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L’effet Sismic (Portrait 1 de 3) – Pratico Plastique

Depuis l’hiver dernier, des projets en entrepreneuriat collectif portés par des jeunes engagés ont la chance d’avoir un accompagnement de Sismic Capitale-Nationale.

Découvrez un de ces projets, Pratico Plastique!

Quel est votre projet?

Pratico Plastique se veut une alternative innovante au problème de pollution par les déchets plastiques. Redonner une nouvelle vie, les intégrer dans un cycle de revalorisation des déchets plastiques dont la durée de vie de chaque nouvel objet augmentera puisque le type d’objet changera au fur et à mesure qu’il revient entre nos mains.
Par exemple, un verre ou une tasse a une durée de vie de 2-3 ans. Ensuite, ils pourront devenir des bijoux ou des tuiles dont la durée de vie ira de 5 à 15 ans.

Nous avons l’extrême conviction que le mobilier urbain ainsi que des espaces publics seront le lieu où le plus grand volume de plastique pourra être utilisé et dont la durée de vie excède les 20 ans.

Produisons local, mangeons local, recyclons local et ce dans un circuit court à faible empreinte écologique.

L’entrepreneuriat collectif, pourquoi?

Avant même d’avoir appris l’existence du concept, j’étais déjà persuadé qu’il s’agit de la forme entrepreneuriale la plus respectueuse de l’aspect social et économique que prône le développement durable. Réaliser, créer, repenser et valoriser ensemble dans le respect et l’inclusion sont des valeurs pures qui ne sont pas réservées à l’entrepreneuriat.

Nous visons la mixité des genres, des orientations, des mentalités. Notre équipe est ainsi composée de femmes et d’hommes passionnés provenant de différentes disciplines, milieux et origines. Nous optons pour un processus démocratique rigoureux, car l’opinion de tous est la bienvenue afin de propulser notre projet et ultimement d’améliorer la qualité de vie des gens.

Sismic, ça sert à quoi?

Pour rapidement démystifier la chose, Sismic est une boîte à outils bien garnie permettant de réaliser nos tâches d’entrepreneurs. Toutefois, contrairement à Sismic, rares sont les boîtes à outils accompagnés d’instructions et d’un suivi personnalisé. Il s’agit de professionnels passionnés, totalement dévoués à nous voir réussir et à nous voir surmonter les obstacles afin que nous puissions réaliser ces beaux projets à impact social. Puisque personne ne naît entrepreneur, de judicieuses formations vous seront aussi offertes pour bien maîtriser le milieu de l’entrepreneuriat collectif. Vous aurez donc les outils et le service-conseil, sans oublier des informations de première qualité vous permettant ainsi de maximiser vos chances de succès.

Réponses de Francis Gagnon de Pratico Plastique

 

Pour en savoir plus sur Pratico Plastique

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Coop de l’arbre : rencontre avec Antoine Suzor-Fortier

– Derrière chaque réussite entrepreneuriale se trouve de la créativité, des prises de décision, de l’audace. En économie sociale, il se trouve également un besoin d’agir collectivement. Par une série de portraits, le PôleCN présente des histoires d’entreprises d’économie sociale (EÉS) pour mettre en lumière des parcours d’entrepreneur·e·s avec de riches expériences et une vision inspirante de l’idée d’entreprendre ensemble.

La Coop de l’arbre a fait de sa mission environnementale — la mise en valeur de l’arbre — l’origine, le cœur et le moteur de son projet d’entreprise. En activité depuis 2007, l’entreprise d’économie sociale de Baie-St-Paul se démarque par la diversité et le rayonnement de ses actions, mais aussi par sa volonté de demeurer libre et flexible aux aspirations de ses membres. Rencontre avec Antoine Suzor-Fortier, cofondateur et coordonnateur de la Coop de l’arbre.

Se rassembler autour d’une cause

Les prémisses de la Coop de l’arbre sont issues de la rencontre entre deux personnes qui partageaient l’idée que les services d’élagage des arbres devaient comprendre une dimension plus globale, incluant notamment la valorisation des résidus verts, une vision écoforestière et la sensibilisation à l’environnement.

Crédit photo: Coop de l’arbre

L’entreprise a pris la forme d’une coopérative de solidarité avec au sein de son équipe un écoconseiller et un entrepreneur d’expérience gestionnaire en environnement. Elle a rassemblé au fil des ans des membres provenant de milieux bien différents, mais qui partagent tous les mêmes valeurs et la même passion, celle de s’engager pour la cause environnementale avec des actions concrètes. Les activités de l’entreprise s’articulent autour de trois grands volets : l’arboriculture, l’écoforesterie et l’éducation à l’environnement.

Coopération et liberté

La décision de constituer l’entreprise en coopérative de solidarité provient de la liberté que procure la forme juridique. Pour Antoine Suzor-Fortier, la coop de solidarité comprend les avantages de la coopérative et ceux de l’obnl, permettant ainsi de travailler sur différents tableaux financiers et d’intégrer directement les travailleurs dans le processus décisionnel. Tous les fondateurs étaient d’avis que les valeurs que sous-tend le modèle coopératif correspondaient à leur vision entrepreneuriale.

« La coopération, par définition, je trouve que c’est un des beaux mots de la langue française. C’est un peu la base de tout philosophiquement ; dans la nature, partout. Au niveau de l’entreprise, ça permet aux travailleurs d’être impliqués au sein du conseil d’administration. On veut la séparation des pouvoirs dans plusieurs structures publiques, dans plusieurs réalités, mais dans les petites entreprises à valeur environnementale, éthique, sociale ou autre, je trouve que le travailleur à sa place au sein du conseil d’administration au lieu de la classique séparation conseil d’administration vs opération. Cela amène un sentiment plus important de responsabilité pour le travailleur et rend la Coopérative davantage en phase avec son opération. »

Comme coopérative non affiliée à une grande fédération, les membres de la Coop de l’arbre sont plus libres dans leurs actions. Cela leur permet d’être constamment en harmonie avec leurs besoins, avec la mission qu’ils se sont dotés et avec les opportunités qu’ils décèlent autour d’eux.

La Coop de l’arbre innove donc dans ses actions, mais aussi dans sa forme. En effet, en offrant une structure organisationnelle éclatée à ses membres, misant sur la liberté, mais appelant à la responsabilité, elle déroge du modèle conventionnel et leur propose un milieu adapté à eux. « Aujourd’hui, je pense que les entreprises vont de plus en plus être appelées à se structurer comme ça », affirme Antoine Suzor-Fortier.

Cette indépendance de pensée et d’action est d’ailleurs très précieuse pour lui, alors qu’il était préalablement un militant environnemental qui ne se destinait pas nécessairement à l’entrepreneuriat.

Marginalement entrepreneur

« J’ai toujours créé mon emploi, même avant la Coop de l’arbre », mentionne le coordonnateur en poste depuis maintenant 12 ans, mais travailleur autonome depuis l’âge de 17 ans. « Finalement, même si je travaille plus d’heures que la moyenne des gens, je n’ai jamais eu l’impression de travailler puisque je crée les projets qui m’intéressent et me motivent », mentionne-t-il. Il est d’avis que les Québécois sont nombreux à vouloir sortir des sentiers battus au niveau de leur carrière : « Je pense que les gens sont très entrepreneurs dans leur vie au Québec. Ils changent, ils se remettent en question, ils évoluent. Il y a quand même ici quelque chose de moins statique que j’ai vu ailleurs et je pense que j’en suis tout simplement un bon représentant. »

Avec cette liberté d’agir propre à l’entrepreneur ou au travailleur autonome résulte également un niveau d’engagement plus élevé face à son travail. Selon Antoine Suzor-Fortier, le rapport aux priorités n’est pas le même lorsqu’on choisit l’entrepreneuriat. Il faut travailler beaucoup et l’équilibre de vie n’est pas nécessairement au rendez-vous.

