plus que la moyenne des citoyens aux élections.

Si on résume ce que je viens de dire jusqu’à maintenant, l’économie sociale participe à la transformation économique, technique, territoriale et politique du Québec. Ce constat est appuyé par le tout récent portrait publié par l’institut de la statistique du Québec.

Continuons donc à décortiquer le volet politique. Ce que j’affirme, c’est que l’économie sociale est un acteur politique parce qu’elle favorise l’émancipation, l’empowerment et la justice sociale de façon très concrète, en remédiant à trois inégalités structurelles qui affligent encore beaucoup de personnes dans nos sociétés : le manque de reconnaissance culturelle, le manque de représentation politique et le manque de distribution économique. Je m’inspire ici des travaux de Nancy Fraser, pour qui la justice sociale est essentiellement la capacité d’interagir avec les autres d’égal à égal.

Commençons par les problèmes de reconnaissance culturelle. Ceux-ci viennent du fait que certains groupes de personnes ne sont pas reconnus à leur juste valeur dans la société. Ces groupes sont perçus comme moins respectables ou comme moins dignes que d’autres groupes de jouer certains rôles, d’occuper certaines positions. Cela peut être à cause de leur origine ethnique, de leur genre ou de leur classe sociale. Grâce aux entreprises d’économie sociale, ces personnes peuvent être reconnues à leur juste valeur, peuvent mettre fin à la stigmatisation qui les oppresse. En effet, les entreprises d’économie sociale ont toujours été des lieux privilégiés d’inclusion. D’ailleurs, plusieurs entreprises d’économie sociale ont été créées à la base par des personnes à la marge ou marginalisées. On l’a un peu oublié, mais les premières coopératives funéraires ont été mises sur pied dans des sous-sols d’églises par des citoyens qui en avaient assez de se faire mépriser par les entreprises funéraires. Tout ça pour dire que les entreprises d’économie sociale favorisent l’émancipation et la justice sociale en répondant à un besoin fondamental de reconnaissance.

Ce n’est pas tout. Il faut aussi remédier aux problèmes de représentation politique, c’est-à-dire à des limites arbitraires qui empêchent certaines personnes de participer aux décisions qui les concernent. On ne cesse de nous répéter que nous vivons en démocratie, mais on ne voit aucun problème à ce que celle-ci s’arrête aux portes de l’entreprise. On ne voit aucun problème à ce que les décisions qui concernent la vie de travailleurs d’ici soient entérinées par des actionnaires qui n’ont jamais mis les pieds au Québec. Rien n’oblige la démocratie à s’arrêter aux portes des entreprises, comme si elles étaient des institutions divines qui justifient un autre mode de gouvernance. Dans la plupart des entreprises d’économie sociale, les membres ou les bénéficiaires ont un droit de vote. Pour la petite histoire, des femmes ont voté dans la première coopérative funéraire du Québec avant de pouvoir voter aux élections provinciales. Ça s’est passé à Château-Richer, pas très loin d’ici. Tout ça pour dire que les entreprises d’économie sociale favorisent l’émancipation et la justice sociale en répondant à un besoin fondamental de représentation.

Nous y sommes presque. Il reste à remédier à un troisième problème, celui de la distribution économique, c’est-à-dire la présence de structures économiques qui privent certains groupes des ressources dont ils ont besoin pour interagir avec les autres d’égal à égal. Dans les grandes entreprises multinationales, les profits vont dans les poches d’actionnaires qui n’ont la plupart du temps pas d’autre lien d’usage avec l’entreprise. La relation entre l’entreprise et ses actionnaires est désincarnée. Ce n’est pas le cas dans les entreprises d’économie sociale. Les profits, s’il y en a, sont réinvestis dans l’entreprise, dans sa réserve ou sont partagés sous forme de ristourne en fonction de l’usage des membres. Tout ça pour dire que les entreprises d’économie sociale favorisent l’émancipation et la justice sociale en répondant au besoin fondamental d’une distribution économique équitable.

En résumé, l’économie sociale joue un rôle politique majeur parce qu’elle permet de diminuer les inégalités en matière de reconnaissance culturelle, de représentation politique et de distribution économique.

Les entreprises d’économie sociale réussissent à accomplir tout ça parce qu’elles ne travaillent pas en silo. L’action politique s’y inscrit dans un projet collectif, d’où l’importance pour les entreprises d’économie sociale de faire partie d’un mouvement social qui défend l’intérêt général et porte leurs idées. Il ne faut jamais cesser de le répéter : l’intercoopération est un puissant outil politique qui permet d’exercer une influence sur les circuits décisionnels et de faire valoir les revendications de l’économie sociale. La volonté de transformation de l’organisation politique de la société s’y incarne autour de groupes d’acteurs rassemblés dans un même mouvement. En d’autres termes, le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale est plus qu’un regroupement d’affaires, c’est un mouvement. Le parcours Sismic, piloté en collaboration avec toute la force de frappe du Chantier et des autres pôles, est un exemple de ce qu’on peut faire lorsqu’on pense comme un mouvement.

Pour rester pertinente politiquement, l’économie sociale doit continuer d’innover, elle doit être à l’avant-garde du soulèvement, contre le statu quo, contre l’inertie, contre la peur. Dans son plus récent roman, intitulé Les furtifs, l’auteur de science-fiction Alain Damasio nous invite d’une façon assez originale à nous soulever contre le totalitarisme. Plutôt que de nous encourager à la « révolte », il nous incite à la « volte ». Une volte c’est une pirouette, un saut ou un pas de côté. Je le cite : « La solution n’est pas la révolte, mais la volte, le pas de côté, la création d’alternatives. La volte c’est un saut de côté, un demi-tour en l’air, un salto, et il faut trouver ce saut pour générer la réponse à la société de contrôle. » Pour moi, la volte représente ce que fait de mieux l’économie sociale dans la Capitale-Nationale et partout ailleurs au Québec.

Le philosophe Michel Serres, qui est malheureusement décédé il y a quelques jours, nous invite, quant à lui, à faire preuve d’espièglerie. Dans son ouvrage justement intitulé Morales espiègles, il raconte que pour inventer un monde nouveau, il faut être légèrement décalé par rapport aux pratiques et habitudes usuelles. Il nous conseille de voir le réel, c’est-à-dire ce qui se passe autour de nous, de façon un peu oblique, pas de manière convenue, mais de manière originale, avec espièglerie. Cette forme d’originalité est extrêmement importante. Pour moi, l’économie sociale, c’est une forme d’espièglerie.

En conclusion, pour continuer à jouer un rôle politique pertinent, je nous invite collectivement à continuer à virevolter, je nous invite à continuer à être espiègles.

Merci beaucoup de votre attention.

 

 

Luc K. Audebrand, Ph. D.
Professeur au Département de management (FSA ULaval) et titulaire de la Chaire de leadership en enseignement sur l’engagement social

Les primeurs annoncées lors de l’AGA 2019 du PôleCN!

Ce mardi 11 juin 2019 avait lieu la 4e assemblée générale annuelle du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale (PôleCN) à la Coopérative funéraire des Deux Rives (Centre funéraire St-Charles). En plus de la présentation des réalisations de la dernière année et de l’occasion de réseauter entre elles, les personnes présentes ont eu droit à de nombreuses primeurs au cours de l’avant-midi.

Vous n’avez pas pu prendre part à notre rassemblement annuel ? Découvrez ici ces belles annonces !

Pour avoir une présentation complète des activités du PôleCN au cours de l’année 2018-2019, consultez le rapport annuel.

Le PôleCN : un regroupement qui a le vent dans les voiles !

L’année 2018-2019 a été une période de croissance majeure pour le PôleCN. Le nombre d’activités réalisées et de personnes rejointes a connu un bond important.

