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Communiqué / En novembre, place à l’économie sociale!

LE QUÉBEC PEUT FAIRE FACE À SES ENJEUX AUTREMENT

Québec, le 1er novembre 2019 — Aujourd’hui commence officiellement le Mois de l’économie sociale. À cette occasion, le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale (PôleCN) s’associe au Chantier de l’économie sociale et à la vingtaine de Pôles d’économie sociale actifs dans toutes les régions du Québec pour démontrer que les entreprises collectives jouent un rôle déterminant dans le développement économique et social du Québec.

Actuellement, le Québec compte environ 11 200 entreprises d’économie sociale qui, ensemble, génèrent un chiffre d’affaires de 47,8 G$ et comptent près de 220 000 employé.e.s selon le premier portrait de l’économie sociale présenté par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) publié au printemps dernier.

Selon ce même rapport, la Capitale-Nationale est une des régions du Québec qui comptent le plus d’entreprises (1 220) et de salarié.e.s (22 840) de l’économie sociale. Ces entreprises génèrent des revenus annuels de 2,6 G$, dont 88 % proviennent de la vente de biens et services. Parmi tous les travailleurs de l’économie sociale œuvrant sur le territoire, 68 % sont des femmes, et 48 % sont âgés de 35 ans et moins.

Malheureusement, les entreprises d’économie sociale occupent encore trop peu de place dans la sphère publique. « Le Mois de l’économie sociale est essentiel puisqu’il représente un moment tout indiqué pour rappeler la pertinence de l’entrepreneuriat collectif dans un Québec qui vit plusieurs problèmes en matière d’emploi, d’environnement et d’entrepreneuriat, pour ne nommer que ceux-ci. Le modèle collectif fait place à l’emploi, valorise la main-d’œuvre locale et s’ancre ici, chez nous. C’est un modèle qui fait place à la diversité sous toutes ses formes, à l’égalité et à des milieux de vie en santé. En d’autres mots, les entreprises d’économie sociale ont la capacité de pallier des enjeux modernes tels que le développement durable, la relève entrepreneuriale et le développement économique québécois, souligne Béatrice Alain, directrice générale du Chantier de l’économie sociale. C’est pourquoi il est si important de parler d’économie sociale, mais surtout, de lui tailler une juste place dans le débat public ».

Des activités organisées partout au Québec

Durant le mois de novembre, les différents Pôles d’économie sociale œuvrant dans toutes les régions du Québec organiseront une variété d’activités pour sensibiliser la population à l’économie sociale, en plus d’outiller les actuels et futurs entrepreneurs, notamment en les mettant en contact direct avec des spécialistes du milieu.

Dans la région de la Capitale-Nationale, plus d’une douzaine d’événements seront organisés, de la MRC de Charlevoix-Est à la MRC de la Jacques-Cartier. Le 20 novembre, une activité gratuite est proposée à tous ceux et à toutes celles qui veulent en apprendre davantage sur ce modèle économique. La séance d’information « L’économie sociale c’est quoi ? » est organisée par le PôleCN, le Réseau Coop, la CDEC de Québec et la CDRQ région Québec-Appalaches. Elle se déroulera dès 13 h 30 à la Maison de la coopération et de l’économie solidaire de Québec.

Pour en savoir davantage sur la campagne nationale du Mois de l’économie sociale : www.mois-es.com

Pour en savoir davantage sur la programmation d’activités offertes dans la Capitale-Nationale : www.polecn.org/mois-es

À propos du Chantier de l’économie sociale

Le Chantier de l’économie sociale est une organisation autonome et non partisane qui a pour principal mandat la concertation pour la promotion et le développement de l’entrepreneuriat collectif au Québec. Corporation à but non lucratif, le Chantier réunit des promoteurs d’entreprises d’économie sociale (coopératives, mutuelles et organismes sans but lucratif) œuvrant dans de multiples secteurs d’activités (communications, loisir, technologies, habitation, services aux personnes, ressources naturelles, formation, financement, services de proximité, culture, etc.), des représentants des grands mouvements sociaux et des acteurs du développement local en milieux urbain et rural.

À propos du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale (PôleCN)

Le PôleCN est un regroupement d’affaires dont la mission est de mobiliser, promouvoir et représenter ses membres afin de soutenir leur développement et celui de l’économie sociale sur l’ensemble du territoire. Le PôleCN est soutenu financièrement par le Ministère de l’Économie et de l’Innovation.