Avoir une vision à moyen terme est également un atout pour l’entrepreneur. Il faut du temps pour organiser durablement les activités d’une organisation, l’amener là où nous l’imaginons : « quand j’ai commencé avec la coop, je me disais que j’en aurais pour 10 ans et que je ferais autre chose après ce temps. Mais après 10 ans, je trouve que ça commence tout juste à avoir de l’allure, à être bien, en regard à mon niveau d’exigence somme toute assez élevé. »

Entreprendre en économie sociale, c’est différent?

Pour Antoine Suzor-Fortier, les dirigeants de petites entreprises d’économie sociale d’une quinzaine d’employés comme la Coop de l’arbre ont un rapport aux priorités qui ressemblent à celui d’un chef d’une entreprise privée. Tout entrepreneur, peu importe la forme juridique de son organisation, doit faire preuve de constance, de détermination et être prêt à déployer beaucoup d’énergie pour parvenir à des résultats: « c’est du sport !», dit-il.

Pour ce dernier, ce n’est effectivement pas la structure juridique qui fait la nature d’une entreprise, mais plutôt la mission et les valeurs qui l’habitent et la guident. Sans être des entreprises d’économie sociale, il y a selon lui plusieurs entreprises dans la région de Charlevoix qui appliquent des concepts qui s’y rattachent, notamment celui de la primauté accordée à la personne au-delà des profits. Cela se traduit dans leur façon de prendre des décisions et la nature de leurs activités.

Le point de convergence : la passion

Comme mentionné plus tôt, les projets de la coopérative se sont toujours construits en fonction de sa mission et selon les intérêts des membres qui y adhèrent. « Le point où ça converge et qui fait qu’on existe, c’est la passion. Je mets mes forces à profit pour une mission d’entreprise positive, qui est plus grande que mon petit individu et ça me valorise. Même si les responsabilités sont différentes pour moi, ça reste que c’est la coopérative est à tout le monde. »

Crédit photo: Coop de l’arbre

Ainsi, par leur passion, les membres amènent une valeur ajoutée à l’organisation ; ils nourrissent le projet coopératif. Cette passion autour de la cause environnementale a également rallié de nombreux partenaires qui travaillent en collaboration avec la coop.

En fait, la passion est à la base de tout, selon Antoine Suzor-Fortier. « Les personnes passionnées, peu importe ce qu’elles font, sont à la bonne place dans leur vie. Pour certains membres de la coop, c’est une passion plus militante, pour d’autres c’est plus la liberté. D’autres ont besoin de quelque chose de plus sécuritaire. Même si elle se manifeste différemment, c’est la même passion quand même. »

Avec une notoriété grandissante dépassant les limites de la région, les possibilités de développement sont nombreuses pour la Coop de l’arbre. Nul doute qu’avec des valeurs de coopération si bien enracinées, elle continuera à évoluer à l’image de la passion de ceux et celles qui la composent.

Pour en savoir plus :

 

 

Rentrée scolaire = Rentrée Sismic

C’est incontournable, avec le mois de septembre vient l’effervescence de la rentrée scolaire.
En 2019, Sismic Capitale-Nationale fait également son entrée dans les établissements d’enseignement postsecondaires de la région. Son objectif : déclencher un mouvement via l’entrepreneuriat collectif ! Seras-tu de la partie ?

Plus précisément, le programme Sismic met à la disposition des jeunes acteurs de changement les outils appropriés pour que leur projet en économie sociale voient le jour et contribuent à l’amélioration de la société.

Pour la région de la Capitale-Nationale, Sismic va se déployer d’abord à l’Université Laval, via La Centrale — Espace entrepreneurial, et au Cégep Limoilou. Dans ces lieux, les participants-es auront accès à de l’accompagnement, des ateliers, des outils et une plateforme de suivi de projet.

Que ce soit par le volet Idéateur (dont l’objectif est de créer un produit ou un service répondant à un réel besoin), ou par le volet Prototypage (dont l’objectif est de valider le modèle d’affaires), les meilleures pratiques en entrepreneuriat seront au rendez-vous, au service du collectif.

Curieux-se ? Tu veux en savoir plus ? Tu fais partie de ces acteurs de changement qui veulent passer à l’action ? Visite le site Web ou contacte-nous : sismic@polecn.org.

Sismic Capitale-Nationale est membre du réseau des incubateurs Sismic, créé à l’initiative du Chantier d’économie sociale et financé par le Secrétariat à la jeunesse.

Nos entreprises, un acteur politique ?

Voici le texte de l’allocution de Luc k. Audebrand, prononcée lors de l’assemblée générale annuelle du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale le 11 juin 2019 à la Coopérative funéraire des Deux Rives (Centre funéraire St-Charles).

 

Distingué·e·s membres du PôleCN, distingué·e·s invité·e·s à cette assemblée générale annuelle, je vous remercie de votre présence ici, car vous avez posé, en vous déplaçant dans ce magnifique bâtiment, un geste éminemment politique. Il s’agit d’un geste important, presque aussi important qu’aller déposer son bulletin de vote dans l’urne les jours d’élection. Mais ça, vous le savez déjà…

Dans la foulée de la récente publication du premier portrait statistique sur l’économie sociale, j’ai vu apparaître le #çafaitchangement. Il est indéniable que l’économie sociale est un vecteur de changement, et j’irais plus loin en disant qu’il s’agit d’un puissant vecteur de transformation sociale. J’irais encore un peu plus loin en affirmant qu’en 2019, l’économie sociale est le principal vecteur de transformation sociale dont nous disposons, nous, citoyen·ne·s. Parce que l’économie sociale nous appartient.

La transformation sociale propulsée par l’économie sociale prend au moins quatre formes.

Tout d’abord, l’économie sociale impulse une transformation économique : elle crée des emplois, elle en sécurise d’autres. Elle n’a pas peur d’investir tous les secteurs d’activités, car aucun n’est à son épreuve. Je pense notamment à Eva, qui répond à Uber dans le secteur du taxi. J’ai en tête FairBnB, qui rétorque à AirBnB dans l’industrie touristique. Comment ne pas parler de Stocksy, qui fait un pied de nez à iStock dans le secteur de la photographie. Il y aussi CoopCycle, qui fait pédaler Deliveroo dans le secteur de la livraison à vélo. L’économie sociale crée et redistribue de la richesse, de la vraie richesse !

Deuxièmement, l’économie sociale stimule une transformation technique. Par cela, je veux dire qu’elle permet à des gens normaux, provenant de tous les horizons, de développer du savoir, du savoir-faire et du savoir-être. Cela permet de briser les barrières élitistes qui séparent l’amateur de l’expert. Je pense à La Patente et à son RepairCafé. J’ai en tête l’Accorderie et son échange de services. Je félicite La Baratte qui fête ses 20 ans cette année. Évidemment, comment ne pas nommer Recyclage Vanier, le Groupe TAQ et plusieurs autres entreprises qui favorisent l’insertion socioprofessionnelle qui permet de donner un sens à la vie de tant de personnes.