Également, il est impossible de passer sous silence l’arrivée de deux nouveaux employés, des professionnels compétents et dédiés à la mission de l’organisation qui viennent rien de moins que doubler l’équipe ! Noémie Gravel-Denis, conseillère principale à la commercialisation, œuvre depuis novembre 2018 à l’instauration d’une agence de commercialisation en économie sociale pour les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Pierre-Alexandre Morneau-Caron, avec nous depuis janvier 2019, est le coordonnateur de Sismic Capitale-Nationale, un parcours entrepreneurial pour les entreprises collectives déployé en collaboration avec de nombreux partenaires.

Enfin, preuve significative du dynamisme de notre regroupement encore tout jeune :

  • En 2018-2019, le nombre de membres réguliers (entreprises d’économie sociale) et de membres solidaires (organisations et individus) a connu une croissance de 29 % et 20 % respectivement.
  • Et déjà, pour l’année 2019-2020, suite à la campagne de membership d’avril et de mai dernier, nous avons pu annoncer lors de l’AGA que le nombre de membres réguliers et de membres solidaires a encore une fois connu cette fois-ci une croissance de 13 % et de 17 %. Ainsi, ce sont 82 entreprises d’économie sociale, 29 organisations et individus qui soutiennent significativement et symboliquement le PôleCN dans ses activités en étant membres de notre organisation. Nous sommes des plus reconnaissants de cette confiance et de cette fidélité de nos membres. Quelle fierté de vous représenter !

Pour connaître les membres du PôleCN en date du 11 juin 2019: Liste des membres 2019-2020.

Dévoilement du vidéo « Économie sociale, j’achète ! »

Dans le cadre des activités de l’agence de commercialisation, une activité de maillage entre entreprises d’économie sociale et acheteurs institutionnels et privés a eu lieu le 28 mai dernier au Monastère des Augustines. L’événement était également l’occasion d’annoncer publiquement les 32 premiers signataires de la déclaration « Économie sociale, j’achète ». Par cette signature, les acheteurs institutionnels et privés s’engagent à considérer les entreprises d’économie sociale comme de potentiels fournisseurs de biens et services.

Lors de l’AGA, nous avons pu dévoiler le vidéo tourné durant ce bel événement mobilisateur. En plus de donner un aperçu de l’ambiance conviviale et des échanges fructueux qui ont eu lieu, la vidéo relate par quelques courtes prises de parole la plus-value de faire affaire avec des entreprises d’économie sociale.

Nous vous invitons à voir la vidéo et à la partager dans vos réseaux ! Merci spécial à Productions 4 éléments pour la réalisation de cette capsule !

Dévoilement du vidéo sur la politique en matière de parité et de diversité, produit par la YWCA

Lors de l’AGA 2018, nous avons présenté aux participants la toute nouvelle politique en matière de parité et de diversité produite par le conseil d’administration du PôleCN suite à la demande des membres.

En un an, nous sommes fiers d’avoir atteint toutes nos cibles en matière de parité et de diversité. Nous sommes également heureux d’avoir fait connaître notre politique à nos membres, notamment par la diffusion d’un billet de blogue.

Lors de l’élaboration de la politique, nous avons été entourés par la YWCA Québec par le programme sur les organisations paritaires. En effet, la YWCA propose ses services à toutes entreprises intéressées à entamer une telle démarche.

Nous avons la chance d’être le sujet d’une capsule vidéo produit par l’organisation. Le 11 juin dernier, les participants de l’AGA ont pu la découvrir en primeur. Cette vidéo sera un outil précieux pour faire connaître notre politique et nos actions sur le sujet. Grand merci à la YWCA Québec pour cette magnifique présentation !

Pour couronner le tout, le 5 juin 2019, le PôleCN a été nommé entreprise lauréate dans la catégorie « Entreprise collective » du prix Agir pour l’égalité 2019, décerné par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ) et par le Conseil du statut de la femme (CSF). Il s’agit pour nous d’un grand honneur que nous partageons avec l’ensemble de nos membres et notre conseil d’administration. Nous sommes également convaincus que l’obtention de ce prix nous permettra de faire connaître encore plus l’avantage indéniable de se doter d’outil pour favoriser des instances paritaires et diversifiées.

« L’économie sociale, c’est nous! » Nouvelle image de reconnaissance des entreprises d’économie sociale

Vous vous en souvenez peut-être ; vous en voyez sûrement encore dans les vitrines de certaines entreprises : la campagne de communication « C’est bien plus » avait été un beau succès par le passé en permettant l’identification des entreprises d’économie sociale de la région. L’adresse cestbienplus.ca n’étant plus valide, nous avons voulu proposer un nouvel identifiant aux entreprises d’économie sociale de la région voulant afficher leurs couleurs !

L’autocollant « Économie sociale, c’est nous » a été remis à toutes les entreprises d’économie sociale membres du PôleCN présentes à l’AGA. Parce que la distinction et la force des entreprises d’économie sociale résident dans son rapport étroit à sa collectivité, le « nous » prend tout son sens !

Les entreprises d’économie sociale membres réguliers du PôleCN qui étaient absentes à l’événement recevront leur autocollant au cours des prochaines semaines.

Les entreprises d’économie sociale non membres du PôleCN qui souhaiteraient obtenir un autocollant au coût de 5 $ sont invitées à nous contacter.

Les Semaines de l’économie sociale deviennent le Mois de l’économie sociale !

Pour conclure, le PôleCN a annoncé lors de l’AGA 2019 que le grand rendez-vous annuel des Semaines de l’économie sociale, qui en était à sa 10e édition du 5 au 15 novembre 2018, sera transformé pour s’étendre désormais sur l’ensemble du mois! Le mois de novembre est reconnu dans l’ensemble du Québec comme le Mois de l’économie sociale.

Ce changement permettra d’harmoniser nos activités de communication avec celles des autres pôles régionaux en plus d’offrir davantage de plages horaires pour l’organisation d’activité avec nos partenaires territoriaux.

Restez à l’affût ! Une programmation d’activité plus étendue et étoffée vous attend dès novembre 2019 dans l’ensemble du territoire de la Capitale-Nationale.

 

L’AGA étant désormais derrière nous, l’équipe du PôleCN profitera de l’été pour planifier les nombreuses activités à venir en 2019-2020. Bon été à tous et à toutes !

Communiqué de presse – Des acheteurs institutionnels et privés s’engagent pour l’économie sociale

Quelques 30 acheteurs institutionnels et privés de la grande région de Québec s’engagent pour l’économie sociale

Québec, le 28 mai 2019 — Quelques 30 entreprises et organisations des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches se sont formellement engagées à considérer l’économie sociale pour leurs achats en signant la Déclaration « Économie sociale, j’achète! », à l’invitation du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale. Parmi ces signataires : Optel Vision, la Ville de Lévis, Teknion, Spektrum, le Festif!, la MRC de Charlevoix, plusieurs municipalités, et plusieurs Caisses Desjardins de la région. Ces pionniers s’engagent à considérer les entreprises d’économie sociale en tant que fournisseurs pour leurs approvisionnements. Il s’agit d’un autre signe de l’essor que prend ce modèle économique dans la région.

« Alors que les entreprises sont de plus en plus actives pour renforcer leur responsabilité sociale, nous constatons un intérêt grandissant des acheteurs institutionnels et privés à faire une place à une économie différente, qui prend en compte les intérêts sociaux et environnementaux. Cela tombe bien parce qu’il y a dans nos régions une offre en économie sociale capable de répondre aux besoins et exigences de ces acheteurs, avec des produits et services de qualité à prix compétitifs », résume Félix Bussières, directeur général du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale.

Découvrez la liste des acheteurs institutionnels et privés signataires de la Déclaration « Économie sociale, j’achète! »

Favoriser la rencontre
Afin de favoriser le maillage, le Pôle des entreprises d’économie sociale organise une série d’activités et d’actions entre acheteurs et offreurs en économie sociale. « Nous avons aujourd’hui près de 20 acheteurs qui rencontrent plus de 10 entreprises d’économie sociale, pour échanger sur les besoins des uns et l’offre des autres », explique-t-il. « Les Pôles régionaux d’économie sociale sont au cœur du mouvement et crée la rencontre entre les entreprises d’économie sociale qui ont à offrir ce que les acheteurs ont besoin », affirme-t-il.