 

Découvrez nos ambassadrices et ambassadeur régionaux:

Marilyn Tremblay, directrice générale du Mousse Café (Baie-Saint-Paul)
« L’économie sociale, c’est un ensemble d’entreprises qui savent mettre de l’avant la force de leurs membres et de la communauté. »
Consultez le billet de blogue complet

Catherine Benoit, directrice générale de Spira (Québec)
« Travailler en économie sociale, c’est mettre l’humain au cœur de mes préoccupations, savoir que les gestes et décisions que je prends ont un impact. C’est aussi la chance d’avoir un réseau et un milieu qui me ressemblent et qui véhiculent des valeurs auxquelles je m’identifie. »
Consultez le billet de blogue complet

Loïc Lance, directeur général du Centre vacances Lac Simon (Saint-Léonard-de-Portneuf)
« L’apport de l’économie sociale dans le développement de la collectivité est mal connu en général du grand public et, par conséquent, peu reconnu par la société. Et pourtant, l’économie sociale me semble l’une des voies les plus durables et équitables à notre époque. »
Consultez le billet de blogue complet

Ambassadrice du Mois de l’économie sociale 2019 – Catherine Benoit

Catherine Benoit est directrice générale de Spira, une coopérative vouée au cinéma indépendant. L’organisme soutient et stimule la création et la production de courts ou de longs métrages (documentaire, fiction, expérimental), de la scénarisation jusqu’à la diffusion. Adoptant une approche qui repose sur la communauté, l’entraide et la mise en commun des ressources, Spira assure également le rayonnement des œuvres au Canada et à l’étranger. Stimuler l’intérêt du public pour le cinéma fait aussi partie des objectifs de la coopérative. C’est dans cette optique que Spira organise des événements de projection tout au long de l’année. De plus, il est possible de visionner sur son site Web, des films issus de son catalogue de plus de 300 titres.

Pour toi, l’économie sociale c’est…

L’économie qui contribue à faire un monde meilleur. C’est un modèle économique juste, bon et humain.

Que t’apporte le fait de travailler dans une entreprise d’économie sociale?

Travailler en économie sociale, c’est mettre l’humain au cœur de mes préoccupations, savoir que les gestes et décisions que je prends ont un impact. C’est aussi la chance d’avoir un réseau et un milieu qui me ressemblent et qui véhiculent des valeurs auxquelles je m’identifie.

À ton avis, quel est l’apport de l’économie sociale dans le développement de la collectivité?

L’économie sociale est un pilier de nos collectivités, une force vive qui occupe de plus en plus d’espace. Elle permet le déploiement de l’humain en le mettant au centre de ses préoccupations et en ne faisant pas de l’intérêt personnel et des profits financiers ses considérations principales. Transmettant des valeurs telles que la générosité, le partage et la solidarité, elle permet le développement d’une société plus juste. Son apport est ainsi inestimable et grand.

 

Ambassadrice du Mois de l’économie sociale 2019 – Marilyn Tremblay

Marilyn Tremblay est directrice générale et cofondatrice de la coopérative de solidarité Mousse Café, un café-luncherie-boutique situé à Baie-St-Paul. Sa mission est d’être un lieu d’échanges, de créativité et de divertissement accessible aux familles de Charlevoix et d’ailleurs. Ce café contribue au dynamisme de la région par le biais de diverses activités ponctuelles variées, notamment des ateliers créatifs, des ateliers de portage pour les familles et des soirées de jeux de société. Le Mousse Café comprend également une boutique d’articles liés à la parentalité, de matériel créatif et de jeux de société.

Pour toi, l’économie sociale c’est…

Des entreprises qui savent mettre de l’avant la force de leurs membres et de la communauté.

Que t’apporte le fait de travailler dans une entreprise d’économie sociale?

Ma participation dans la création du Mousse Café, coopérative de solidarité, est l’une de mes plus grandes fiertés. Ce lieu d’échanges et de rencontres multigénérationnel comble un besoin social dans Charlevoix. Chaque jour, nous recevons des encouragements et la gratitude de la clientèle. Celle-ci est constituée de familles qui viennent de l’extérieur de la région, et principalement de clients locaux qui viennent plusieurs fois par semaine. En tant que directrice générale d’une jeune coopérative de solidarité, il va sans dire que la charge de travail est élevée. Toutefois, les échanges quotidiens avec les clients et toutes les marques d’affection que je reçois envers la coop me donnent l’énergie nécessaire pour continuer à me dépasser et à amener le Mousse Café plus loin. C’est très gratifiant!

À ton avis, quel est l’apport de l’économie sociale dans le développement de la collectivité?

En conjuguant la rentabilité économique et sociale, les entreprises d’économie sociale jouent un rôle important dans le développement des collectivités. Elles contribuent à la richesse et au bien-être de tous notamment grâce aux besoins qu’elles comblent avec leurs offres de produits et de services et de par la création d’emplois de qualité qu’elles génèrent dans une grande variété de secteurs d’activités.

De par les valeurs d’équité, de démocratie et de solidarité qu’elles portent, elles permettent de mobiliser des communautés en impliquant les membres et administrateurs. D’une part, les entreprises d’économie sociale ont certainement plus de facilité à aller chercher l’adhésion sociale du milieu. D’autre part, en ces temps de pénurie de main-d’oeuvre, j’ose croire que le modèle d’affaires des entreprises d’économie sociale permet d’améliorer la rétention de la main d’oeuvre. Dans notre coopérative de solidarité, par exemple, les employés ont la possibilité de participer au développement de l’entreprise et d’être représentés au conseil d’administration par des membres travailleurs élus en tant qu’administrateurs. En ayant la possibilité de prendre part au développement de l’entreprise pour laquelle ils travaillent, les employés ont réellement un rôle à jouer dans le succès de cette dernière et peuvent y puiser de la motivation pour se dépasser et innover.