Troisièmement, l’économie sociale propulse une transformation territoriale. Pour nous, le territoire n’est pas une abstraction, ce n’est pas une donnée négligeable. Pour nous, le territoire est un lieu vivant, rempli de souvenirs et de promesses. L’économie sociale transforme le milieu rural. Je pense à la coopérative Vallée Bras-du-Nord qui existe depuis 2002 et qui est une source d’inspiration à travers le monde. Il faut souligner l’effervescence autour de la microbrasserie des Grands Bois à St-Casimir. Le village est à la veille de devenir plus mythique que St-Élie-de-Caxton et Fred Pellerin est pas mal jaloux ! L’économie sociale transforme aussi le milieu urbain, avec comme exemple la Coopérative du Quartier Petit-Champlain qui a été fondé en 1985 et qui permet à ce quartier d’être considéré, année après année, comme le plus beau quartier au pays. Il y aussi la Méduse, dont la présence est essentielle dans le paysage de la côte d’Abraham. Il faut noter la présence du bouillonnant Espace d’initiatives dans Limoilou, qui nous prépare une école d’automne sur l’innovation sociale.

Quatrièmement, l’économie sociale encourage une transformation politique. Et ici, on touche au cœur de mon intervention devant vous ce matin. L’économie sociale permet de mettre un pouvoir politique réel et concret entre les mains des citoyens et des citoyennes, en favorisant leur participation aux décisions qui les concernent. Cela va beaucoup plus loin que notre pouvoir comme consommateur ou consommatrice. Cela va au-delà du slogan « acheter, c’est voter ».

On le sait bien, le taux de participation aux élections dégringole d’élection en élection. Ce qui augmente, c’est le désintérêt des individus à l’égard de la sphère politique. Cela va de pair avec une perte de confiance répandue dans plusieurs communautés, qui estiment souvent que leur influence sur les rouages politiques demeure trop restreinte, et qui subissent les difficultés d’appréhension des outils politiques à leur disposition. Les espaces véritablement démocratiques sont actuellement rares, et les citoyens n’ont parfois pas le sentiment de compétence ni l’intérêt d’y participer, que ce soit dans l’espace public ou dans les entreprises.

L’économie sociale permet de connecter directement les individus au pouvoir politique. Aux États-Unis, j’ai entendu un expert dire que l’économie sociale est la « Gateway Drug to Democracy ». En s’impliquant en économie sociale, on prend goût à participer au pouvoir et on en veut plus. Je me trompe peut-être, mais j’ai la ferme impression que les gens qui sont en économie sociale votent plus que la moyenne des citoyens aux élections.

Si on résume ce que je viens de dire jusqu’à maintenant, l’économie sociale participe à la transformation économique, technique, territoriale et politique du Québec. Ce constat est appuyé par le tout récent portrait publié par l’institut de la statistique du Québec.

Continuons donc à décortiquer le volet politique. Ce que j’affirme, c’est que l’économie sociale est un acteur politique parce qu’elle favorise l’émancipation, l’empowerment et la justice sociale de façon très concrète, en remédiant à trois inégalités structurelles qui affligent encore beaucoup de personnes dans nos sociétés : le manque de reconnaissance culturelle, le manque de représentation politique et le manque de distribution économique. Je m’inspire ici des travaux de Nancy Fraser, pour qui la justice sociale est essentiellement la capacité d’interagir avec les autres d’égal à égal.

Commençons par les problèmes de reconnaissance culturelle. Ceux-ci viennent du fait que certains groupes de personnes ne sont pas reconnus à leur juste valeur dans la société. Ces groupes sont perçus comme moins respectables ou comme moins dignes que d’autres groupes de jouer certains rôles, d’occuper certaines positions. Cela peut être à cause de leur origine ethnique, de leur genre ou de leur classe sociale. Grâce aux entreprises d’économie sociale, ces personnes peuvent être reconnues à leur juste valeur, peuvent mettre fin à la stigmatisation qui les oppresse. En effet, les entreprises d’économie sociale ont toujours été des lieux privilégiés d’inclusion. D’ailleurs, plusieurs entreprises d’économie sociale ont été créées à la base par des personnes à la marge ou marginalisées. On l’a un peu oublié, mais les premières coopératives funéraires ont été mises sur pied dans des sous-sols d’églises par des citoyens qui en avaient assez de se faire mépriser par les entreprises funéraires. Tout ça pour dire que les entreprises d’économie sociale favorisent l’émancipation et la justice sociale en répondant à un besoin fondamental de reconnaissance.

Ce n’est pas tout. Il faut aussi remédier aux problèmes de représentation politique, c’est-à-dire à des limites arbitraires qui empêchent certaines personnes de participer aux décisions qui les concernent. On ne cesse de nous répéter que nous vivons en démocratie, mais on ne voit aucun problème à ce que celle-ci s’arrête aux portes de l’entreprise. On ne voit aucun problème à ce que les décisions qui concernent la vie de travailleurs d’ici soient entérinées par des actionnaires qui n’ont jamais mis les pieds au Québec. Rien n’oblige la démocratie à s’arrêter aux portes des entreprises, comme si elles étaient des institutions divines qui justifient un autre mode de gouvernance. Dans la plupart des entreprises d’économie sociale, les membres ou les bénéficiaires ont un droit de vote. Pour la petite histoire, des femmes ont voté dans la première coopérative funéraire du Québec avant de pouvoir voter aux élections provinciales. Ça s’est passé à Château-Richer, pas très loin d’ici. Tout ça pour dire que les entreprises d’économie sociale favorisent l’émancipation et la justice sociale en répondant à un besoin fondamental de représentation.

Nous y sommes presque. Il reste à remédier à un troisième problème, celui de la distribution économique, c’est-à-dire la présence de structures économiques qui privent certains groupes des ressources dont ils ont besoin pour interagir avec les autres d’égal à égal. Dans les grandes entreprises multinationales, les profits vont dans les poches d’actionnaires qui n’ont la plupart du temps pas d’autre lien d’usage avec l’entreprise. La relation entre l’entreprise et ses actionnaires est désincarnée. Ce n’est pas le cas dans les entreprises d’économie sociale. Les profits, s’il y en a, sont réinvestis dans l’entreprise, dans sa réserve ou sont partagés sous forme de ristourne en fonction de l’usage des membres. Tout ça pour dire que les entreprises d’économie sociale favorisent l’émancipation et la justice sociale en répondant au besoin fondamental d’une distribution économique équitable.

En résumé, l’économie sociale joue un rôle politique majeur parce qu’elle permet de diminuer les inégalités en matière de reconnaissance culturelle, de représentation politique et de distribution économique.

Les entreprises d’économie sociale réussissent à accomplir tout ça parce qu’elles ne travaillent pas en silo. L’action politique s’y inscrit dans un projet collectif, d’où l’importance pour les entreprises d’économie sociale de faire partie d’un mouvement social qui défend l’intérêt général et porte leurs idées. Il ne faut jamais cesser de le répéter : l’intercoopération est un puissant outil politique qui permet d’exercer une influence sur les circuits décisionnels et de faire valoir les revendications de l’économie sociale. La volonté de transformation de l’organisation politique de la société s’y incarne autour de groupes d’acteurs rassemblés dans un même mouvement. En d’autres termes, le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale est plus qu’un regroupement d’affaires, c’est un mouvement. Le parcours Sismic, piloté en collaboration avec toute la force de frappe du Chantier et des autres pôles, est un exemple de ce qu’on peut faire lorsqu’on pense comme un mouvement.