« Cette activité est pour nous une occasion de faire connaître notre offre auprès de clients potentiels, et de mieux comprendre leurs besoins pour que nous puissions mieux y répondre. C’est aussi une façon de découvrir d’autres entreprises d’économie sociale pour pouvoir éventuellement faire des partenariats et même, dans certains cas, nous approvisionner nous-mêmes auprès d’eux », explique M. Julian Quintero de Nettoieprêt, une coopérative de travailleurs dans le domaine de l’entretien ménager et l’hygiène en milieu de travail.

Déjà, plusieurs grands acheteurs ont trouvé un partenaire d’affaires au sein des entreprises. « Faire affaire avec des entreprises d’économie sociale, c’est contribuer au dynamisme économique, mais aussi renforcer le tissu social de la communauté », résume M. Jean Fortin, préfet suppléant de la MRC de Charlevoix, maire de Baie-Saint-Paul.

« Les entreprises d’économie sociale proposent des biens et services de grande qualité qui correspondent aux besoins des acheteurs, à des coûts compétitifs. Bien qu’elle soit difficile à estimer et à comptabiliser, grâce à leur mission sociale, elles ont une valeur ajoutée à offrir en termes de retombées positives pour la société. Le lancement du mouvement « Économie sociale, j’achète! » est une très belle initiative. Ça me rend fière de voir que plusieurs entreprises croient en l’économie sociale et y contribuent », mentionne Karine Gravel, directrice des opérations chez Groupe Aptas.

L’économie sociale au Québec et dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches
Selon un récent rapport publié par l’Institut de la Statistique du Québec, en 2016 au Québec, on dénombrait environ 11 200 entreprises d’économie sociale qui génèrent un chiffre d’affaires de 47,8G$ et emploient près de 220 000 employés dans tous les secteurs d’activités. Dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, 1870 entreprises d’économie sociale ont été dénombrées. Elles emploient 56 470 personnes.

À propos du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale
Le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale (PôleCN) est un regroupement d’affaires dont la mission est de mobiliser, promouvoir et représenter ses membres afin de soutenir leur développement et celui de l’économie sociale sur l’ensemble du territoire. Le PôleCN est reconnu pour sa capacité de faire travailler ensemble les différents acteurs, que ce soit par l’organisation d’activités de formation et de réseautage ou par la coordination de projets d’intercoopération et de commercialisation. Il est soutenu financièrement par le Ministère de l’Économie et de l’Innovation. Pour plus d’information : polecn.org.

Le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale et la Table régionale d’économie sociale Chaudière-Appalaches participent au mouvement québécois « Économie sociale, j’achète! », déployé notamment à Montréal, Longueuil et dans la région de l’Estrie. En ces lieux, de nombreux acheteurs institutionnels et entreprises privées prennent part au mouvement, en plus des entreprises d’économie sociale prêtes à leur offrir leurs services.

 

De nombreux représentants-es des premiers acheteurs institutionnels et privés signataires de la Déclaration « Économie sociale, j’achète! » des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches étaient présents lors d’une activité de maillage organisée par le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale.

 

Dans le cadre du déploiement du mouvement « Économie sociale, j’achète! », le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale organise une série d’activités et d’actions entre acheteurs et offreurs en économie sociale.

 

De gauche à droite = Mme Karine Gravel (directrice des opérations, Groupe Aptas), Mme Gabrielle LeBlanc (directrice générale, Maison Mère), Mme Amélie Landry (conseillère municipale et responsable de l’élaboration de la Politique de développement social, Ville de Lévis), M. Jean Fortin (préfet suppléant de la MRC de Charlevoix, maire de Baie-Saint-Paul) et M. Félix Bussières (directeur général. Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale).

 

Communiqué de presse – Transformer. Entreprendre. Collectivement.

Lancement national de Sismic et annonce de partenariats majeurs dans la Capitale-Nationale

Québec, le 21 mai 2019 – Associer la volonté de transformer le monde qui nous entoure à l’idée d’entreprendre en mode collectif. Ce 21 mai a eu lieu au Cabaret Lion d’Or à Montréal le lancement national de Sismic, un parcours entrepreneurial imaginé pour les entreprises collectives et destiné aux étudiant(e)s des établissements d’enseignement supérieur de partout au Québec. Sismic est une initiative du Chantier de l’économie sociale, offerte en partenariat avec les Pôles régionaux d’économie sociale et financée par le Secrétariat à la jeunesse.

Dès septembre prochain, les Pôles régionaux d’économie sociale de 19 régions du Québec mettront en branle le parcours dont les visées sont d’accompagner, de former et de référer les entrepreneurs innovants et émergents afin de passer de l’idée au projet.

Sismic Capitale-Nationale est coordonné par le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale (PôleCN). Alors qu’une structure par cohorte sera déployée à partir de septembre, l’accompagnement de jeunes promoteurs porteurs de projets en entrepreneuriat collectif a débuté en janvier 2019. Un événement d’initiation aux approches innovantes de création de projets a également eu lieu en mars dernier.

Pierre-Alexandre Morneau-Caron, coordonnateur de Sismic pour la Capitale-Nationale, est déjà à même de constater le grand potentiel de mobilisation autour de Sismic : « De toute évidence, les jeunes ont soif d’entreprendre différemment. Avant même le démarrage officiel des activités, ils sont plus d’une vingtaine à avoir choisi l’entrepreneuriat collectif pour faire vivre leurs projets. Sismic permet d’allier leur engagement social avec leur désir de transformer les modèles économiques afin qu’ils soient plus justes, équitables et démocratiques. »

Le lancement national est une occasion d’annoncer régionalement d’importantes ententes partenariales conclues avec des acteurs de l’entrepreneuriat. Ces partenaires-clés font de Sismic Capitale-Nationale un projet concerté et garant de succès.

L’Université Laval et Entrepreneuriat Laval s’associent à Sismic Capitale-Nationale
Acteurs incontournables de l’entrepreneuriat étudiant, l’Université Laval et Entrepreneuriat Laval seront partenaires de Sismic en appuyant ses activités tout au long du parcours. « Le nouveau parcours intègre bien les valeurs de la responsabilité sociale que notre Université souhaite véhiculer auprès de sa communauté étudiante », souligne le vice-recteur aux affaires externes, internationales et à la santé de l’Université Laval, Rénald Bergeron. « De par la nature même des projets qui seront initiés, nous visons à former et accompagner les leaders de demain dans leur volonté de trouver des solutions concrètes aux enjeux et répondre aux besoins des populations. Cette offre d’accompagnement dédiée aux porteurs de projets collectifs agira en complémentarité avec l’ensemble des ressources de notre écosystème entrepreneurial, entre autres, par le biais de La Centrale et d’Entrepreneuriat Laval. »

La CDEC, la CDRQ région Québec-Appalaches et le Fonds d’emprunt Québec ; des spécialistes de l’accompagnement d’entreprise se joignent à l’aventure Sismic
Les trois organisations spécialisées dans l’accompagnement d’entrepreneurs-es en économie sociale s’associent à Sismic Capitale-Nationale afin d’agir à titre de référence lors des phases finales du parcours, soit celles du prototypage et de la propulsion. Sébastien Girard, directeur régional pour la CDRQ région Québec-Appalaches, se réjouit de la venue de ce programme. « En accompagnant les jeunes promoteurs de l’idéation jusqu’au prédémarrage, Sismic Capitale-Nationale vient s’intégrer harmonieusement dans l’offre de service régionale. Ce programme met au service des promoteurs une démarche innovatrice complémentaire à l’offre de services des intervenants en économie sociale de la région. »

Entreprendre ensemble autrement : l’exemple de la Coop Plastique
Francis Gagnon, cofondateur de la Coop Plastique, fait partie des jeunes entrepreneurs actuellement accompagnés par Pierre-Alexandre Morneau-Caron. Sensibilisé aux enjeux de la société comme de nombreux autres de sa génération, il a fait de l’entrepreneuriat collectif son moyen pour passer à l’action.