 

Ambassadeur du Mois de l’économie sociale 2019 – Loïc Lance

Loïc Lance est directeur général du Centre Vacances Lac Simon qui a pour mission d’offrir, animer et préserver un patrimoine d’exception (lieu de villégiature) afin de permettre à une clientèle moins fortunée d’en profiter. Ce milieu de vie communautaire se caractérise par l’accueil et l’ouverture, en assurant le respect de la nature par le biais d’une gestion démocratique novatrice et écoresponsable.

Pour toi, l’économie sociale c’est…

Une façon de m’impliquer dans notre société en essayant de faire une vraie différence pour celles et ceux qui en ont réellement besoin.

Que t’apporte le fait de travailler dans une entreprise d’économie sociale?

D’abord et avant tout la possibilité de faire de belles rencontres humaines, qu’il s’agisse des gens avec qui je travaille, des clients que nous accueillons chez nous, mais aussi des gens que je croise par le biais de rencontres et autres réunions professionnelles.

À ton avis, quel est l’apport de l’économie sociale dans le développement de la collectivité?

Un apport mal connu en général du grand public et, par conséquent, peu reconnu par la société. Et pourtant, l’économie sociale me semble l’une des voies les plus durables et équitables à notre époque.

 

L’effet Sismic (Portrait 3 de 3) – Réseau Québec Maghreb Innovation

Depuis l’hiver dernier, des projets en entrepreneuriat collectif portés par des jeunes engagés ont la chance d’avoir un accompagnement de Sismic Capitale-Nationale.

Découvrez un de ces projets, Réseau Québec Maghreb Innovation!

Quel est votre projet?

Dans un contexte où le marché de l’emploi souffre de la pénurie de main-d’œuvre, nous avons fondé Réseau Québec Maghreb Innovation, un organisme à but non lucratif, pour proposer des pratiques nouvelles en vue d’atteindre les objectifs suivants :

  • Optimiser les efforts des entreprises québécoises qui font face à la pénurie de main-d’œuvre, en leur facilitant l’accès à un bassin large de la main-d’œuvre, et cela peu importe leurs secteurs d’activité et leurs besoins en compétences ;
  • Assurer une meilleure intégration sociocommunautaire des travailleurs étrangers, et cela en fonction des exigences socioculturelles de la société québécoise.

L’entrepreneuriat collectif, pourquoi?

J’ai choisi l’entrepreneuriat collectif pour me lancer en affaire, car j’ai pris conscience de coopérer ensemble pour la promotion des intérêts de la communauté où je vis actuellement. L’entrepreneuriat collectif est une manière pour moi de participer positivement et avec toutes mes énergies aux dynamiques économiques et sociales de développement de la société québécoise.

Notre travail est de recruter à l’international pour des entreprises québécoises ; ce qui implique d’accueillir des individus et des familles de cultures différentes qui ont un projet de vie au Québec. À RQMI, l’entrepreneuriat collectif permet d’encadrer les répercussions de nos actions sur le milieu d’affaires québécois et sur les différentes communautés du Québec.

Sismic, ça sert à quoi?

Sismic accompagne les entrepreneurs dans leurs projets de démarrage d’entreprise en nous guidant pendant toutes les étapes de notre projet. Il permet de challenger notre modèle d’affaires, de bénéficier de conseils qui permettent d’évoluer en tant qu’entrepreneur et faire évoluer notre projet.

Réponses de Wissal Charafi de l’entreprise Réseau Québec Maghreb Innovation

 

Pour en savoir plus sur Réseau Québec Maghreb Innovation

Pour en savoir plus sur Sismic Capitale-Nationale

L’effet Sismic (Portrait 2 de 3) – Emerge

Depuis l’hiver dernier, des projets en entrepreneuriat collectif portés par des jeunes engagés ont la chance d’avoir un accompagnement de Sismic Capitale-Nationale.

Découvrez un de ces projets, Emerge!

Quel est votre projet?

Chaque année, nous voyons de jeunes entreprises naître avec des idées novatrices pour contribuer à un monde meilleur. Cet impressionnant potentiel entrepreneurial est toutefois exposé à plusieurs enjeux lors du démarrage. Ce sont 50 % des PME qui ne passent pas le cap des 5 ans au Québec. Une solution s’est alors dessinée à travers un second constat : une grande majorité des étudiants désire se développer autrement que sur les bancs d’école en acquérant de l’expérience de travail en entreprise en lien avec leur domaine d’étude.

Emerge est ainsi né de notre désir de faire les choses autrement ; d’emmener une synergie entre étudiants passionnés et entreprises en croissance. Emerge est un organisme à but non lucratif qui a pour mission de soutenir les entreprises novatrices dans leur croissance en leur offrant un service-conseil 100 % adapté à leurs besoins stratégiques et opérationnels. Ce service-conseil est réalisé par des équipes de consultants étudiants qui, en collaboration avec des experts du domaine, mettent leurs connaissances en pratique afin d’élaborer des solutions concrètes pour les entreprises.

L’entrepreneuriat collectif, pourquoi?