Pour rester pertinente politiquement, l’économie sociale doit continuer d’innover, elle doit être à l’avant-garde du soulèvement, contre le statu quo, contre l’inertie, contre la peur. Dans son plus récent roman, intitulé Les furtifs, l’auteur de science-fiction Alain Damasio nous invite d’une façon assez originale à nous soulever contre le totalitarisme. Plutôt que de nous encourager à la « révolte », il nous incite à la « volte ». Une volte c’est une pirouette, un saut ou un pas de côté. Je le cite : « La solution n’est pas la révolte, mais la volte, le pas de côté, la création d’alternatives. La volte c’est un saut de côté, un demi-tour en l’air, un salto, et il faut trouver ce saut pour générer la réponse à la société de contrôle. » Pour moi, la volte représente ce que fait de mieux l’économie sociale dans la Capitale-Nationale et partout ailleurs au Québec.

Le philosophe Michel Serres, qui est malheureusement décédé il y a quelques jours, nous invite, quant à lui, à faire preuve d’espièglerie. Dans son ouvrage justement intitulé Morales espiègles, il raconte que pour inventer un monde nouveau, il faut être légèrement décalé par rapport aux pratiques et habitudes usuelles. Il nous conseille de voir le réel, c’est-à-dire ce qui se passe autour de nous, de façon un peu oblique, pas de manière convenue, mais de manière originale, avec espièglerie. Cette forme d’originalité est extrêmement importante. Pour moi, l’économie sociale, c’est une forme d’espièglerie.

En conclusion, pour continuer à jouer un rôle politique pertinent, je nous invite collectivement à continuer à virevolter, je nous invite à continuer à être espiègles.

Merci beaucoup de votre attention.

 

 

Luc K. Audebrand, Ph. D.
Professeur au Département de management (FSA ULaval) et titulaire de la Chaire de leadership en enseignement sur l’engagement social

Les primeurs annoncées lors de l’AGA 2019 du PôleCN!

Ce mardi 11 juin 2019 avait lieu la 4e assemblée générale annuelle du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale (PôleCN) à la Coopérative funéraire des Deux Rives (Centre funéraire St-Charles). En plus de la présentation des réalisations de la dernière année et de l’occasion de réseauter entre elles, les personnes présentes ont eu droit à de nombreuses primeurs au cours de l’avant-midi.

Vous n’avez pas pu prendre part à notre rassemblement annuel ? Découvrez ici ces belles annonces !

Pour avoir une présentation complète des activités du PôleCN au cours de l’année 2018-2019, consultez le rapport annuel.

Le PôleCN : un regroupement qui a le vent dans les voiles !

L’année 2018-2019 a été une période de croissance majeure pour le PôleCN. Le nombre d’activités réalisées et de personnes rejointes a connu un bond important.

Également, il est impossible de passer sous silence l’arrivée de deux nouveaux employés, des professionnels compétents et dédiés à la mission de l’organisation qui viennent rien de moins que doubler l’équipe ! Noémie Gravel-Denis, conseillère principale à la commercialisation, œuvre depuis novembre 2018 à l’instauration d’une agence de commercialisation en économie sociale pour les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Pierre-Alexandre Morneau-Caron, avec nous depuis janvier 2019, est le coordonnateur de Sismic Capitale-Nationale, un parcours entrepreneurial pour les entreprises collectives déployé en collaboration avec de nombreux partenaires.

Enfin, preuve significative du dynamisme de notre regroupement encore tout jeune :

  • En 2018-2019, le nombre de membres réguliers (entreprises d’économie sociale) et de membres solidaires (organisations et individus) a connu une croissance de 29 % et 20 % respectivement.
  • Et déjà, pour l’année 2019-2020, suite à la campagne de membership d’avril et de mai dernier, nous avons pu annoncer lors de l’AGA que le nombre de membres réguliers et de membres solidaires a encore une fois connu cette fois-ci une croissance de 13 % et de 17 %. Ainsi, ce sont 82 entreprises d’économie sociale, 29 organisations et individus qui soutiennent significativement et symboliquement le PôleCN dans ses activités en étant membres de notre organisation. Nous sommes des plus reconnaissants de cette confiance et de cette fidélité de nos membres. Quelle fierté de vous représenter !

Pour connaître les membres du PôleCN en date du 11 juin 2019: Liste des membres 2019-2020.

Dévoilement du vidéo « Économie sociale, j’achète ! »

Dans le cadre des activités de l’agence de commercialisation, une activité de maillage entre entreprises d’économie sociale et acheteurs institutionnels et privés a eu lieu le 28 mai dernier au Monastère des Augustines. L’événement était également l’occasion d’annoncer publiquement les 32 premiers signataires de la déclaration « Économie sociale, j’achète ». Par cette signature, les acheteurs institutionnels et privés s’engagent à considérer les entreprises d’économie sociale comme de potentiels fournisseurs de biens et services.

Lors de l’AGA, nous avons pu dévoiler le vidéo tourné durant ce bel événement mobilisateur. En plus de donner un aperçu de l’ambiance conviviale et des échanges fructueux qui ont eu lieu, la vidéo relate par quelques courtes prises de parole la plus-value de faire affaire avec des entreprises d’économie sociale.

Nous vous invitons à voir la vidéo et à la partager dans vos réseaux ! Merci spécial à Productions 4 éléments pour la réalisation de cette capsule !

Dévoilement du vidéo sur la politique en matière de parité et de diversité, produit par la YWCA

Lors de l’AGA 2018, nous avons présenté aux participants la toute nouvelle politique en matière de parité et de diversité produite par le conseil d’administration du PôleCN suite à la demande des membres.

En un an, nous sommes fiers d’avoir atteint toutes nos cibles en matière de parité et de diversité. Nous sommes également heureux d’avoir fait connaître notre politique à nos membres, notamment par la diffusion d’un billet de blogue.

Lors de l’élaboration de la politique, nous avons été entourés par la YWCA Québec par le programme sur les organisations paritaires. En effet, la YWCA propose ses services à toutes entreprises intéressées à entamer une telle démarche.

Nous avons la chance d’être le sujet d’une capsule vidéo produit par l’organisation. Le 11 juin dernier, les participants de l’AGA ont pu la découvrir en primeur. Cette vidéo sera un outil précieux pour faire connaître notre politique et nos actions sur le sujet. Grand merci à la YWCA Québec pour cette magnifique présentation !

Pour couronner le tout, le 5 juin 2019, le PôleCN a été nommé entreprise lauréate dans la catégorie « Entreprise collective » du prix Agir pour l’égalité 2019, décerné par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ) et par le Conseil du statut de la femme (CSF). Il s’agit pour nous d’un grand honneur que nous partageons avec l’ensemble de nos membres et notre conseil d’administration. Nous sommes également convaincus que l’obtention de ce prix nous permettra de faire connaître encore plus l’avantage indéniable de se doter d’outil pour favoriser des instances paritaires et diversifiées.

« L’économie sociale, c’est nous! » Nouvelle image de reconnaissance des entreprises d’économie sociale

Vous vous en souvenez peut-être ; vous en voyez sûrement encore dans les vitrines de certaines entreprises : la campagne de communication « C’est bien plus » avait été un beau succès par le passé en permettant l’identification des entreprises d’économie sociale de la région. L’adresse cestbienplus.ca n’étant plus valide, nous avons voulu proposer un nouvel identifiant aux entreprises d’économie sociale de la région voulant afficher leurs couleurs !

L’autocollant « Économie sociale, c’est nous » a été remis à toutes les entreprises d’économie sociale membres du PôleCN présentes à l’AGA. Parce que la distinction et la force des entreprises d’économie sociale résident dans son rapport étroit à sa collectivité, le « nous » prend tout son sens !

Les entreprises d’économie sociale membres réguliers du PôleCN qui étaient absentes à l’événement recevront leur autocollant au cours des prochaines semaines.