Le projet d’entreprise collective dont il fait partie a pour mission d’offrir des produits 100% recyclés et locaux aux particuliers et aux entreprises. Du stylo à l’oeuvre d’art, le potentiel de transformation de la matière plastique est immense et l’équipe derrière la Coop se veut rassembleuse : « Nous désirons faire bénéficier toute la communauté de notre projet, agir concrètement dans la lutte aux changements climatiques, favoriser l’innovation et ouvrir nos portes à la population sous le principe d’un Fab-Lab. »

Pour Francis, l’accompagnement offert par un parcours entrepreneurial comme Sismic procurera de nombreux outils précieux pour les futurs-es entrepreneurs-es : « le plus grand bénéfice pour une personne comme moi est la méthodologie de démarrage d’un projet, les informations concernant le milieu de l’entrepreneuriat, le partage et la collaboration.»

À propos du PôleCN
Le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale est un regroupement d’affaires dont la mission est de mobiliser, promouvoir et représenter ses membres afin de soutenir leur développement et celui de l’économie sociale sur l’ensemble du territoire. Le PôleCN est soutenu financièrement par le Ministère de l’Économie et de l’Innovation. Pour plus d’information: polecn.org

 

Sismic Capitale-Nationale peut compter sur l’appui d’importants partenaires universitaires. Sur la photo, de gauche à droite: M. Félix Bussières (Directeur général du PôleCN), M. Simon Chouinard (directeur général d’Entrepreneuriat Laval), Mme Nathalie Bissonnette (Coordonnatrice La Centrale et Démarche institutionnelle en entrepreneuriat responsable, Université Laval) et M. Pierre-Alexandre Morneau-Caron (coordonnateur de Sismic Capitale-Nationale, PôleCN).

Sismic Capitale-Nationale peut compter sur l’appui d’importants partenaires de l’écosystème régional de l’entrepreneuriat en économie sociale. Sur la photo, de gauche à droite: M. Pierre-Alexandre Morneau-Caron (coordonnateur de Sismic Capitale-Nationale, PôleCN), Mme Claire Dubé (Conseillère principale à la CDEC de Québec), M. Félix Bussières (Directeur général du PôleCN) et M. Sébastien Girard (Directeur régional de la CDRQ, bureau Québec-Appalaches). (Absent sur la photo: M. Aina Rakotoarinivo (Directeur général du Fonds d’emprunt Québec))


Quatre des jeunes impliqués dans la Coop Plastique. Sur la photo, de gauche à droite: Clément Proux, Victoria Than, Marie-Josée Aliman et Francis Gagnon.

Pourquoi devenir membre du PôleCN?

Le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale (PôleCN) débute sa campagne de membership annuelle. Toutes les entreprises d’économie sociale sont invitées à faire partie de notre regroupement d’affaires en devenant membre régulier.

Votre question : Pourquoi devenir membre du PôleCN?
Voici notre réponse.

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Le programme Fournisseurs du PôleCN : du gagnant-gagnant!

Le programme Fournisseurs est une façon pour le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale (PôleCN), de mettre de l’avant et de recommander à ses membres des entreprises offrant des biens et services de qualité. Nos fournisseurs sont des entreprises qui ont à coeur le développement des entreprises d’économie sociale de la région et avec lesquelles nous collaborons ou faisons affaire régulièrement.

Un éventail de services pour vous

Notre regroupement reconnaît la réalité d’affaires distincte des entreprises d’économie sociale. Le programme Fournisseurs rassemble des entreprises au fait de ces distinctions, ce qui représente un apport non négligeable pour obtenir des services adaptés et répondant aux besoins des entreprises d’économie sociale.

Il est également important que le programme Fournisseurs du PôleCN couvre un large spectre de services dont les entreprises d’économie sociale peuvent avoir besoin. C’est mission accomplie pour la présente année avec des entreprises en graphisme, services alimentaires, comptabilité, location de salle et en services-conseil de toutes sorte.

Découvrez les treize fournisseurs du programme et profitez de rabais marchands avantageux offerts aux membres réguliers du PôleCN. Vous constaterez qu’il peut rapidement devenir payant d’adhérer à votre regroupement régional…. À vous d’en profiter!

Quatre nouveaux fournisseurs se sont joints au programme en 2018-19!

Un grand merci à ces quatre entreprises d’économie sociale qui se sont jointes aux fidèles fournisseurs officiels et qui enrichissent les services offerts à nos membres réguliers. Quelle fierté de les présenter ici:

Bistro Garneau est une coopérative alimentaire appartenant à COOPSCO F.-X.-GARNEAU depuis 2010. Bien ancré dans son milieu collégial, Bistro Garneau offre des menus variés, un service de restauration complet et un menu traiteur actuel.

 

 

La Maison de la coopération et de l’économie solidaire de Québec est un carrefour unique de réseautage, de formation et de services en économie sociale.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
La Maison de la coopération offre 25% de rabais pour une location de salle d’ici au 30 juin 2019.

 

Mobili-T a pour mission de favoriser le développement de mesures novatrices en mobilité durable en misant sur la gestion des déplacements.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
Mobili-T offre 15% de rabais sur les conférences, kiosques et formations.

 

Spira est une coopérative vouée au cinéma indépendant. Parallèlement à ses activités artistiques, la coopérative offre des services aux entreprises telles que la captation d’événements, la production de vidéos corporatives, l’animation graphique ou le documentaire.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
Spira offre 15% de rabais sur ses services.

 

Nos fidèles fournisseurs, de précieux partenaires

Le PôleCN se considère chanceux de pouvoir compter sur des entreprises qui croient en notre regroupement et qui font partie année après année de notre programme fournisseurs. Des organisations à connaître, si vous n’avez pas encore eu cette chance!

GIT est un acteur stratégique incontournable dans le domaine de l’employabilité, de par les services qu’il offre aux chercheurs d’emploi, aux travailleurs, aux entreprises ainsi qu’aux organisations.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
GIT Services-conseils en emploi offre 10 % de rabais à l’égard du premier mandat d’un nouveau client.

 

Groupe Conseils DDE senc appuie les entreprises d’économie sociale et offre son expertise dans une grande variété de domaines tels que : la gestion stratégique et opérationnelle; le marketing et les médias sociaux; les outils technologiques d’affaires et la recherche de financement.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
Groupe Conseils DDE offre un rabais de 15% sur le premier mandat pour leurs services en gestion, marketing et Web.

 

Fondée en 1948, Raymond Chabot Grant Thornton compte aujourd’hui parmi les chefs de file canadiens dans les domaines de la certification, de la fiscalité, des services-conseils, du redressement d’entreprises et de l’insolvabilité, avec plus de 2 500 professionnels, dont quelque 200 associés.

 

 

Corsaire est une entreprise d’économie sociale spécialisée en communication graphique. Elle offre ses services en design, création, Web et stratégies de communication à ses clients qui proviennent notamment des organisations et entreprises dans les domaines environnemental, du développement durable, culturel et communautaire.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
Corsaire offre 20% de rabais sur un premier mandat en services graphiques.

 

La CDEC de Québec accompagne les entreprises d’économie sociale dans leur processus de démarrage ou leur développement d’affaires. Elle est mandataire du RISQ pour les volets Aide technique et Capitalisation pour les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches. La CDEC propose également un service de comptabilité accessible à toute entreprise, organisme communautaire et travailleur autonome.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
La CDEC offre 20% sur la tenue de livres des 3 premiers mois d’une entente signée de douze mois.

 

L’Auberge de jeunesse HI-Montreal est une organisation à but non-lucratif, située en plein centre-ville de Montréal, qui propose de l’hébergement en chambre privée et en chambre partagée dans une atmosphère conviviale et internationale.

 

 

Conjoncture affaires publiques est une entreprise de services-conseils en communication, organisation d’événements, développement stratégique, affaires publiques et relations gouvernementales.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
Conjoncture affaires publiques offre 10% de rabais à l’égard du premier mandat d’un nouveau client.