Dans notre cas, l’entrepreneuriat collectif représentait l’opportunité de mettre nos valeurs de l’avant et de s’assurer qu’elles ne restent pas que des beaux mots sur un site web, mais qu’elles soient réellement mises en action. Pour nous, il s’agissait de la manière la plus responsable d’assurer la pérennité du projet tout en faisant profiter toutes les parties prenantes impliquées dans le projet.

Sismic, ça sert à quoi?

Sismic c’est l’opportunité de rendre son projet d’entrepreneuriat collectif concret. Ils stimulent le processus créatif, ils te challengent pour t’aider à ajouter de la valeur à ton projet et ils t’accompagnent dans la réalisation. Au final, ils t’aident à mettre sur pied la meilleure version de ton projet.

Réponses de Jean-Philippe Delisle de l’entreprise Emerge

 

Pour en savoir plus sur Emerge

Pour suivre Emerge sur Facebook

Pour en savoir plus sur Sismic Capitale-Nationale

L’effet Sismic (Portrait 1 de 3) – Pratico Plastique

Depuis l’hiver dernier, des projets en entrepreneuriat collectif portés par des jeunes engagés ont la chance d’avoir un accompagnement de Sismic Capitale-Nationale.

Découvrez un de ces projets, Pratico Plastique!

Quel est votre projet?

Pratico Plastique se veut une alternative innovante au problème de pollution par les déchets plastiques. Redonner une nouvelle vie, les intégrer dans un cycle de revalorisation des déchets plastiques dont la durée de vie de chaque nouvel objet augmentera puisque le type d’objet changera au fur et à mesure qu’il revient entre nos mains.
Par exemple, un verre ou une tasse a une durée de vie de 2-3 ans. Ensuite, ils pourront devenir des bijoux ou des tuiles dont la durée de vie ira de 5 à 15 ans.

Nous avons l’extrême conviction que le mobilier urbain ainsi que des espaces publics seront le lieu où le plus grand volume de plastique pourra être utilisé et dont la durée de vie excède les 20 ans.

Produisons local, mangeons local, recyclons local et ce dans un circuit court à faible empreinte écologique.

L’entrepreneuriat collectif, pourquoi?

Avant même d’avoir appris l’existence du concept, j’étais déjà persuadé qu’il s’agit de la forme entrepreneuriale la plus respectueuse de l’aspect social et économique que prône le développement durable. Réaliser, créer, repenser et valoriser ensemble dans le respect et l’inclusion sont des valeurs pures qui ne sont pas réservées à l’entrepreneuriat.

Nous visons la mixité des genres, des orientations, des mentalités. Notre équipe est ainsi composée de femmes et d’hommes passionnés provenant de différentes disciplines, milieux et origines. Nous optons pour un processus démocratique rigoureux, car l’opinion de tous est la bienvenue afin de propulser notre projet et ultimement d’améliorer la qualité de vie des gens.

Sismic, ça sert à quoi?

Pour rapidement démystifier la chose, Sismic est une boîte à outils bien garnie permettant de réaliser nos tâches d’entrepreneurs. Toutefois, contrairement à Sismic, rares sont les boîtes à outils accompagnés d’instructions et d’un suivi personnalisé. Il s’agit de professionnels passionnés, totalement dévoués à nous voir réussir et à nous voir surmonter les obstacles afin que nous puissions réaliser ces beaux projets à impact social. Puisque personne ne naît entrepreneur, de judicieuses formations vous seront aussi offertes pour bien maîtriser le milieu de l’entrepreneuriat collectif. Vous aurez donc les outils et le service-conseil, sans oublier des informations de première qualité vous permettant ainsi de maximiser vos chances de succès.

Réponses de Francis Gagnon de Pratico Plastique

 

Pour en savoir plus sur Pratico Plastique

Pour suivre Pratico Plastique sur Facebook

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Coop de l’arbre : rencontre avec Antoine Suzor-Fortier

– Derrière chaque réussite entrepreneuriale se trouve de la créativité, des prises de décision, de l’audace. En économie sociale, il se trouve également un besoin d’agir collectivement. Par une série de portraits, le PôleCN présente des histoires d’entreprises d’économie sociale (EÉS) pour mettre en lumière des parcours d’entrepreneur·e·s avec de riches expériences et une vision inspirante de l’idée d’entreprendre ensemble.

La Coop de l’arbre a fait de sa mission environnementale — la mise en valeur de l’arbre — l’origine, le cœur et le moteur de son projet d’entreprise. En activité depuis 2007, l’entreprise d’économie sociale de Baie-St-Paul se démarque par la diversité et le rayonnement de ses actions, mais aussi par sa volonté de demeurer libre et flexible aux aspirations de ses membres. Rencontre avec Antoine Suzor-Fortier, cofondateur et coordonnateur de la Coop de l’arbre.

Se rassembler autour d’une cause

Les prémisses de la Coop de l’arbre sont issues de la rencontre entre deux personnes qui partageaient l’idée que les services d’élagage des arbres devaient comprendre une dimension plus globale, incluant notamment la valorisation des résidus verts, une vision écoforestière et la sensibilisation à l’environnement.