Les entreprises d’économie sociale non membres du PôleCN qui souhaiteraient obtenir un autocollant au coût de 5 $ sont invitées à nous contacter.

Les Semaines de l’économie sociale deviennent le Mois de l’économie sociale !

Pour conclure, le PôleCN a annoncé lors de l’AGA 2019 que le grand rendez-vous annuel des Semaines de l’économie sociale, qui en était à sa 10e édition du 5 au 15 novembre 2018, sera transformé pour s’étendre désormais sur l’ensemble du mois! Le mois de novembre est reconnu dans l’ensemble du Québec comme le Mois de l’économie sociale.

Ce changement permettra d’harmoniser nos activités de communication avec celles des autres pôles régionaux en plus d’offrir davantage de plages horaires pour l’organisation d’activité avec nos partenaires territoriaux.

Restez à l’affût ! Une programmation d’activité plus étendue et étoffée vous attend dès novembre 2019 dans l’ensemble du territoire de la Capitale-Nationale.

 

L’AGA étant désormais derrière nous, l’équipe du PôleCN profitera de l’été pour planifier les nombreuses activités à venir en 2019-2020. Bon été à tous et à toutes !

Communiqué de presse – Des acheteurs institutionnels et privés s’engagent pour l’économie sociale

Quelques 30 acheteurs institutionnels et privés de la grande région de Québec s’engagent pour l’économie sociale

Québec, le 28 mai 2019 — Quelques 30 entreprises et organisations des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches se sont formellement engagées à considérer l’économie sociale pour leurs achats en signant la Déclaration « Économie sociale, j’achète! », à l’invitation du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale. Parmi ces signataires : Optel Vision, la Ville de Lévis, Teknion, Spektrum, le Festif!, la MRC de Charlevoix, plusieurs municipalités, et plusieurs Caisses Desjardins de la région. Ces pionniers s’engagent à considérer les entreprises d’économie sociale en tant que fournisseurs pour leurs approvisionnements. Il s’agit d’un autre signe de l’essor que prend ce modèle économique dans la région.

« Alors que les entreprises sont de plus en plus actives pour renforcer leur responsabilité sociale, nous constatons un intérêt grandissant des acheteurs institutionnels et privés à faire une place à une économie différente, qui prend en compte les intérêts sociaux et environnementaux. Cela tombe bien parce qu’il y a dans nos régions une offre en économie sociale capable de répondre aux besoins et exigences de ces acheteurs, avec des produits et services de qualité à prix compétitifs », résume Félix Bussières, directeur général du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale.

Découvrez la liste des acheteurs institutionnels et privés signataires de la Déclaration « Économie sociale, j’achète! »

Favoriser la rencontre
Afin de favoriser le maillage, le Pôle des entreprises d’économie sociale organise une série d’activités et d’actions entre acheteurs et offreurs en économie sociale. « Nous avons aujourd’hui près de 20 acheteurs qui rencontrent plus de 10 entreprises d’économie sociale, pour échanger sur les besoins des uns et l’offre des autres », explique-t-il. « Les Pôles régionaux d’économie sociale sont au cœur du mouvement et crée la rencontre entre les entreprises d’économie sociale qui ont à offrir ce que les acheteurs ont besoin », affirme-t-il.

« Cette activité est pour nous une occasion de faire connaître notre offre auprès de clients potentiels, et de mieux comprendre leurs besoins pour que nous puissions mieux y répondre. C’est aussi une façon de découvrir d’autres entreprises d’économie sociale pour pouvoir éventuellement faire des partenariats et même, dans certains cas, nous approvisionner nous-mêmes auprès d’eux », explique M. Julian Quintero de Nettoieprêt, une coopérative de travailleurs dans le domaine de l’entretien ménager et l’hygiène en milieu de travail.

Déjà, plusieurs grands acheteurs ont trouvé un partenaire d’affaires au sein des entreprises. « Faire affaire avec des entreprises d’économie sociale, c’est contribuer au dynamisme économique, mais aussi renforcer le tissu social de la communauté », résume M. Jean Fortin, préfet suppléant de la MRC de Charlevoix, maire de Baie-Saint-Paul.

« Les entreprises d’économie sociale proposent des biens et services de grande qualité qui correspondent aux besoins des acheteurs, à des coûts compétitifs. Bien qu’elle soit difficile à estimer et à comptabiliser, grâce à leur mission sociale, elles ont une valeur ajoutée à offrir en termes de retombées positives pour la société. Le lancement du mouvement « Économie sociale, j’achète! » est une très belle initiative. Ça me rend fière de voir que plusieurs entreprises croient en l’économie sociale et y contribuent », mentionne Karine Gravel, directrice des opérations chez Groupe Aptas.

L’économie sociale au Québec et dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches
Selon un récent rapport publié par l’Institut de la Statistique du Québec, en 2016 au Québec, on dénombrait environ 11 200 entreprises d’économie sociale qui génèrent un chiffre d’affaires de 47,8G$ et emploient près de 220 000 employés dans tous les secteurs d’activités. Dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, 1870 entreprises d’économie sociale ont été dénombrées. Elles emploient 56 470 personnes.

À propos du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale
Le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale (PôleCN) est un regroupement d’affaires dont la mission est de mobiliser, promouvoir et représenter ses membres afin de soutenir leur développement et celui de l’économie sociale sur l’ensemble du territoire. Le PôleCN est reconnu pour sa capacité de faire travailler ensemble les différents acteurs, que ce soit par l’organisation d’activités de formation et de réseautage ou par la coordination de projets d’intercoopération et de commercialisation. Il est soutenu financièrement par le Ministère de l’Économie et de l’Innovation. Pour plus d’information : polecn.org.

Le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale et la Table régionale d’économie sociale Chaudière-Appalaches participent au mouvement québécois « Économie sociale, j’achète! », déployé notamment à Montréal, Longueuil et dans la région de l’Estrie. En ces lieux, de nombreux acheteurs institutionnels et entreprises privées prennent part au mouvement, en plus des entreprises d’économie sociale prêtes à leur offrir leurs services.

 

De nombreux représentants-es des premiers acheteurs institutionnels et privés signataires de la Déclaration « Économie sociale, j’achète! » des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches étaient présents lors d’une activité de maillage organisée par le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale.

 

Dans le cadre du déploiement du mouvement « Économie sociale, j’achète! », le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale organise une série d’activités et d’actions entre acheteurs et offreurs en économie sociale.

 

De gauche à droite = Mme Karine Gravel (directrice des opérations, Groupe Aptas), Mme Gabrielle LeBlanc (directrice générale, Maison Mère), Mme Amélie Landry (conseillère municipale et responsable de l’élaboration de la Politique de développement social, Ville de Lévis), M. Jean Fortin (préfet suppléant de la MRC de Charlevoix, maire de Baie-Saint-Paul) et M. Félix Bussières (directeur général. Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale).

 

Communiqué de presse – Transformer. Entreprendre. Collectivement.

Lancement national de Sismic et annonce de partenariats majeurs dans la Capitale-Nationale

Québec, le 21 mai 2019 – Associer la volonté de transformer le monde qui nous entoure à l’idée d’entreprendre en mode collectif. Ce 21 mai a eu lieu au Cabaret Lion d’Or à Montréal le lancement national de Sismic, un parcours entrepreneurial imaginé pour les entreprises collectives et destiné aux étudiant(e)s des établissements d’enseignement supérieur de partout au Québec. Sismic est une initiative du Chantier de l’économie sociale, offerte en partenariat avec les Pôles régionaux d’économie sociale et financée par le Secrétariat à la jeunesse.