 

Que ce soit par l’accès au microcrédit, par l’accompagnement et par la formation, le Fonds d’Emprunt Québec permet à des personnes de réaliser leur projet d’entreprise.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
Le Fonds d’emprunt offre 50% de rabais sur les frais d’ouverture de dossier, 10% de rabais sur les frais d’inscription à la formation au prédémarrage et la possibilité d’accès à un fonds (prêt) dédié à l’émergence d’entreprises collectives.

 

La CDRQ, région Québec-Appalaches offre des ressources spécialisées en développement coopératif aux entrepreneurs qui désirent procéder à la création, à la consolidation, au redressement ou à la relève d’entreprises par la formule coopérative.

 

 

Vous voulez en savoir davantage sur le pourquoi et le comment du programme Fournisseurs du PôleCN ?
Lisez cet article de blogue !

MamboMambo : rencontre avec Alexis Gagné

– Derrière chaque réussite entrepreneuriale se trouve de la créativité, des prises de décision, de l’audace. En économie sociale, il se trouve également un besoin d’agir collectivement. Par une série de portraits, le PôleCN présente des histoires d’entreprises d’économie sociale (EÉS) pour mettre en lumière des parcours d’entrepreneur·e·s avec de riches expériences et une vision inspirante de l’idée d’entreprendre ensemble.

MamboMambo est une coopérative oeuvrant dans le domaine du design graphique et du développement Web. Si la coop a acquis une excellente réputation grâce à la qualité de ses services, son histoire est quant à elle peu connue. Et pourtant : le parcours entrepreneurial de ses cofondateurs créatifs et déterminés a de quoi inspirer de nombreux entrepreneurs-es ! Alexis Gagné est un des cinq membres fondateurs de l’entreprise et y occupe à ce jour les fonctions de directeur général. Malgré un horaire chargé, il transmet également sa passion pour son métier en enseignant le design graphique au niveau collégial. Portrait d’un créateur devenu gestionnaire / ou quand rêver d’un travail à son image devient réalité.

Des bancs d’école à l’idée d’entreprendre

MamboMambo a 5 ans, mais l’histoire de la coopérative a débuté sur les bancs du cégep et de l’université, alors que les futurs cofondateurs étaient collègues d’étude en design graphique. Réalisant souvent des travaux ensemble, ils avaient des forces complémentaires, tout en partageant la même vision : « On se rejoignait sur plusieurs points. On avait cette facilité-là, cette espèce de folie à travailler ensemble qu’on aimait vraiment », affirme Alexis.

Au terme de leurs études, les nouveaux diplômés ont débuté leur carrière comme travailleur autonome ou en agence. Environ un an après avoir entré sur le marché du travail, les graphistes échangeaient sur les aspects de leur travail qui les dérangeaient en étant convaincus qu’il y avait une façon de faire mieux : « On a été déçu du domaine. On était vraiment passionné, c’est un milieu où tu peux tellement t’éclater et avoir du plaisir. C’est ce qu’on nous disait à l’école, mais ce n’est pas ce qu’on vivait en agence. On avait l’impression que le client était souvent pénalisé, qu’il payait trop cher, qu’on ne livrait pas les projets à leur plein potentiel, et cela nous dérangeait vraiment. » En constatant qu’ils identifiaient les mêmes irritants, ils ont décidé de créer leur propre entreprise et de faire différemment, non seulement dans les services offerts, mais également dans la structure organisationnelle.

On n’est pas des gestionnaires à la base. On fait juste des choses qui selon nous font du sens ! On est content au bout de 5 ans de s’apercevoir que notre idée un peu folle n’était pas si folle que ça !

Incarner le modèle coop, sans le savoir

Au départ, l’entreprise MamboMambo a été enregistrée en nom collectif. Après 6 mois d’activité, les membres de l’entreprise ont débuté des recherches pour identifier une forme juridique plus adaptée. Si aucun des professionnels rencontrés ne leur a parlé d’économie sociale, on les a même découragés d’aller vers une entreprise partagée entre plusieurs propriétaires. Incrédules, les 5 entrepreneurs avaient un malaise avec les arguments avancés. Ils étaient convaincus que leur force résidait dans l’union de leurs intérêts et de leurs talents.

C’est Alexis qui a pensé à la formule coopérative en se souvenant que son père avait déjà travaillé dans une telle entreprise collective. Guidés vers leur CDR (coopérative de développement régional) pour en savoir plus sur cette forme entrepreneuriale, ils ont compris dès leur première rencontre que c’était la voie à emprunter pour MamboMambo. « C’était la première fois qu’on se sentait accompagné et écouté. On avait, oui, notre projet d’entreprise et nos idées, mais on avait des valeurs qui étaient super importantes et à la base de Mambo. C’était la première fois que quelqu’un prenait ces valeurs-là et qu’il comprenait que ça faisait partie de l’entreprise. » L’accompagnement proposé par la CDR a répondu à tous leurs questionnements: « Pour nous c’était clair, on faisait une coop. Entre la coop de travailleurs, de producteurs ou de solidarité, on voyait que le modèle était flexible. La coop, avec ses règlements en place, pouvait se transformer en même temps qu’elle allait grandir. Alors ça, on trouvait ça vraiment intéressant. »

Étonnant, mais vrai: sans la pensée d’Alexis concernant le travail de son père dans une coopérative, MamboMambo aurait peut-être pris une toute autre forme !

La différence Mambo

On veut être différent ; faut pas juste le dire, il faut l’appliquer. Le modèle coop nous apparaissait comme une façon de se différencier vraiment.

Le modèle coopératif distingue MamboMambo de ses concurrents. « C’est un peu comme la cerise sur le gâteau à la fin de notre pitch ! Les gens sont surpris, mais ce n’est pas une perception négative. On se dit créatif, mais il faut que ça s’applique partout. On leur dit que nous sommes une entreprise à plus petite échelle, qui est humaine. Les clients n’ont pas six niveaux à gravir avant de parler à quelqu’un dans l’entreprise. »

Cette différence est appréciée non seulement des clients, mais aussi des employés. « On travaille dans un secteur très compétitif. En même temps c’est tellement un travail créatif, tu ne peux pas être stressé dans ce domaine-là ! Je suis super fier qu’on parvienne à créer un environnement de travail où les gens sont heureux, à l’aise. Ce n’est pas juste du travail. Les membres de l’équipe se développent comme professionnels et comme personnes aussi. Je suis content qu’on arrive à offrir ça aux membres de la coop. »

Un voeu pour la suite

Sans artifice, Alexis souhaite que l’équipe actuelle de la coopérative reste pour longtemps et que l’entreprise se transforme au rythme de ses membres. « On a trouvé une coop similaire à la nôtre, je crois au Royaume-Uni. Ça faisait 30 ans que ça existait et il n’y avait jamais eu un employé qui avait quitté, sauf pour prendre sa retraite. Je trouve que c’est vraiment un beau défi de créer une entreprise où les gens sont vraiment attachés. Je sens qu’on est stable, qu’on a une base solide et qu’on peut avancer. Ça a pris du temps avant d’arriver à ça. J’aimerais qu’on puisse garder ce noyau-là et trouver les bons membres pour que l’équipe ne grandisse pas juste en nombre, mais en connaissance et en talent. »

La volonté de transmettre

Pour Alexis, l’enseignement du design graphique au collégial est une façon de transmettre sa passion pour son domaine et de montrer qu’il y a d’autres possibilités. Il est convaincu qu’il y a de la place pour l’économie sociale dans le domaine du design graphique, que ce serait une façon de le mettre au défi et de l’améliorer. Au-delà de son secteur d’activité, il affirme que les nouveaux entrepreneurs-es auraient beaucoup à gagner à connaître le modèle coopératif ou associatif. « N’importe qui ayant un projet d’entreprise devrait prendre un petit 5 minutes pour appeler sa CDR ou un autre organisme pour leur en parler et se faire aider. Nous, on a cherché énormément, ça a pris du temps, mais on est super contents d’avoir trouvé le modèle coop. […] Je connais des entreprises qui, par leurs valeurs, pourraient ou devraient être une coop. C’est peut-être juste qu’ils n’ont jamais entendu parler de ce modèle-là, malheureusement. »

Avec des entreprises inspirantes et créatives (dans la forme et le contenu!) comme MamboMambo et des ambassadeurs aussi convaincants que peut l’être Alexis Gagné, les espoirs sont permis de croire que l’économie sociale sera mieux connue et adoptée par de nouvelles générations d’entrepreneurs-es.