Crédit photo: Coop de l’arbre

L’entreprise a pris la forme d’une coopérative de solidarité avec au sein de son équipe un écoconseiller et un entrepreneur d’expérience gestionnaire en environnement. Elle a rassemblé au fil des ans des membres provenant de milieux bien différents, mais qui partagent tous les mêmes valeurs et la même passion, celle de s’engager pour la cause environnementale avec des actions concrètes. Les activités de l’entreprise s’articulent autour de trois grands volets : l’arboriculture, l’écoforesterie et l’éducation à l’environnement.

Coopération et liberté

La décision de constituer l’entreprise en coopérative de solidarité provient de la liberté que procure la forme juridique. Pour Antoine Suzor-Fortier, la coop de solidarité comprend les avantages de la coopérative et ceux de l’obnl, permettant ainsi de travailler sur différents tableaux financiers et d’intégrer directement les travailleurs dans le processus décisionnel. Tous les fondateurs étaient d’avis que les valeurs que sous-tend le modèle coopératif correspondaient à leur vision entrepreneuriale.

« La coopération, par définition, je trouve que c’est un des beaux mots de la langue française. C’est un peu la base de tout philosophiquement ; dans la nature, partout. Au niveau de l’entreprise, ça permet aux travailleurs d’être impliqués au sein du conseil d’administration. On veut la séparation des pouvoirs dans plusieurs structures publiques, dans plusieurs réalités, mais dans les petites entreprises à valeur environnementale, éthique, sociale ou autre, je trouve que le travailleur à sa place au sein du conseil d’administration au lieu de la classique séparation conseil d’administration vs opération. Cela amène un sentiment plus important de responsabilité pour le travailleur et rend la Coopérative davantage en phase avec son opération. »

Comme coopérative non affiliée à une grande fédération, les membres de la Coop de l’arbre sont plus libres dans leurs actions. Cela leur permet d’être constamment en harmonie avec leurs besoins, avec la mission qu’ils se sont dotés et avec les opportunités qu’ils décèlent autour d’eux.

La Coop de l’arbre innove donc dans ses actions, mais aussi dans sa forme. En effet, en offrant une structure organisationnelle éclatée à ses membres, misant sur la liberté, mais appelant à la responsabilité, elle déroge du modèle conventionnel et leur propose un milieu adapté à eux. « Aujourd’hui, je pense que les entreprises vont de plus en plus être appelées à se structurer comme ça », affirme Antoine Suzor-Fortier.

Cette indépendance de pensée et d’action est d’ailleurs très précieuse pour lui, alors qu’il était préalablement un militant environnemental qui ne se destinait pas nécessairement à l’entrepreneuriat.

Marginalement entrepreneur

« J’ai toujours créé mon emploi, même avant la Coop de l’arbre », mentionne le coordonnateur en poste depuis maintenant 12 ans, mais travailleur autonome depuis l’âge de 17 ans. « Finalement, même si je travaille plus d’heures que la moyenne des gens, je n’ai jamais eu l’impression de travailler puisque je crée les projets qui m’intéressent et me motivent », mentionne-t-il. Il est d’avis que les Québécois sont nombreux à vouloir sortir des sentiers battus au niveau de leur carrière : « Je pense que les gens sont très entrepreneurs dans leur vie au Québec. Ils changent, ils se remettent en question, ils évoluent. Il y a quand même ici quelque chose de moins statique que j’ai vu ailleurs et je pense que j’en suis tout simplement un bon représentant. »

Avec cette liberté d’agir propre à l’entrepreneur ou au travailleur autonome résulte également un niveau d’engagement plus élevé face à son travail. Selon Antoine Suzor-Fortier, le rapport aux priorités n’est pas le même lorsqu’on choisit l’entrepreneuriat. Il faut travailler beaucoup et l’équilibre de vie n’est pas nécessairement au rendez-vous.

Avoir une vision à moyen terme est également un atout pour l’entrepreneur. Il faut du temps pour organiser durablement les activités d’une organisation, l’amener là où nous l’imaginons : « quand j’ai commencé avec la coop, je me disais que j’en aurais pour 10 ans et que je ferais autre chose après ce temps. Mais après 10 ans, je trouve que ça commence tout juste à avoir de l’allure, à être bien, en regard à mon niveau d’exigence somme toute assez élevé. »

Entreprendre en économie sociale, c’est différent?

Pour Antoine Suzor-Fortier, les dirigeants de petites entreprises d’économie sociale d’une quinzaine d’employés comme la Coop de l’arbre ont un rapport aux priorités qui ressemblent à celui d’un chef d’une entreprise privée. Tout entrepreneur, peu importe la forme juridique de son organisation, doit faire preuve de constance, de détermination et être prêt à déployer beaucoup d’énergie pour parvenir à des résultats: « c’est du sport !», dit-il.

Pour ce dernier, ce n’est effectivement pas la structure juridique qui fait la nature d’une entreprise, mais plutôt la mission et les valeurs qui l’habitent et la guident. Sans être des entreprises d’économie sociale, il y a selon lui plusieurs entreprises dans la région de Charlevoix qui appliquent des concepts qui s’y rattachent, notamment celui de la primauté accordée à la personne au-delà des profits. Cela se traduit dans leur façon de prendre des décisions et la nature de leurs activités.