Dès septembre prochain, les Pôles régionaux d’économie sociale de 19 régions du Québec mettront en branle le parcours dont les visées sont d’accompagner, de former et de référer les entrepreneurs innovants et émergents afin de passer de l’idée au projet.

Sismic Capitale-Nationale est coordonné par le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale (PôleCN). Alors qu’une structure par cohorte sera déployée à partir de septembre, l’accompagnement de jeunes promoteurs porteurs de projets en entrepreneuriat collectif a débuté en janvier 2019. Un événement d’initiation aux approches innovantes de création de projets a également eu lieu en mars dernier.

Pierre-Alexandre Morneau-Caron, coordonnateur de Sismic pour la Capitale-Nationale, est déjà à même de constater le grand potentiel de mobilisation autour de Sismic : « De toute évidence, les jeunes ont soif d’entreprendre différemment. Avant même le démarrage officiel des activités, ils sont plus d’une vingtaine à avoir choisi l’entrepreneuriat collectif pour faire vivre leurs projets. Sismic permet d’allier leur engagement social avec leur désir de transformer les modèles économiques afin qu’ils soient plus justes, équitables et démocratiques. »

Le lancement national est une occasion d’annoncer régionalement d’importantes ententes partenariales conclues avec des acteurs de l’entrepreneuriat. Ces partenaires-clés font de Sismic Capitale-Nationale un projet concerté et garant de succès.

L’Université Laval et Entrepreneuriat Laval s’associent à Sismic Capitale-Nationale
Acteurs incontournables de l’entrepreneuriat étudiant, l’Université Laval et Entrepreneuriat Laval seront partenaires de Sismic en appuyant ses activités tout au long du parcours. « Le nouveau parcours intègre bien les valeurs de la responsabilité sociale que notre Université souhaite véhiculer auprès de sa communauté étudiante », souligne le vice-recteur aux affaires externes, internationales et à la santé de l’Université Laval, Rénald Bergeron. « De par la nature même des projets qui seront initiés, nous visons à former et accompagner les leaders de demain dans leur volonté de trouver des solutions concrètes aux enjeux et répondre aux besoins des populations. Cette offre d’accompagnement dédiée aux porteurs de projets collectifs agira en complémentarité avec l’ensemble des ressources de notre écosystème entrepreneurial, entre autres, par le biais de La Centrale et d’Entrepreneuriat Laval. »

La CDEC, la CDRQ région Québec-Appalaches et le Fonds d’emprunt Québec ; des spécialistes de l’accompagnement d’entreprise se joignent à l’aventure Sismic
Les trois organisations spécialisées dans l’accompagnement d’entrepreneurs-es en économie sociale s’associent à Sismic Capitale-Nationale afin d’agir à titre de référence lors des phases finales du parcours, soit celles du prototypage et de la propulsion. Sébastien Girard, directeur régional pour la CDRQ région Québec-Appalaches, se réjouit de la venue de ce programme. « En accompagnant les jeunes promoteurs de l’idéation jusqu’au prédémarrage, Sismic Capitale-Nationale vient s’intégrer harmonieusement dans l’offre de service régionale. Ce programme met au service des promoteurs une démarche innovatrice complémentaire à l’offre de services des intervenants en économie sociale de la région. »

Entreprendre ensemble autrement : l’exemple de la Coop Plastique
Francis Gagnon, cofondateur de la Coop Plastique, fait partie des jeunes entrepreneurs actuellement accompagnés par Pierre-Alexandre Morneau-Caron. Sensibilisé aux enjeux de la société comme de nombreux autres de sa génération, il a fait de l’entrepreneuriat collectif son moyen pour passer à l’action.

Le projet d’entreprise collective dont il fait partie a pour mission d’offrir des produits 100% recyclés et locaux aux particuliers et aux entreprises. Du stylo à l’oeuvre d’art, le potentiel de transformation de la matière plastique est immense et l’équipe derrière la Coop se veut rassembleuse : « Nous désirons faire bénéficier toute la communauté de notre projet, agir concrètement dans la lutte aux changements climatiques, favoriser l’innovation et ouvrir nos portes à la population sous le principe d’un Fab-Lab. »

Pour Francis, l’accompagnement offert par un parcours entrepreneurial comme Sismic procurera de nombreux outils précieux pour les futurs-es entrepreneurs-es : « le plus grand bénéfice pour une personne comme moi est la méthodologie de démarrage d’un projet, les informations concernant le milieu de l’entrepreneuriat, le partage et la collaboration.»

À propos du PôleCN
Le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale est un regroupement d’affaires dont la mission est de mobiliser, promouvoir et représenter ses membres afin de soutenir leur développement et celui de l’économie sociale sur l’ensemble du territoire. Le PôleCN est soutenu financièrement par le Ministère de l’Économie et de l’Innovation. Pour plus d’information: polecn.org

 

Sismic Capitale-Nationale peut compter sur l’appui d’importants partenaires universitaires. Sur la photo, de gauche à droite: M. Félix Bussières (Directeur général du PôleCN), M. Simon Chouinard (directeur général d’Entrepreneuriat Laval), Mme Nathalie Bissonnette (Coordonnatrice La Centrale et Démarche institutionnelle en entrepreneuriat responsable, Université Laval) et M. Pierre-Alexandre Morneau-Caron (coordonnateur de Sismic Capitale-Nationale, PôleCN).

Sismic Capitale-Nationale peut compter sur l’appui d’importants partenaires de l’écosystème régional de l’entrepreneuriat en économie sociale. Sur la photo, de gauche à droite: M. Pierre-Alexandre Morneau-Caron (coordonnateur de Sismic Capitale-Nationale, PôleCN), Mme Claire Dubé (Conseillère principale à la CDEC de Québec), M. Félix Bussières (Directeur général du PôleCN) et M. Sébastien Girard (Directeur régional de la CDRQ, bureau Québec-Appalaches). (Absent sur la photo: M. Aina Rakotoarinivo (Directeur général du Fonds d’emprunt Québec))


Quatre des jeunes impliqués dans la Coop Plastique. Sur la photo, de gauche à droite: Clément Proux, Victoria Than, Marie-Josée Aliman et Francis Gagnon.

Pourquoi devenir membre du PôleCN?

Le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale (PôleCN) débute sa campagne de membership annuelle. Toutes les entreprises d’économie sociale sont invitées à faire partie de notre regroupement d’affaires en devenant membre régulier.

Votre question : Pourquoi devenir membre du PôleCN?
Voici notre réponse.

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Le programme Fournisseurs du PôleCN : du gagnant-gagnant!

Le programme Fournisseurs est une façon pour le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale (PôleCN), de mettre de l’avant et de recommander à ses membres des entreprises offrant des biens et services de qualité. Nos fournisseurs sont des entreprises qui ont à coeur le développement des entreprises d’économie sociale de la région et avec lesquelles nous collaborons ou faisons affaire régulièrement.

Un éventail de services pour vous

Notre regroupement reconnaît la réalité d’affaires distincte des entreprises d’économie sociale. Le programme Fournisseurs rassemble des entreprises au fait de ces distinctions, ce qui représente un apport non négligeable pour obtenir des services adaptés et répondant aux besoins des entreprises d’économie sociale.

Il est également important que le programme Fournisseurs du PôleCN couvre un large spectre de services dont les entreprises d’économie sociale peuvent avoir besoin. C’est mission accomplie pour la présente année avec des entreprises en graphisme, services alimentaires, comptabilité, location de salle et en services-conseil de toutes sorte.