Tirés du témoignage d’Alexis Gagné: que faut-il pour entreprendre en économie sociale?

Une idée et de la conviction

Ça prend une idée claire et il faut croire à son projet, sinon il ne sera pas possible de le vendre. Nous étions tellement convaincus que nous nous disions que ça ne se pouvait pas que ça ne fonctionne pas ! Alors on continuait et on travaillait fort.

Humilité et partage

Chez MamboMambo, on ne prend rien de façon personnelle. En fait, oui d’une certaine façon, parce que c’est un peu comme notre bébé ! On est comme une grande famille qui travaille ensemble à faire avancer le projet. On se fait challenger par les membres de la coop, mais c’est toujours dans le but d’amener l’entreprise plus loin pour qu’elle atteigne ses objectifs. C’est super le fun de savoir qu’on peut compter sur l’ensemble de l’équipe.

Écouter, une perte de temps?

La coop, ça force la communication dans l’équipe. […] Au final, prendre le temps d’écouter…c’est normal ! Il faut que l’équipe se parle pour garder l’entreprise dans la bonne direction. On fait l’exercice quand on est débordé. On s’arrête et on pense à ce qu’on pourrait améliorer. Je pense qu’il y a souvent des conflits qui explosent parce qu’il y a eu un manque de communication avant. C’est bête. Prendre une heure pour écouter l’équipe peut éviter bien des heures perdues !

Miser sur l’accompagnement dès les premières étapes

Il faut prendre le temps d’écouter ceux qui sont passés par les mêmes étapes. Il ne faut pas non plus sous-estimer tout ce qui est gestion et comptabilité. Dès le départ, il faut partir sur des bases solides. Il ne faut pas que tu penses que tu peux faire tout toi-même en fait. Pendant longtemps, chez Mambo, on a traîné ça. […] Aux premières étapes de croissance, on voyait l’entreprise grandir, mais on ne suivait plus nos objectifs ou notre mission réellement. Ainsi, aller chercher de l’accompagnement, par un mentor ou quelqu’un qui a de l’expérience dans le domaine, peut  être d’une grande aide pour garder le cap.

Patience et confiance

Si le recrutement est un bon défi pour toutes les entreprises, il l’est d’autant plus lorsqu’on accorde une aussi grande place aux valeurs incarnées par l’organisation. Après les cinq ans d’existence de MamboMambo, Alexis a la conviction que la coopérative peut le relever : je sais qu’on peut trouver les bonnes personnes qui ont la même vision que nous, mais d’un autre côté je sais que ce sera un peu plus difficile aussi. Quand tu trouves les bonnes personnes par contre, c’est vraiment gagnant !

 

 

Réno-Jouets : rencontre avec Annie Asselin

– Derrière chaque réussite entrepreneuriale se trouve de la créativité, des prises de décision, de l’audace. En économie sociale, il se trouve également un besoin d’agir collectivement. Par une série de portraits, le PôleCN vous présente des histoires d’entreprises d’économie sociale (EÉS) en mettant en lumière les parcours des entrepreneur·e·s qui les nourrissent par leurs expériences et leur vision de l’idée d’entreprendre ensemble.

Décidée et dédiée à la mission de son entreprise, Annie Asselin est fondatrice et directrice générale de Réno-Jouets. Depuis 14 ans, l’entreprise d’économie sociale a permis de détourner plus de 1,4 million de jouets des sites d’enfouissement. Une grande partie de ces jouets à qui on donne une nouvelle vie sont offerts gratuitement aux enfants défavorisés. Les autres sont vendus dans le magasin situé sur l’avenue Watt à Québec. Portrait d’une entrepreneure qui a vu dans les jouets abandonnés une opportunité d’affaires et une façon d’agir concrètement pour améliorer le monde qui l’entoure.

De l’idée à l’entreprise

Annie Asselin a travaillé de nombreuses années en restauration dans des postes de gérance. Si ce travail a été sa véritable école en gestion, elle a également réalisé des études universitaires en administration, projet qu’elle a poursuivi à distance alors qu’elle avait des enfants en bas âge. « Lorsque je me promenais avec mes enfants, je voyais des jouets jetés devant les maisons. Le lendemain, la moitié était partie, mais il y avait encore des jouets potentiels qui auraient pu être ramassés et qui ne l’étaient pas. » « Annie découvre ainsi qu’il y a une lacune au niveau de la récupération des jouets: si on apporte les vêtements qu’on ne veut plus dans les friperies, il n’y a pas de lieu précis où retourner les jouets usagés. Dans le cadre de son dernier cours universitaire, elle réalise la première ébauche du plan d’affaires de Réno-Jouets. Satisfaite du résultat et voyant un réel potentiel, Annie commence à entreposer des jouets usagés qu’on lui donne. Elle en accumule une quantité impressionnante en peu de temps et décide ainsi de lancer son entreprise.

Le projet d’affaires prend la forme d’une entreprise d’économie sociale, en l’enregistrant en tant qu’OBNL, suite à des rencontres avec des organismes d’accompagnement et des bailleurs de fonds. « Au départ, je voulais créer Réno-Jouets à mon compte. Je savais que j’allais réussir. Mais finalement, j’ai vu le modèle de l’économie sociale et j’ai constaté ses bienfaits. Je me suis dit que je voulais que l’entreprise perdure et qu’il y avait ce potentiel-là avec l’économie sociale. »

Dans les premières étapes, Annie connaît beaucoup d’embûches et doit cogner à de nombreuses portes avant d’obtenir les appuis nécessaires pour concrétiser son projet. La nouvelle entrepreneure est tenace et tourne la page rapidement sur les épreuves qu’elle doit affronter. C’est par des rencontres déterminantes, notamment celle avec monsieur Richard Coulombe de la famille Pepsi, que son idée entrepreneuriale devient réalité. Annie insiste sur l’importance en tant qu’entrepreneur·e de développer et entretenir son réseau de contacts: « lorsqu’on connaît, on ne peut pas déconnaître! Il ne faut pas rester chez soi! » Encore aujourd’hui, monsieur Coulombe est un allié du développement de l’entreprise en s’impliquant notamment à titre de président de la Fondation.

La croissance et ses défis

En 14 ans, à force d’essais et d’erreurs, de démarchage et de projets, Réno-Jouets a développé son expertise et sa réputation en revalorisation des jouets usagés. « Au début, les gens pensaient que le projet ne fonctionnerait pas, que les gens ne donneraient pas leurs jouets et qu’ils n’achèteraient pas des jouets usagés. Il ne faut pas oublier: il y a 14 ans, la récupération n’était pas à la mode. Les gens n’achetaient que des jouets neufs. C’était mal vu de donner des jouets usagés. »

Depuis, le contexte a bien changé, mais la mission de Réno-Jouets demeure la même. « On n’est pas des revendeurs. Notre mission première est encore de détourner des jouets des sites d’enfouissement, de leur donner une deuxième vie en les donnant à des enfants défavorisés. Nous en donnons encore 2 sur 3. Le magasin est intéressant pour ceux qui nous choisissent pour l’écologie ou qui veulent épargner de l’argent. Ce n’est pas des personnes défavorisées qui viennent au magasin, car à eux, nous leur donnons les jouets! »

Réno-Jouets m’apporte toujours autant. Bien sûr, on se décourage parfois, c’est pas évident! Ce qui m’encourage, ce sont nos projets, notre dépouillement de cadeaux de Noël avec des familles défavorisées par exemple.