Le point de convergence : la passion

Comme mentionné plus tôt, les projets de la coopérative se sont toujours construits en fonction de sa mission et selon les intérêts des membres qui y adhèrent. « Le point où ça converge et qui fait qu’on existe, c’est la passion. Je mets mes forces à profit pour une mission d’entreprise positive, qui est plus grande que mon petit individu et ça me valorise. Même si les responsabilités sont différentes pour moi, ça reste que c’est la coopérative est à tout le monde. »

Crédit photo: Coop de l’arbre

Ainsi, par leur passion, les membres amènent une valeur ajoutée à l’organisation ; ils nourrissent le projet coopératif. Cette passion autour de la cause environnementale a également rallié de nombreux partenaires qui travaillent en collaboration avec la coop.

En fait, la passion est à la base de tout, selon Antoine Suzor-Fortier. « Les personnes passionnées, peu importe ce qu’elles font, sont à la bonne place dans leur vie. Pour certains membres de la coop, c’est une passion plus militante, pour d’autres c’est plus la liberté. D’autres ont besoin de quelque chose de plus sécuritaire. Même si elle se manifeste différemment, c’est la même passion quand même. »

Avec une notoriété grandissante dépassant les limites de la région, les possibilités de développement sont nombreuses pour la Coop de l’arbre. Nul doute qu’avec des valeurs de coopération si bien enracinées, elle continuera à évoluer à l’image de la passion de ceux et celles qui la composent.

Pour en savoir plus :

 

 

Rentrée scolaire = Rentrée Sismic

C’est incontournable, avec le mois de septembre vient l’effervescence de la rentrée scolaire.
En 2019, Sismic Capitale-Nationale fait également son entrée dans les établissements d’enseignement postsecondaires de la région. Son objectif : déclencher un mouvement via l’entrepreneuriat collectif ! Seras-tu de la partie ?

Plus précisément, le programme Sismic met à la disposition des jeunes acteurs de changement les outils appropriés pour que leur projet en économie sociale voient le jour et contribuent à l’amélioration de la société.

Pour la région de la Capitale-Nationale, Sismic va se déployer d’abord à l’Université Laval, via La Centrale — Espace entrepreneurial, et au Cégep Limoilou. Dans ces lieux, les participants-es auront accès à de l’accompagnement, des ateliers, des outils et une plateforme de suivi de projet.

Que ce soit par le volet Idéateur (dont l’objectif est de créer un produit ou un service répondant à un réel besoin), ou par le volet Prototypage (dont l’objectif est de valider le modèle d’affaires), les meilleures pratiques en entrepreneuriat seront au rendez-vous, au service du collectif.

Curieux-se ? Tu veux en savoir plus ? Tu fais partie de ces acteurs de changement qui veulent passer à l’action ? Visite le site Web ou contacte-nous : sismic@polecn.org.

Sismic Capitale-Nationale est membre du réseau des incubateurs Sismic, créé à l’initiative du Chantier d’économie sociale et financé par le Secrétariat à la jeunesse.

Nos entreprises, un acteur politique ?

Voici le texte de l’allocution de Luc k. Audebrand, prononcée lors de l’assemblée générale annuelle du Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale le 11 juin 2019 à la Coopérative funéraire des Deux Rives (Centre funéraire St-Charles).

 

Distingué·e·s membres du PôleCN, distingué·e·s invité·e·s à cette assemblée générale annuelle, je vous remercie de votre présence ici, car vous avez posé, en vous déplaçant dans ce magnifique bâtiment, un geste éminemment politique. Il s’agit d’un geste important, presque aussi important qu’aller déposer son bulletin de vote dans l’urne les jours d’élection. Mais ça, vous le savez déjà…

Dans la foulée de la récente publication du premier portrait statistique sur l’économie sociale, j’ai vu apparaître le #çafaitchangement. Il est indéniable que l’économie sociale est un vecteur de changement, et j’irais plus loin en disant qu’il s’agit d’un puissant vecteur de transformation sociale. J’irais encore un peu plus loin en affirmant qu’en 2019, l’économie sociale est le principal vecteur de transformation sociale dont nous disposons, nous, citoyen·ne·s. Parce que l’économie sociale nous appartient.

La transformation sociale propulsée par l’économie sociale prend au moins quatre formes.

Tout d’abord, l’économie sociale impulse une transformation économique : elle crée des emplois, elle en sécurise d’autres. Elle n’a pas peur d’investir tous les secteurs d’activités, car aucun n’est à son épreuve. Je pense notamment à Eva, qui répond à Uber dans le secteur du taxi. J’ai en tête FairBnB, qui rétorque à AirBnB dans l’industrie touristique. Comment ne pas parler de Stocksy, qui fait un pied de nez à iStock dans le secteur de la photographie. Il y aussi CoopCycle, qui fait pédaler Deliveroo dans le secteur de la livraison à vélo. L’économie sociale crée et redistribue de la richesse, de la vraie richesse !