Découvrez les treize fournisseurs du programme et profitez de rabais marchands avantageux offerts aux membres réguliers du PôleCN. Vous constaterez qu’il peut rapidement devenir payant d’adhérer à votre regroupement régional…. À vous d’en profiter!

Quatre nouveaux fournisseurs se sont joints au programme en 2018-19!

Un grand merci à ces quatre entreprises d’économie sociale qui se sont jointes aux fidèles fournisseurs officiels et qui enrichissent les services offerts à nos membres réguliers. Quelle fierté de les présenter ici:

Bistro Garneau est une coopérative alimentaire appartenant à COOPSCO F.-X.-GARNEAU depuis 2010. Bien ancré dans son milieu collégial, Bistro Garneau offre des menus variés, un service de restauration complet et un menu traiteur actuel.

 

 

La Maison de la coopération et de l’économie solidaire de Québec est un carrefour unique de réseautage, de formation et de services en économie sociale.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
La Maison de la coopération offre 25% de rabais pour une location de salle d’ici au 30 juin 2019.

 

Mobili-T a pour mission de favoriser le développement de mesures novatrices en mobilité durable en misant sur la gestion des déplacements.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
Mobili-T offre 15% de rabais sur les conférences, kiosques et formations.

 

Spira est une coopérative vouée au cinéma indépendant. Parallèlement à ses activités artistiques, la coopérative offre des services aux entreprises telles que la captation d’événements, la production de vidéos corporatives, l’animation graphique ou le documentaire.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
Spira offre 15% de rabais sur ses services.

 

Nos fidèles fournisseurs, de précieux partenaires

Le PôleCN se considère chanceux de pouvoir compter sur des entreprises qui croient en notre regroupement et qui font partie année après année de notre programme fournisseurs. Des organisations à connaître, si vous n’avez pas encore eu cette chance!

GIT est un acteur stratégique incontournable dans le domaine de l’employabilité, de par les services qu’il offre aux chercheurs d’emploi, aux travailleurs, aux entreprises ainsi qu’aux organisations.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
GIT Services-conseils en emploi offre 10 % de rabais à l’égard du premier mandat d’un nouveau client.

 

Groupe Conseils DDE senc appuie les entreprises d’économie sociale et offre son expertise dans une grande variété de domaines tels que : la gestion stratégique et opérationnelle; le marketing et les médias sociaux; les outils technologiques d’affaires et la recherche de financement.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
Groupe Conseils DDE offre un rabais de 15% sur le premier mandat pour leurs services en gestion, marketing et Web.

 

Fondée en 1948, Raymond Chabot Grant Thornton compte aujourd’hui parmi les chefs de file canadiens dans les domaines de la certification, de la fiscalité, des services-conseils, du redressement d’entreprises et de l’insolvabilité, avec plus de 2 500 professionnels, dont quelque 200 associés.

 

 

Corsaire est une entreprise d’économie sociale spécialisée en communication graphique. Elle offre ses services en design, création, Web et stratégies de communication à ses clients qui proviennent notamment des organisations et entreprises dans les domaines environnemental, du développement durable, culturel et communautaire.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
Corsaire offre 20% de rabais sur un premier mandat en services graphiques.

 

La CDEC de Québec accompagne les entreprises d’économie sociale dans leur processus de démarrage ou leur développement d’affaires. Elle est mandataire du RISQ pour les volets Aide technique et Capitalisation pour les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches. La CDEC propose également un service de comptabilité accessible à toute entreprise, organisme communautaire et travailleur autonome.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
La CDEC offre 20% sur la tenue de livres des 3 premiers mois d’une entente signée de douze mois.

 

L’Auberge de jeunesse HI-Montreal est une organisation à but non-lucratif, située en plein centre-ville de Montréal, qui propose de l’hébergement en chambre privée et en chambre partagée dans une atmosphère conviviale et internationale.

 

 

Conjoncture affaires publiques est une entreprise de services-conseils en communication, organisation d’événements, développement stratégique, affaires publiques et relations gouvernementales.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
Conjoncture affaires publiques offre 10% de rabais à l’égard du premier mandat d’un nouveau client.

 

Que ce soit par l’accès au microcrédit, par l’accompagnement et par la formation, le Fonds d’Emprunt Québec permet à des personnes de réaliser leur projet d’entreprise.

Rabais marchand aux membres réguliers du PôleCN
Le Fonds d’emprunt offre 50% de rabais sur les frais d’ouverture de dossier, 10% de rabais sur les frais d’inscription à la formation au prédémarrage et la possibilité d’accès à un fonds (prêt) dédié à l’émergence d’entreprises collectives.

 

La CDRQ, région Québec-Appalaches offre des ressources spécialisées en développement coopératif aux entrepreneurs qui désirent procéder à la création, à la consolidation, au redressement ou à la relève d’entreprises par la formule coopérative.

 

 

Vous voulez en savoir davantage sur le pourquoi et le comment du programme Fournisseurs du PôleCN ?
Lisez cet article de blogue !

MamboMambo : rencontre avec Alexis Gagné

– Derrière chaque réussite entrepreneuriale se trouve de la créativité, des prises de décision, de l’audace. En économie sociale, il se trouve également un besoin d’agir collectivement. Par une série de portraits, le PôleCN présente des histoires d’entreprises d’économie sociale (EÉS) pour mettre en lumière des parcours d’entrepreneur·e·s avec de riches expériences et une vision inspirante de l’idée d’entreprendre ensemble.

MamboMambo est une coopérative oeuvrant dans le domaine du design graphique et du développement Web. Si la coop a acquis une excellente réputation grâce à la qualité de ses services, son histoire est quant à elle peu connue. Et pourtant : le parcours entrepreneurial de ses cofondateurs créatifs et déterminés a de quoi inspirer de nombreux entrepreneurs-es ! Alexis Gagné est un des cinq membres fondateurs de l’entreprise et y occupe à ce jour les fonctions de directeur général. Malgré un horaire chargé, il transmet également sa passion pour son métier en enseignant le design graphique au niveau collégial. Portrait d’un créateur devenu gestionnaire / ou quand rêver d’un travail à son image devient réalité.

Des bancs d’école à l’idée d’entreprendre

MamboMambo a 5 ans, mais l’histoire de la coopérative a débuté sur les bancs du cégep et de l’université, alors que les futurs cofondateurs étaient collègues d’étude en design graphique. Réalisant souvent des travaux ensemble, ils avaient des forces complémentaires, tout en partageant la même vision : « On se rejoignait sur plusieurs points. On avait cette facilité-là, cette espèce de folie à travailler ensemble qu’on aimait vraiment », affirme Alexis.

Au terme de leurs études, les nouveaux diplômés ont débuté leur carrière comme travailleur autonome ou en agence. Environ un an après avoir entré sur le marché du travail, les graphistes échangeaient sur les aspects de leur travail qui les dérangeaient en étant convaincus qu’il y avait une façon de faire mieux : « On a été déçu du domaine. On était vraiment passionné, c’est un milieu où tu peux tellement t’éclater et avoir du plaisir. C’est ce qu’on nous disait à l’école, mais ce n’est pas ce qu’on vivait en agence. On avait l’impression que le client était souvent pénalisé, qu’il payait trop cher, qu’on ne livrait pas les projets à leur plein potentiel, et cela nous dérangeait vraiment. » En constatant qu’ils identifiaient les mêmes irritants, ils ont décidé de créer leur propre entreprise et de faire différemment, non seulement dans les services offerts, mais également dans la structure organisationnelle.

On n’est pas des gestionnaires à la base. On fait juste des choses qui selon nous font du sens ! On est content au bout de 5 ans de s’apercevoir que notre idée un peu folle n’était pas si folle que ça !