Encore aujourd’hui, le modèle entrepreneurial de Réno-Jouets est unique au pays et dans le monde. Les dons en jouets que l’entreprise fait dépassent largement les limites de la région. La mission, les partenariats et les opportunités de l’organisation ont explosé au cours des deux dernières années. Ces possibilités apportent leur lot de défis et les administrateurs ont accepté de s’impliquer en prenant part à des comités. Les 16 membres des conseils d’administration de Réno-Jouets et de sa fondation proviennent du milieu des affaires régional. Ils apportent une grande expertise à l’organisation: « Avec leur aide, on peut aller plus loin, on peut grandir. On construit des liens et des partenariats, notamment avec le souper-bénéfice annuel. »

Miser sur les forces de l’entreprise privée et les avantages de l’économie sociale

La beauté de Réno-Jouets, c’est que tout le monde fait de l’argent parce que ça appartient à tout le monde: c’est un OBNL.

La gestion de Réno-Jouets par Annie Asselin a de quoi inspirer plus d’un gestionnaire en économie sociale. Bien enracinée dans le modèle économique propre à sa forme juridique, elle n’hésite pas à s’inspirer des méthodes de gestion des entreprises privées, au bénéfice de sa mission. « Je suis à but non lucratif, mais j’ai le droit de faire de l’argent. J’ai toujours géré en économie libérale, mais avec l’avantage de l’économie sociale. Je peux aller chercher des partenaires que je ne pourrais pas obtenir en étant constitué en entreprise libérale. Ces partenaires vont m’aider en sachant que ça va rester dans la communauté, que ça va à des enfants, que ça ne servira pas à enrichir Annie Asselin: c’est pour enrichir tout le monde. »

Et la suite?

Avec une entreprise florissante comme Réno-Jouets, Annie Asselin est d’avis qu’il est désormais important de solidifier les bases, de pérenniser les activités. Cela pourrait notamment se faire par l’acquisition et la relocalisation dans une nouvelle bâtisse. Avec toute la ténacité qu’elle a faite preuve au fil des années, gageons qu’Annie Asselin parviendra à ses fins, entourée de la solide équipe d’employés et de bénévoles qu’elle a su rassembler!

Trois conseils de gestion tirés du témoignage d’Annie Asselin

Miser sur soi et sur les revenus autonomes

Il faut ne pas se fier sur les autres. Oui, prendre des subventions au démarrage, mais il faut rapidement s’organiser pour être autonome en tant qu’entreprise.

S’adapter

En économie sociale, il faut que tu sois capable d’accepter que tu aies plusieurs personnes impliquées qui vont argumenter avec toi. Il faut que tu vendes tes idées et que tu sois capable de mettre de l’eau dans ton vin. Je trouve que c’est un bel aspect parce que ça te ramène toujours à te poser des questions. Quand je décide de faire un projet, je vais chercher les personnes dont j’ai besoin. Et là, je le sais, ils vont péter ma balloune, mais c’est correct, parce qu’on va en faire une autre ensemble. L’idée est encore là.

Savoir s’entourer

Si j’avais un seul conseil à donner: assure-toi de t’entourer de gens avec lesquels tu as envie de travailler, que tu vas respecter. Il faut qu’eux aussi te respectent. Je suis la directrice, mais sans mon équipe et mes bénévoles, Réno-Jouets ne serait pas là. 

 

 

Centre de santé de Sainte-Brigitte-de-Laval : rencontre avec Véronique Loubier

– Derrière chaque réussite entrepreneuriale se trouve de la créativité, des prises de décision, de l’audace. En économie sociale, il se trouve également un besoin d’agir collectivement. Par une série de portraits, le PôleCN vous présente des histoires d’entreprises d’économie sociale (EÉS) en mettant en lumière les parcours des entrepreneur·e·s qui les nourrissent par leurs expériences et leur vision de l’idée d’entreprendre ensemble.

Le Centre de santé de Sainte-Brigitte-de-Laval a fait couler beaucoup d’encre au cours des derniers mois ! Lancement d’un service novateur de télémédecine puis du projet de revue « Le bonheur est simple », la coopérative de solidarité ne cesse de se réinventer, au gré des besoins exprimés par sa communauté d’appartenance. Le PôleCN a eu la chance de rencontrer la directrice générale de l’organisation, Véronique Loubier, dans les installations du centre de santé collectif. Portrait d’une gestionnaire « de terrain » résolument dédiée à la mission de son organisation.

D’organisatrice communautaire à gestionnaire : un bagage et des expertises qui se complémentent

Issue d’une famille élargie nombreuse et impliquée dès son tout jeune âge dans divers projets, Véronique Loubier est nourrie par ces expériences collectives : « Ça m’allumait ! Je suis une fille qui a besoin de cette énergie issue de la collectivité, cette idée de travail d’équipe, de créer ensemble. C’est donc du plus longtemps que je me souvienne que ça fait partie de moi, de ma personnalité. Ça s’est développé avec les expériences de vie et professionnelles encore plus, mais il y avait quand même cette fibre-là, de se dire ça n’a pas d’allure cette situation, ça n’existe pas, bien faisons-le ! »

Véronique fait carrière en intervention sociale, puis en développement, et s’établit, en 2009, à Sainte-Brigitte-de-Laval avec sa famille. « En tant que jeune maman, j’ai moi-même vécu les conséquences du manque de services de santé sur le territoire, tout comme les gens qui m’entourent. » C’est également par son travail dans la région qu’elle constate des lacunes importantes en santé et services sociaux pour sa propre municipalité : « dès mon arrivée, je me disais qu’un jour, j’allais faire quelque chose pour Sainte-Brigitte. C’était clair, net et précis. »

Se doter de services en santé là où il n’y en a pas

Comme toute entreprise d’économie sociale, le Centre de santé de Sainte-Brigitte-de-Laval est né d’un besoin ressenti et identifié par la communauté, soit d’un manque en matière de soins et de promotion de la santé à proximité. La municipalité de Sainte-Brigitte-de-Laval a vu sa population doubler en moins d’une décennie, elle représente aujourd’hui la deuxième plus jeune ville du Québec.

Dès les premières consultations publiques concernant le projet de centre de santé, Véronique reconnaît cet esprit d’entraide et cette mobilisation citoyenne qui la fait autant vibrer. « C’est important quand on veut s’impliquer d’aller voir et d’oser ! On doit sentir que le noyau avec lequel on travaille peut aller loin. Je regardais le projet et je me suis dit : oui, ce sont des gens avec lesquels je me vois évoluer. Je pense qu’on a ce qu’il faut pour mener à terme cette grande aventure. » Véronique s’implique donc dès la création d’un comité officiel provisoire. Moins de deux ans après la première rencontre citoyenne, le Centre de santé de Sainte-Brigitte-de-Laval, constituée en coopérative de solidarité, ouvre ses portes en janvier 2017 avec Véronique à sa direction.

Centre de santé Sainte-Brigitte-de-Laval

La nouvelle gestionnaire avait tout de même complété un baccalauréat et un certificat en gestion des organismes de la santé, avant de se lancer dans ce grand défi qu’est la direction générale d’une coopérative de santé en émergence. Par contre, elle ne croit pas que ce sont ces notions académiques qui ont façonné le type de gestionnaire qu’elle est devenue : « c’est une question de personnalité, d’instinct et d’approche, bien plus que tous les outils du monde que tu peux utiliser. La gestion, c’est écouter, déléguer, analyser, agir et interagir de manière constructive et bienveillante. C’est aussi simple que ça ! Ça ne demande pas un million de connaissances, mais beaucoup de persévérance. Ça demande d’être capable d’analyser rapidement, de voir ou de devancer les problèmes avant qu’ils arrivent et de mobiliser ton monde pour faire sortir le meilleur de chaque personne. C’est très collé sur le travail social ou sur l’organisation communautaire quand tu regardes ça ! »

Je pense qu’un directeur qui a fait du terrain ou qui fait du terrain est un meilleur directeur. C’est quand on oublie et qu’on s’éloigne de la base qu’on prend des mauvaises décisions.