Deuxièmement, l’économie sociale stimule une transformation technique. Par cela, je veux dire qu’elle permet à des gens normaux, provenant de tous les horizons, de développer du savoir, du savoir-faire et du savoir-être. Cela permet de briser les barrières élitistes qui séparent l’amateur de l’expert. Je pense à La Patente et à son RepairCafé. J’ai en tête l’Accorderie et son échange de services. Je félicite La Baratte qui fête ses 20 ans cette année. Évidemment, comment ne pas nommer Recyclage Vanier, le Groupe TAQ et plusieurs autres entreprises qui favorisent l’insertion socioprofessionnelle qui permet de donner un sens à la vie de tant de personnes.

Troisièmement, l’économie sociale propulse une transformation territoriale. Pour nous, le territoire n’est pas une abstraction, ce n’est pas une donnée négligeable. Pour nous, le territoire est un lieu vivant, rempli de souvenirs et de promesses. L’économie sociale transforme le milieu rural. Je pense à la coopérative Vallée Bras-du-Nord qui existe depuis 2002 et qui est une source d’inspiration à travers le monde. Il faut souligner l’effervescence autour de la microbrasserie des Grands Bois à St-Casimir. Le village est à la veille de devenir plus mythique que St-Élie-de-Caxton et Fred Pellerin est pas mal jaloux ! L’économie sociale transforme aussi le milieu urbain, avec comme exemple la Coopérative du Quartier Petit-Champlain qui a été fondé en 1985 et qui permet à ce quartier d’être considéré, année après année, comme le plus beau quartier au pays. Il y aussi la Méduse, dont la présence est essentielle dans le paysage de la côte d’Abraham. Il faut noter la présence du bouillonnant Espace d’initiatives dans Limoilou, qui nous prépare une école d’automne sur l’innovation sociale.

Quatrièmement, l’économie sociale encourage une transformation politique. Et ici, on touche au cœur de mon intervention devant vous ce matin. L’économie sociale permet de mettre un pouvoir politique réel et concret entre les mains des citoyens et des citoyennes, en favorisant leur participation aux décisions qui les concernent. Cela va beaucoup plus loin que notre pouvoir comme consommateur ou consommatrice. Cela va au-delà du slogan « acheter, c’est voter ».

On le sait bien, le taux de participation aux élections dégringole d’élection en élection. Ce qui augmente, c’est le désintérêt des individus à l’égard de la sphère politique. Cela va de pair avec une perte de confiance répandue dans plusieurs communautés, qui estiment souvent que leur influence sur les rouages politiques demeure trop restreinte, et qui subissent les difficultés d’appréhension des outils politiques à leur disposition. Les espaces véritablement démocratiques sont actuellement rares, et les citoyens n’ont parfois pas le sentiment de compétence ni l’intérêt d’y participer, que ce soit dans l’espace public ou dans les entreprises.

L’économie sociale permet de connecter directement les individus au pouvoir politique. Aux États-Unis, j’ai entendu un expert dire que l’économie sociale est la « Gateway Drug to Democracy ». En s’impliquant en économie sociale, on prend goût à participer au pouvoir et on en veut plus. Je me trompe peut-être, mais j’ai la ferme impression que les gens qui sont en économie sociale votent plus que la moyenne des citoyens aux élections.

Si on résume ce que je viens de dire jusqu’à maintenant, l’économie sociale participe à la transformation économique, technique, territoriale et politique du Québec. Ce constat est appuyé par le tout récent portrait publié par l’institut de la statistique du Québec.

Continuons donc à décortiquer le volet politique. Ce que j’affirme, c’est que l’économie sociale est un acteur politique parce qu’elle favorise l’émancipation, l’empowerment et la justice sociale de façon très concrète, en remédiant à trois inégalités structurelles qui affligent encore beaucoup de personnes dans nos sociétés : le manque de reconnaissance culturelle, le manque de représentation politique et le manque de distribution économique. Je m’inspire ici des travaux de Nancy Fraser, pour qui la justice sociale est essentiellement la capacité d’interagir avec les autres d’égal à égal.

Commençons par les problèmes de reconnaissance culturelle. Ceux-ci viennent du fait que certains groupes de personnes ne sont pas reconnus à leur juste valeur dans la société. Ces groupes sont perçus comme moins respectables ou comme moins dignes que d’autres groupes de jouer certains rôles, d’occuper certaines positions. Cela peut être à cause de leur origine ethnique, de leur genre ou de leur classe sociale. Grâce aux entreprises d’économie sociale, ces personnes peuvent être reconnues à leur juste valeur, peuvent mettre fin à la stigmatisation qui les oppresse. En effet, les entreprises d’économie sociale ont toujours été des lieux privilégiés d’inclusion. D’ailleurs, plusieurs entreprises d’économie sociale ont été créées à la base par des personnes à la marge ou marginalisées. On l’a un peu oublié, mais les premières coopératives funéraires ont été mises sur pied dans des sous-sols d’églises par des citoyens qui en avaient assez de se faire mépriser par les entreprises funéraires. Tout ça pour dire que les entreprises d’économie sociale favorisent l’émancipation et la justice sociale en répondant à un besoin fondamental de reconnaissance.