Incarner le modèle coop, sans le savoir

Au départ, l’entreprise MamboMambo a été enregistrée en nom collectif. Après 6 mois d’activité, les membres de l’entreprise ont débuté des recherches pour identifier une forme juridique plus adaptée. Si aucun des professionnels rencontrés ne leur a parlé d’économie sociale, on les a même découragés d’aller vers une entreprise partagée entre plusieurs propriétaires. Incrédules, les 5 entrepreneurs avaient un malaise avec les arguments avancés. Ils étaient convaincus que leur force résidait dans l’union de leurs intérêts et de leurs talents.

C’est Alexis qui a pensé à la formule coopérative en se souvenant que son père avait déjà travaillé dans une telle entreprise collective. Guidés vers leur CDR (coopérative de développement régional) pour en savoir plus sur cette forme entrepreneuriale, ils ont compris dès leur première rencontre que c’était la voie à emprunter pour MamboMambo. « C’était la première fois qu’on se sentait accompagné et écouté. On avait, oui, notre projet d’entreprise et nos idées, mais on avait des valeurs qui étaient super importantes et à la base de Mambo. C’était la première fois que quelqu’un prenait ces valeurs-là et qu’il comprenait que ça faisait partie de l’entreprise. » L’accompagnement proposé par la CDR a répondu à tous leurs questionnements: « Pour nous c’était clair, on faisait une coop. Entre la coop de travailleurs, de producteurs ou de solidarité, on voyait que le modèle était flexible. La coop, avec ses règlements en place, pouvait se transformer en même temps qu’elle allait grandir. Alors ça, on trouvait ça vraiment intéressant. »

Étonnant, mais vrai: sans la pensée d’Alexis concernant le travail de son père dans une coopérative, MamboMambo aurait peut-être pris une toute autre forme !

La différence Mambo

On veut être différent ; faut pas juste le dire, il faut l’appliquer. Le modèle coop nous apparaissait comme une façon de se différencier vraiment.

Le modèle coopératif distingue MamboMambo de ses concurrents. « C’est un peu comme la cerise sur le gâteau à la fin de notre pitch ! Les gens sont surpris, mais ce n’est pas une perception négative. On se dit créatif, mais il faut que ça s’applique partout. On leur dit que nous sommes une entreprise à plus petite échelle, qui est humaine. Les clients n’ont pas six niveaux à gravir avant de parler à quelqu’un dans l’entreprise. »

Cette différence est appréciée non seulement des clients, mais aussi des employés. « On travaille dans un secteur très compétitif. En même temps c’est tellement un travail créatif, tu ne peux pas être stressé dans ce domaine-là ! Je suis super fier qu’on parvienne à créer un environnement de travail où les gens sont heureux, à l’aise. Ce n’est pas juste du travail. Les membres de l’équipe se développent comme professionnels et comme personnes aussi. Je suis content qu’on arrive à offrir ça aux membres de la coop. »

Un voeu pour la suite

Sans artifice, Alexis souhaite que l’équipe actuelle de la coopérative reste pour longtemps et que l’entreprise se transforme au rythme de ses membres. « On a trouvé une coop similaire à la nôtre, je crois au Royaume-Uni. Ça faisait 30 ans que ça existait et il n’y avait jamais eu un employé qui avait quitté, sauf pour prendre sa retraite. Je trouve que c’est vraiment un beau défi de créer une entreprise où les gens sont vraiment attachés. Je sens qu’on est stable, qu’on a une base solide et qu’on peut avancer. Ça a pris du temps avant d’arriver à ça. J’aimerais qu’on puisse garder ce noyau-là et trouver les bons membres pour que l’équipe ne grandisse pas juste en nombre, mais en connaissance et en talent. »

La volonté de transmettre

Pour Alexis, l’enseignement du design graphique au collégial est une façon de transmettre sa passion pour son domaine et de montrer qu’il y a d’autres possibilités. Il est convaincu qu’il y a de la place pour l’économie sociale dans le domaine du design graphique, que ce serait une façon de le mettre au défi et de l’améliorer. Au-delà de son secteur d’activité, il affirme que les nouveaux entrepreneurs-es auraient beaucoup à gagner à connaître le modèle coopératif ou associatif. « N’importe qui ayant un projet d’entreprise devrait prendre un petit 5 minutes pour appeler sa CDR ou un autre organisme pour leur en parler et se faire aider. Nous, on a cherché énormément, ça a pris du temps, mais on est super contents d’avoir trouvé le modèle coop. […] Je connais des entreprises qui, par leurs valeurs, pourraient ou devraient être une coop. C’est peut-être juste qu’ils n’ont jamais entendu parler de ce modèle-là, malheureusement. »

Avec des entreprises inspirantes et créatives (dans la forme et le contenu!) comme MamboMambo et des ambassadeurs aussi convaincants que peut l’être Alexis Gagné, les espoirs sont permis de croire que l’économie sociale sera mieux connue et adoptée par de nouvelles générations d’entrepreneurs-es.

Tirés du témoignage d’Alexis Gagné: que faut-il pour entreprendre en économie sociale?

Une idée et de la conviction

Ça prend une idée claire et il faut croire à son projet, sinon il ne sera pas possible de le vendre. Nous étions tellement convaincus que nous nous disions que ça ne se pouvait pas que ça ne fonctionne pas ! Alors on continuait et on travaillait fort.

Humilité et partage

Chez MamboMambo, on ne prend rien de façon personnelle. En fait, oui d’une certaine façon, parce que c’est un peu comme notre bébé ! On est comme une grande famille qui travaille ensemble à faire avancer le projet. On se fait challenger par les membres de la coop, mais c’est toujours dans le but d’amener l’entreprise plus loin pour qu’elle atteigne ses objectifs. C’est super le fun de savoir qu’on peut compter sur l’ensemble de l’équipe.

Écouter, une perte de temps?

La coop, ça force la communication dans l’équipe. […] Au final, prendre le temps d’écouter…c’est normal ! Il faut que l’équipe se parle pour garder l’entreprise dans la bonne direction. On fait l’exercice quand on est débordé. On s’arrête et on pense à ce qu’on pourrait améliorer. Je pense qu’il y a souvent des conflits qui explosent parce qu’il y a eu un manque de communication avant. C’est bête. Prendre une heure pour écouter l’équipe peut éviter bien des heures perdues !

Miser sur l’accompagnement dès les premières étapes

Il faut prendre le temps d’écouter ceux qui sont passés par les mêmes étapes. Il ne faut pas non plus sous-estimer tout ce qui est gestion et comptabilité. Dès le départ, il faut partir sur des bases solides. Il ne faut pas que tu penses que tu peux faire tout toi-même en fait. Pendant longtemps, chez Mambo, on a traîné ça. […] Aux premières étapes de croissance, on voyait l’entreprise grandir, mais on ne suivait plus nos objectifs ou notre mission réellement. Ainsi, aller chercher de l’accompagnement, par un mentor ou quelqu’un qui a de l’expérience dans le domaine, peut  être d’une grande aide pour garder le cap.

Patience et confiance

Si le recrutement est un bon défi pour toutes les entreprises, il l’est d’autant plus lorsqu’on accorde une aussi grande place aux valeurs incarnées par l’organisation. Après les cinq ans d’existence de MamboMambo, Alexis a la conviction que la coopérative peut le relever : je sais qu’on peut trouver les bonnes personnes qui ont la même vision que nous, mais d’un autre côté je sais que ce sera un peu plus difficile aussi. Quand tu trouves les bonnes personnes par contre, c’est vraiment gagnant !

 

 

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