En mode collectif : force résiliente et créatrice

Gestion du stress et confiance durant les périodes sombres, un-e gestionnaire d’entreprise doit faire preuve de résilience pour affronter les différentes situations qui se présenteront à lui ou à elle. Si personne n’est à l’abri de l’épuisement ou du découragement, le partage des risques au sein d’un groupe peut faire la différence. Pour Véronique, ce passage de flambeau est possible avec son équipe et son conseil d’administration : « Chez nous, on a un c.a. très impliqué, étant à nos premières années de vie. Je ne pourrais pas faire mon travail sans eux, ce sont des éléments très importants. Chacun donne son maximum. Quand un est fatigué, tout le monde prend le relais. Dans le fond, c’est une énergie qui circule. On prend les coups durs et les bons coups ensemble. »

Si la gouvernance démocratique et collective est un élément distinctif des entreprises d’économie sociale, Véronique voit aussi en cette forme d’entrepreneuriat un caractère innovant et créatif : « On a les mêmes défis que les entreprises privées. On veut tous être rentables comme entreprise. Par contre, les coopératives et les OBNL sont vraiment un terreau fertile pour faire les choses différemment. On innove davantage et on prend plus de risques parce qu’il est partagé collectivement. On peut aller plus près des besoins lorsqu’on est en économie sociale. On a les outils, une structure flexible et la base assez solide pour le faire. »

Des soins humains, plein de sens

Ce caractère novateur prend tout son sens pour le Centre de santé qui évolue dans un secteur d’activité longtemps occupé uniquement par des institutions publiques et privées. La coopérative comble des besoins non répondus par les autres parts : « c’est ça la beauté, on a une plus grande marge de manœuvre action-réaction. On est collé sur la base, sur notre communauté. Je dis aux gens de ne pas hésiter à nous demander quoi que ce soit. On fait le tour de la question et si on trouve que c’est une bonne idée on va l’essayer c’est sûr. »

Pour Véronique Loubier, le Centre de santé Sainte-Brigitte-de-Laval permet de se reconnecter avec le véritable sens des soins de santé : une approche de proximité mettant le patient au cœur des actions. Avec les nombreux projets et défis qui attendent le centre, elle espère que perdurera l’énergie positive qui circule entre les membres de son équipe, le conseil d’administration et la clientèle. Tous nos vœux de prospérité au Centre de santé, à sa gestionnaire et à la population qu’il dessert !

 

 

*Crédit pour la photo de Véronique Loubier: Manon Dumas

Mythes et réalités à l’égard des entreprises d’économie sociale

À lire et à partager!

L’agence de courtage en économie sociale a officiellement été lancée le 3 décembre dernier. Le projet de commercialisation des entreprises d’économie sociale (EÉS) auprès des grands acheteurs institutionnels et des entreprises arrive juste à point, dans un contexte où les organisations (tout comme les individus) cherchent à faire des choix de consommation responsables et durables.

Si certains ne savent pas du tout ce que sont les EÉS (pour eux, on recommande de regarder cela et de lire ceci), d’autres ont parfois quelques idées préconçues à leur égard qui sont à défaire. On fait le point ici.

Mythe: « Les entreprises d’économie sociale sont des organisations de petite taille. Elles ne pourraient pas suffire à ma demande en approvisionnement. »

Voilà une perception fausse!

  • L’entreprise d’économie sociale n’est pas, par définition, petite! Après tout, Desjardins, la TOHU et Mountain Equipment Coop sont des entreprises d’économie sociale!
  • Ce qui définit une entreprise d’économie sociale, c’est principalement sa forme de propriété collective (OBNL, coopérative ou mutuelle), ou encore la redistribution de ses profits dans sa mission sociale.
  • Les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches comptent des entreprises d’économie sociale (EÉS) de toutes tailles (d’un à plusieurs milliers d’employés) oeuvrant dans tous les secteurs d’activité. On y chiffre 1200 EÉS offrant 18 000 emplois et ayant au total 3,3 milliards de dollars en chiffre d’affaires.
Ce sont des entreprises d’économie sociale, le saviez-vous?!
La microbrasserie les Grands Bois : en plus de vendre de savoureuses bières, la microbrasserie est une coopérative de travailleurs, apportant ainsi du travail à plusieurs résidents de St-Casimir dans la région de Portneuf.
Le Monastère des Augustines: havre patrimonial de culture et de bien-être, l’organisme à but non lucratif regroupe un service de restauration, d’hôtellerie, de location de salles, en plus d’une riche programmation d’activité.
Nettoie-prêt: la coopérative oeuvrant dans le domaine de l’entretien ménager et de l’hygiène en milieu de travail a favorisé l’intégration de nombreux immigrants de la région de Québec.
Cire-Constance : l’entreprise d’insertion est reconnue comme le plus important fabricant de bougies au Québec. En plus de cette offre aux grandes entreprises, l’organisation a développé des services d’ébénisterie et de buanderie commerciale.
Acheter économie sociale, c’est encourager des entreprises qui font de leurs actions et de leur profit des outils de développement de nos collectivités! <3

Mythe: « Les entreprises d’économie sociale répondent à des besoins sociaux, mais ne sont pas concurrentielles »

Au contraire!

  • Bien lire ici -> une entreprise d’économie sociale, c’est une entreprise. Elle vend des biens ou des services et vise la rentabilité économique. Le profit généré par ses activités sert à réaliser sa mission sociale, le coeur de son existence.
  • Il ne s’agit pas de faire acte de philanthropie que de faire affaire avec les EÉS. Celles-ci fournissent des biens et services à qualité égale ou supérieure aux entreprises privées, mais avec une plus-value sociale. C’est un peu comme avoir le beurre et l’argent du beurre!
  • Empreintes d’humanité, elles sont également sensibles aux besoins de leur clientèle. Leurs services peuvent possiblement mieux s’adapter à vos contraintes et demandes.
  • L’entreprise d’économie sociale est née d’un besoin exprimé par sa communauté d’appartenance. Comme elle est constituée et supportée par un groupe de personnes, sa durée d’existence est d’ordre général plus longue qu’une entreprise privée. Ainsi, faire affaire avec une entreprise d’économie sociale, c’est une relation sur le long terme! Qui dit mieux?!

Réalité: « Les entreprises d’économie sociale : une réponse à la pénurie de main-d’oeuvre »

Ah oui?!

  • Dans le contexte actuel où les ressources humaines sont limitées, toutes les entreprises doivent user de créativité et d’adaptation pour parvenir à remplir leurs mandats.
  • Parmi les entreprises d’économie sociale, on compte les entreprises d’insertion et les entreprises adaptées.

« Les entreprises d’insertion permettent à des personnes d’acquérir une expérience de travail tout en recevant un encadrement soutenu et une formation adaptée pendant une période d’environ six mois. À la suite de cette expérience, elles sont préparées à occuper un autre emploi ou à retourner aux études. […] Pour leur part, les entreprises adaptées ajustent leurs équipements et leurs méthodes de travail de façon à pouvoir embaucher des personnes ayant une limitation physique, intellectuelle ou en santé mentale. » (Source: Guide de référence sur l’économie sociale, Chantier de l’économie sociale)

  • De nombreuses entreprises privées font affaire avec les entreprises d’insertion et les entreprises adaptées pour de la sous-traitance ou plus largement pour remplir des mandats qu’ils n’ont plus, ainsi, à assumer à l’interne.
  • Et si cette éventualité de relation d’affaires pouvait s’élargir à l’ensemble de l’offre de biens et services des entreprises d’économie sociale? Une alternative à envisager en situation de rareté de main-d’oeuvre!
Entreprises d’insertion dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches:
Atelier Cire-Constance 
Pignon bleu
Le Piolet
Recyclage Vanier
Travail Jeunesse
Vélo vert
Entreprises adaptées dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches:
ARTB
Atelier du Martin-Pêcheur
Atelier Signes d’Espoir
BFCO
Cétal
Formaca
Groupe AFFI logistique
Groupe Aptas
Groupe TAQ
Hichaud
Horisol 
Récupération Frontenac
Société Via

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Pour plus d’information sur l’agence de courtage en économie sociale