Ce n’est pas tout. Il faut aussi remédier aux problèmes de représentation politique, c’est-à-dire à des limites arbitraires qui empêchent certaines personnes de participer aux décisions qui les concernent. On ne cesse de nous répéter que nous vivons en démocratie, mais on ne voit aucun problème à ce que celle-ci s’arrête aux portes de l’entreprise. On ne voit aucun problème à ce que les décisions qui concernent la vie de travailleurs d’ici soient entérinées par des actionnaires qui n’ont jamais mis les pieds au Québec. Rien n’oblige la démocratie à s’arrêter aux portes des entreprises, comme si elles étaient des institutions divines qui justifient un autre mode de gouvernance. Dans la plupart des entreprises d’économie sociale, les membres ou les bénéficiaires ont un droit de vote. Pour la petite histoire, des femmes ont voté dans la première coopérative funéraire du Québec avant de pouvoir voter aux élections provinciales. Ça s’est passé à Château-Richer, pas très loin d’ici. Tout ça pour dire que les entreprises d’économie sociale favorisent l’émancipation et la justice sociale en répondant à un besoin fondamental de représentation.

Nous y sommes presque. Il reste à remédier à un troisième problème, celui de la distribution économique, c’est-à-dire la présence de structures économiques qui privent certains groupes des ressources dont ils ont besoin pour interagir avec les autres d’égal à égal. Dans les grandes entreprises multinationales, les profits vont dans les poches d’actionnaires qui n’ont la plupart du temps pas d’autre lien d’usage avec l’entreprise. La relation entre l’entreprise et ses actionnaires est désincarnée. Ce n’est pas le cas dans les entreprises d’économie sociale. Les profits, s’il y en a, sont réinvestis dans l’entreprise, dans sa réserve ou sont partagés sous forme de ristourne en fonction de l’usage des membres. Tout ça pour dire que les entreprises d’économie sociale favorisent l’émancipation et la justice sociale en répondant au besoin fondamental d’une distribution économique équitable.

En résumé, l’économie sociale joue un rôle politique majeur parce qu’elle permet de diminuer les inégalités en matière de reconnaissance culturelle, de représentation politique et de distribution économique.

Les entreprises d’économie sociale réussissent à accomplir tout ça parce qu’elles ne travaillent pas en silo. L’action politique s’y inscrit dans un projet collectif, d’où l’importance pour les entreprises d’économie sociale de faire partie d’un mouvement social qui défend l’intérêt général et porte leurs idées. Il ne faut jamais cesser de le répéter : l’intercoopération est un puissant outil politique qui permet d’exercer une influence sur les circuits décisionnels et de faire valoir les revendications de l’économie sociale. La volonté de transformation de l’organisation politique de la société s’y incarne autour de groupes d’acteurs rassemblés dans un même mouvement. En d’autres termes, le Pôle des entreprises d’économie sociale de la région de la Capitale-Nationale est plus qu’un regroupement d’affaires, c’est un mouvement. Le parcours Sismic, piloté en collaboration avec toute la force de frappe du Chantier et des autres pôles, est un exemple de ce qu’on peut faire lorsqu’on pense comme un mouvement.

Pour rester pertinente politiquement, l’économie sociale doit continuer d’innover, elle doit être à l’avant-garde du soulèvement, contre le statu quo, contre l’inertie, contre la peur. Dans son plus récent roman, intitulé Les furtifs, l’auteur de science-fiction Alain Damasio nous invite d’une façon assez originale à nous soulever contre le totalitarisme. Plutôt que de nous encourager à la « révolte », il nous incite à la « volte ». Une volte c’est une pirouette, un saut ou un pas de côté. Je le cite : « La solution n’est pas la révolte, mais la volte, le pas de côté, la création d’alternatives. La volte c’est un saut de côté, un demi-tour en l’air, un salto, et il faut trouver ce saut pour générer la réponse à la société de contrôle. » Pour moi, la volte représente ce que fait de mieux l’économie sociale dans la Capitale-Nationale et partout ailleurs au Québec.

Le philosophe Michel Serres, qui est malheureusement décédé il y a quelques jours, nous invite, quant à lui, à faire preuve d’espièglerie. Dans son ouvrage justement intitulé Morales espiègles, il raconte que pour inventer un monde nouveau, il faut être légèrement décalé par rapport aux pratiques et habitudes usuelles. Il nous conseille de voir le réel, c’est-à-dire ce qui se passe autour de nous, de façon un peu oblique, pas de manière convenue, mais de manière originale, avec espièglerie. Cette forme d’originalité est extrêmement importante. Pour moi, l’économie sociale, c’est une forme d’espièglerie.

En conclusion, pour continuer à jouer un rôle politique pertinent, je nous invite collectivement à continuer à virevolter, je nous invite à continuer à être espiègles.

Merci beaucoup de votre attention.

 

 

Luc K. Audebrand, Ph. D.
Professeur au Département de management (FSA ULaval) et titulaire de la Chaire de leadership en enseignement sur l’engagement social

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